Samedi à 20h45, la France affrontera la Slovénie à Saint-Denis. Murat Yakin a déjà choisi son équipe. Pas de surprise, pas de coup de poker : le même onze qui a perdu 1-0 en Écosse contre les Écossais sera titularisé. Cinq jours plus tard, c’est la même feuille de match. À première vue, rien d’anormal. Sauf que la Slovénie, ce n’est pas l’Écosse. Ce n’est pas non plus un match de transition. C’est un test sérieux, et Yakin le sait. Alors pourquoi ce manque de dynamisme tactique ? Pourquoi ne pas prendre le risque de lancer des joueurs comme Édouard Michut, qui n’a pas joué depuis le mois de novembre ? Ou même de tester des rotations pour voir qui réagit ? La réponse, c’est peut-être la peur. La peur de l’échec, la peur des critiques, la peur de bousculer une équipe qui peine à trouver son rythme depuis le départ de Didier Deschamps.
Un onze figé, des questions qui dérangent
La liste des titulaires est connue depuis jeudi. Pas de Griezmann, pas de Rabiot, pas de Pavard. Les mêmes défenseurs centraux (Upamecano, Konaté), les mêmes milieux (Camavinga, Tchouaméni, Gueye), les mêmes attaquants (Mbappé, Giroud, Coman). Une équipe qui tourne en rond depuis des mois, et que Yakin semble déterminé à ne pas secouer.
Pourtant, la Slovénie n’est pas une équipe à dormir debout. Elle a battu l’Allemagne en 2021, elle a tenu tête à la Belgique en 2022, et elle a un jeu collectif bien rodé. Son sélectionneur, Matjaž Kek, est un tacticien respecté, et ses joueurs savent exactement ce qu’ils veulent faire : contrôler le milieu, exploiter les espaces, et frapper vite.
Alors, pourquoi Yakin ne prend-il aucun risque ? Est-ce par manque de confiance ? Par peur de se tromper ? Ou simplement parce qu’il n’a pas encore trouvé sa recette ? Une chose est sûre : en football, l’immobilisme, ça se paie. Regardez l’Allemagne, qui a mis des mois à se reconstruire après le Mondial. Regardez l’Angleterre, qui a viré Southgate après un Euro désastreux. Le football, c’est un sport où l’on ne peut pas se permettre de stagner.
Les joueurs sur le banc, ça fait mal
Sur le banc, on trouve des noms qui font mal. Michut, par exemple, n’a pas joué depuis le 17 novembre 2023. Un an sans sélection. Un an à regarder ses coéquipiers briller sans lui. Et aujourd’hui, Yakin lui préfère… qui ? Camavinga, qui a déjà joué 90 minutes en Écosse et qui semble épuisé. C’est ça, la logique ?
Autre cas flagrant : William Saliba. Le capitaine, le leader, l’homme qui a porté l’équipe pendant des mois, est relégué au rôle de remplaçant. Pourquoi ? Parce que Yakin a peur de le fatiguer ? Parce qu’il ne lui fait pas confiance ? Ou simplement parce qu’il n’a pas d’idée ?
Et que dire de Théo Hernández, toujours sur la touche ? Un joueur clé pour le pressing, pour la créativité, pour l’équilibre défensif. Pourtant, Yakin le laisse de côté. Comme si la France n’avait pas besoin de lui.
La pression des résultats, et l’absence de plan B
Il y a une chose que personne ne dit, mais que tout le monde pense : Yakin est sous pression. Pas seulement parce qu’il doit gagner, mais parce qu’il doit justifier sa présence.
Depuis son arrivée, les résultats sont là : une victoire contre l’Écosse, un nul contre l’Allemagne. Mais les performances ? Moyennes. Très moyennes. L’équipe manque de fluidité, de créativité, de danger. Et Yakin, au lieu de prendre des risques, préfère jouer la sécurité.
Le problème, c’est que la sécurité, en football, ça n’existe pas. Les équipes qui gagnent sont celles qui osent. Regardez le Bayern Munich, qui a viré Nagelsmann parce qu’il ne gagnait pas assez. Regardez l’Atlético Madrid, qui a remplacé Simeone par Diego Simeone… parce qu’il ne gagnait pas assez. Le football, c’est un sport de gagnants. Pas de ceux qui attendent.
Alors, que va-t-il se passer samedi ? Si la France gagne, ce sera parce que la Slovénie aura fait une erreur. Si elle perd, ce sera parce que Yakin aura encore une fois manqué une occasion de montrer qu’il maîtrise son sujet.
Ce qui se joue vraiment ce samedi
Ce match contre la Slovénie, ce n’est pas qu’un match. C’est un test. Un test pour Yakin, pour son staff, pour les joueurs. Est-ce qu’ils sont capables de s’adapter ? De prendre des risques ? De gagner sans avoir peur ?
Parce que si la réponse est non, alors la France va continuer à stagner. Et dans ce sport, la stagnation, c’est la mort.
Alors, Yakin, vous allez enfin bouger ? Ou vous allez encore une fois laisser vos joueurs sur le banc, en espérant que le hasard fera le travail ?
La vraie question, personne ne la pose
Personne ne parle de l’après-Yakin. Personne ne se demande ce qui se passera s’il échoue. Parce que, entre nous, il n’a pas de plan. Pas de vision. Pas de ligne directrice. Juste l’espoir que les choses s’arrangeront toutes seules.
Samedi, la Slovénie sera là. Et la France, elle, sera toujours la même. Un onze figé, des joueurs frustrés, un sélectionneur qui a peur de ses propres idées. Ça, c’est le vrai problème. Pas le score. Pas le classement. Mais l’absence totale de projet.
Et ça, personne ne veut en parler.