Le variant XFG paralyse les hĂ´pitaux suisses

Le variant XFG, surnommé *American Covid*, refait surface en Suisse cet automne. Les chiffres montent, les protocoles hésitent. Voici ce qu’il faut faire maintenant, et ce que les autorités évitent de dire.

Publié le 14 octobre 2026 à 10:01
Le variant XFG paralyse les hĂ´pitaux suisses

Un variant qui déborde les modèles existants

Le 12 octobre, l’Hôpital universitaire de Genève (HUG) a enregistré 47 cas de XFG en 48 heures. Pas une épidémie, mais un signal. Un variant qui, selon les données préliminaires de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), se transmet 20 % plus vite que Omicron. Sauf que personne ne l’avait prévu. Les modèles suisses, calqués sur les vagues précédentes, ne l’intègrent pas. Résultat : les services de réanimation de Zurich et Bâle sont déjà sous tension, alors que l’automne n’a même pas commencé.

Pourtant, l’OFSP minimise. « Pas de raison de paniquer », a déclaré jeudi son porte-parole, comme si les mots pouvaient effacer les chiffres. Mais les chiffres, eux, sont là. Aux États-Unis, où XFG a émergé, les admissions à l’hôpital ont bondi de 35 % en trois semaines. La Suisse n’est pas un îlot. Juste un peu en retard.

Le problème ? Ce variant contourne partiellement l’immunité acquise. Les vaccins actuels réduisent encore les risques, mais moins qu’avant. Et les masques FFP2, devenus la norme, ne suffisent plus contre une souche aussi contagieuse. Les gériatres de Lausanne le savent déjà : leurs patients testent positif après des repas en famille, alors qu’ils portaient des masques toute la soirée.

Ce que les autorités ne disent pas sur les tests

L’OFSP recommande toujours les autotests. Sauf que les autotests ne détectent pas XFG dans 1 cas sur 5, selon une étude de l’EPFL publiée début octobre. Un trou énorme. Pourtant, le gouvernement suisse continue de les promouvoir, comme si la précision comptait moins que le coût.

Pourquoi cette négligence ? Parce que les tests PCR, eux, coûtent cher. Et que les laboratoires publics sont saturés. À Genève, les délais dépassent 72 heures. À Berne, certains médecins prescrivent encore des autotests à leurs patients fragiles. Une décision clinique ? Ou une économie de moyens ?

Le vrai danger : les asymptomatiques. XFG se propage surtout via des personnes qui ne savent pas qu’elles sont contagieuses. Et avec l’affaiblissement des mesures, les rassemblements reprennent. Les fêtes de fin d’année approchent. Les cantines scolaires rouvrent. Personne ne parle des conséquences.

Les précautions qui marchent (et celles qui ne servent à rien)

  1. L’aération, enfin. Les études montrent que XFG circule moins dans les pièces ventilées. Ouvrez les fenêtres 10 minutes toutes les heures, même en automne. Pas besoin de se geler : un courant d’air suffit à diluer le virus.

  2. Les masques, mais pas n’importe lesquels. Les FFP2 restent utiles, mais seuls. Pas en combinaison avec un masque chirurgical, ça ne fait qu’aggraver la buée et réduire la protection. Et surtout, changez-les toutes les 4 heures, même sans symptômes.

  3. Le télétravail, encore. Les entreprises suisses traînent. À Zurich, seulement 30 % des salariés en présentiel sont équipés de capteurs CO₂ pour mesurer la qualité de l’air. À quoi bon des réunions en salle si l’air est vicié ?

  4. Les tests PCR, mais où ? Si vous êtes exposé, faites une PCR dès le lendemain, pas le surlendemain. Les pharmacies suisses en vendent, mais les prix explosent : entre 150 et 200 francs. Une blague. Les mutuelles refusent souvent de rembourser. Résultat : beaucoup attendent, et contaminent.

Ce qui ne sert à rien : les gels hydroalcooliques en spray (inefficaces contre XFG), les masques en tissu (risible), ou croire que « ça va passer ». Ce variant ne passe pas. Il s’installe.

Pourquoi la Suisse répète les mêmes erreurs ?

Parce que les politiques sanitaires suisses fonctionnent par copier-coller. En 2020, on a suivi la Chine. En 2021, l’Europe. Aujourd’hui ? Les États-Unis, où XFG a été identifié pour la première fois en mars. Sauf que là-bas, on a au moins fermé les écoles une semaine pour tester les élèves. Ici, on fait semblant d’oublier.

L’OFSP invoque « la vie normale ». Mais une vie normale, c’est aussi ne pas saturer les urgences en décembre. C’est aussi ne pas laisser des retraités mourir seuls parce que leurs proches ont été contaminés en silence.

Le pire ? Les variants suivants seront encore plus coriaces. XFG n’est qu’un avant-goût. Et la Suisse, avec ses montagnes et ses villes densément peuplées, est un terrain de jeu idéal.

Ce qu’il faut faire maintenant

  1. Testez-vous en PCR si vous avez le moindre doute. Pas d’autotest. Pas d’attente. Les laboratoires privés comme Medbase ou Doctolib proposent des créneaux en urgence (comptez 200 francs, mais évitez les complications).

  2. Isolez-vous immédiatement. Même sans symptômes. XFG se détecte trop tard. Une journée d’isolement évite trois contaminations.

  3. Exigez des mesures ciblées. Pas des confinements, mais des fermetures ponctuelles : les salles de sport, les restaurants bondés, les transports aux heures de pointe. La ville de Zurich a enfin installé des purificateurs d’air dans les bus. Trop peu, trop tard. Mais c’est un début.

  4. Préparez un plan B. Si vous êtes vulnérable, identifiez un proche qui peut vous isoler en cas de contamination. Les EHPAD suisses manquent cruellement de personnel. Ne comptez pas sur eux.

La Suisse a les moyens. Elle a les laboratoires, les données, les experts. Elle a juste refusé de voir. Maintenant, il est temps d’agir. Avant que les chiffres ne deviennent ingérables.

Le vrai enjeu : et après ?

XFG n’est pas le dernier variant. Il y en aura d’autres. Plus résistants, plus contagieux. La question n’est pas « Comment survivre à XFG ? », mais « Comment préparer la prochaine vague ? ».

La Suisse a choisi de regarder ailleurs. C’est un luxe qu’elle ne pourra plus se permettre.

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R Galaxie Rédaction

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