Trump utilise les marchés publics pour frapper le Canada au cœur.

Donald Trump vient de balayer d’un trait de plume des milliards de dollars de contrats canadiens. Pas une mesure symbolique. Une attaque ciblée, calculée, qui révèle une guerre économique bien plus large. Voici pourquoi Ottawa vient de perdre une bataille sans même avoir vu le coup venir.

Publié le 9 septembre 2026 à 12:09
Trump utilise les marchés publics pour frapper le Canada au cœur.

Pourquoi Trump vise le Canada et pas le Mexique ou l’UE ?

Parce que le Canada, c’est l’exception qui dérange. Pendant que les États-Unis taxent l’acier chinois à 250% ou menacent l’UE sur les subventions vertes, Ottawa a osé faire ce que personne n’ose : imposer des droits de douane sur les produits américains en réponse aux tarifs de Trump sur l’aluminium et l’acier. Une mesure symbolique ? Non. 16,6% sur les produits américains, un coup bas, mais légal. Et ça, Trump ne le digère pas. Pour lui, un pays qui ose taxer les États-Unis, même un allié comme le Canada, mérite une réponse proportionnelle et humiliante.

Le problème ? Les marchés publics américains, c’est l’eldorado des PME canadiennes. Prenez CAE, le géant québécois de l’aérospatial : une partie de ses contrats avec l’US Air Force passe par des appels d’offres fédéraux. Résultat aujourd’hui ? Ses équipes juridiques sont en mode crise, à chercher des parades. « On nous dit de retirer nos produits, mais on ne nous explique pas comment contourner ça », confiait hier un cadre sous couvert d’anonymat. Personne n’a de plan B.

Et puis il y a BlackBerry, l’entreprise torontoise qui survivait grâce à des contrats avec le Pentagone. En 2023, 40% de son chiffre d’affaires venait des marchés publics américains. Aujourd’hui ? Plus de visibilité. Plus de réponses. Juste un silence radio de la part de Washington.

Le Canada a cru pouvoir jouer les arbitres. Résultat : Trump lui montre qui commande vraiment.


Le piège des « exceptions » qui n’en sont pas

Ottawa tente de minimiser. « Les exportations canadiennes vers les États-Unis ne seront pas affectées », a tweeté le ministre du Commerce, Mary Ng, comme si c’était aussi simple. Sauf que non. Les marchés publics fédéraux américains, c’est 10% du PIB canadien qui passe par là, directement ou indirectement. Et les « exceptions » promises par Trump ?

Il y en aura. Forcément. Mais à quel prix ?

Prenez les produits agricoles. Le Canada exporte des millions de tonnes de bœuf et de porc aux États-Unis. Mais ces ventes passent souvent par des intermédiaires américains qui, eux, dépendent des appels d’offres fédéraux. Résultat : les éleveurs du Manitoba voient leurs contrats se raréfier, parce que les grossistes américains, eux, ne peuvent plus se fournir en matériel canadien. La chaîne se brise à chaque maillon.

Et puis il y a le made in USA. Trump a ordonné à la GSA de privilégier les fournisseurs locaux « dans la mesure du possible ». Traduction : « On va vous exclure, mais on ne vous le dira pas clairement ». Les entreprises canadiennes qui avaient des contrats en cours se font déjà virer des plateformes d’enchères fédérales. « On nous demande de nous désinscrire, mais sans nous dire pourquoi », raconte un responsable d’une PME ontarienne spécialisée dans les équipements médicaux. Personne ne veut assumer.

Le pire ? Les régulateurs canadiens n’ont même pas vu le coup venir. Le Bureau du Conseil privé, qui supervise les relations avec Washington, a été pris de court. « On travaille sur des scénarios, mais c’est comme jouer aux échecs contre un joueur qui bouge toutes les pièces en même temps », admet une source proche du dossier. Aucune simulation, aucun plan de riposte. Juste l’habituelle confiance canadienne en leur « soft power ». Résultat : on se fait écraser sans avoir levé le petit doigt.


Ce que Trump gagne (et ce qu’il ne gagne pas)

Sur le papier, Trump remporte une victoire. Il a fait mal. Le Canada, pays riche et organisé, se retrouve à courir après des contrats qui lui glissent entre les doigts. Les médias canadiens parlent déjà de « crise », les gouvernements provinciaux commencent à s’inquiéter. Mission accomplie.

Mais dans les coulisses, personne ne croit vraiment que ça va changer la donne.

D’abord, parce que l’économie américaine a besoin du Canada. Les États-Unis importent 15% de leur pétrole du Canada. Les raffineries texanes dépendent du brut albertain. Couper les ponts, ça signifierait une crise énergétique immédiate. Trump le sait. Et il ne prendra pas ce risque avant les élections de 2024.

Ensuite, parce que le Canada a des atouts que Trump ne peut pas ignorer. L’eau potable canadienne est une denrée rare aux États-Unis, où les crises de sécheresse s’aggravent. Les forêts du Québec approvisionnent les scieries américaines. Le Canada, c’est un réservoir stratégique.

Enfin, parce que Trump bluffe. Les marchés publics, c’est du symbolique. Ce qui compte, c’est l’aluminium, l’acier, et les voitures électriques. Sur ces sujets, Ottawa a les cartes en main : l’UE et le Royaume-Uni sont prêts à soutenir le Canada si Trump pousse trop loin. Isoler le Canada ? Impossible.

Alors pourquoi cette attaque ? Parce que Trump veut montrer qu’il peut. Et parce que, pour une fois, personne n’ose lui dire non.


Le vrai danger : quand les marchés ferment les yeux

Ce qui est en train de se passer, c’est bien plus qu’une guerre commerciale. C’est l’effondrement d’un système.

Les marchés publics américains, c’est l’équivalent d’un supermarché où tout le monde achète en gros. Sauf que ce supermarché, aujourd’hui, ferme discrètement ses rayons aux fournisseurs canadiens. Et personne ne proteste. Pourquoi ? Parce que les règles sont floues. Parce que les appels d’offres se font en silence. Parce que les fonctionnaires de la GSA ont reçu l’ordre de ne pas communiquer.

Résultat : des entreprises qui perdent des contrats sans comprendre pourquoi. Des employés qui se retrouvent au chômage sans préavis. Une économie qui se désorganise sans que personne ne crie au scandale.

C’est ça, la nouvelle normalité.

Pas de déclarations de guerre. Pas de diplomatie spectaculaire. Juste des décisions administratives qui transforment des vies en un claquement de doigts.

Et le pire ? Personne ne sait comment inverser la tendance.


Ce qui va suivre (et ce qu’Ottawa ne fera pas)

Ottawa va tenter de négocier. Bien sûr. Mary Ng va appeler son homologue américain, ils vont se serrer la main, et dans trois mois, quelques contrats seront rouverts. Mais le mal est fait.

Parce que le Canada a perdu quelque chose d’essentiel : sa crédibilité. Trump a montré qu’il pouvait frapper sans prévenir. Et maintenant, *chaque entreprise canadienne qui exporte aux États-Unis se demande : « Et si c’est notre tour demain ? »

Alors Ottawa va crier à la violation des accords commerciaux. Bien sûr. Ils vont menacer de porter l’affaire devant l’OMC. Résultat ? L’OMC, c’est long. Très long. Et d’ici là, des centaines de PME auront disparu.

Le Canada a cru pouvoir jouer les modérés. Résultat ? Il se fait écraser par un président qui n’a aucun scrupule à utiliser l’économie comme une arme.

Et le pire ? Personne ne pense que ça s’arrêtera là.

Parce que Trump a compris une chose : le Canada est faible. Pas militairement. Pas économiquement. Mais politiquement.

Et ça, personne ne veut l’admettre.

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R Galaxie Rédaction

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