Le piège : personne ne gagne, sauf les lobbies et les avocats
Les tarifs douaniers, c’est comme une guerre : les premiers à en profiter, ce sont ceux qui vendent les armes. Ici, ce sont les avocats spécialisés en droit commercial international et les cabinets de conseil qui vont se frotter les mains. Une étude de la Chambre de commerce du Canada estime que chaque année de guerre commerciale coûte 12 milliards de dollars en pertes pour l’économie canadienne. Mais qui paie ? Pas les lobbies, pas les avocats.
Les vrais perdants, ce sont les PME canadiennes qui exportent vers les États-Unis. Prenez l’exemple de Bombardier, le géant aérospatial québécois. En 2018, Trump avait menacé de taxer ses avions si le Canada ne cédait pas sur l’acier. Résultat ? Bombardier a dû licencier 3 000 employés et délocaliser une partie de sa production en Chine. Aujourd’hui, l’entreprise est en meilleure santé, mais son cœur industriel a été saigné.
Et puis il y a l’effet domino. Si le Canada et les États-Unis s’entêtent, l’Europe va en profiter. L’UE a déjà menacé de soutenir le Canada dans un éventuel conflit commercial. Imaginez : des taxes américaines sur le bœuf canadien, puis une contre-attaque européenne sur le whisky ou les voitures. La guerre commerciale, ça finit toujours en boucherie collective.
Pourtant, personne ne semble vouloir désamorcer le conflit. Pourquoi ? Parce que personne n’a intérêt à négocier. Trump a besoin d’un bouc émissaire. Biden a besoin de montrer qu’il est « dur » sur le commerce. Et Ottawa ? Ottawa a besoin de faire croire qu’il résiste.
Bref, tout le monde ment.
Ce qui se passe quand les marchés ferment les yeux
Les Bourses, elles, s’en fichent. Le S&P 500 a atteint un nouveau record mardi, comme si de rien n’était. Les investisseurs parient sur le fait que la guerre commerciale, c’est comme une grippe : ça passe. Sauf que cette fois, c’est différent.
Parce que le Canada n’a plus les marges de manœuvre d’avant. En 2018, l’économie canadienne tournait à plein régime. Aujourd’hui ? Croissance à 1,5% en 2023, dette publique à 90% du PIB, inflation qui traîne. Si Trump décide de riposter en taxant le pétrole albertain (le Canada en exporte 3 millions de barils par jour aux États-Unis), ce sera la crise.
Alors oui, Ottawa a riposté. Oui, Carney assume les risques. Mais derrière les grands discours, il y a une vérité simple : personne ne gagne. Sauf peut-être les avocats. Et encore, eux, ils vont finir par s’ennuyer.
La vraie question, c’est : jusqu’où le Canada peut-il pousser sans s’effondrer ? La réponse, elle, n’est pas dans les chiffres. Elle est dans les usines qui ferment, les fermes qui licencient, et les gouvernements qui mentent pour ne pas avoir à choisir.
Et ça, personne n’en parle.