Les pickups américains, otages d’une guerre commerciale stupide
La F-150 Raptor n’est pas un cas isolé. Depuis que Trump a lancé ses tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium en 2018, Ottawa a riposté en taxant 25 % les véhicules américains contenant ces matériaux. Problème : presque tous les pickups en contiennent. Résultat ? Une surtaxe cachée qui pèse sur le portefeuille des Canadiens, et sur les concessionnaires locaux, coincés entre deux feux.
Prenez la Chevrolet Silverado 2500HD. Aux États-Unis, elle affiche 65 000 $. Au Canada ? 78 000 $ minimum, taxes comprises. La Ram 1500 suit le même schéma : +15 % sur le prix de base. Et ce n’est pas qu’une question de gros véhicules. Une Ford Mustang Mach-E (100 % électrique, donc a priori moins taxable) coûte 12 000 $ de plus au Canada qu’aux États-Unis. Pourquoi ? Parce que ses batteries contiennent de l’aluminium. Oui, vous avez bien lu.
Le chiffre que personne ne veut citer : selon l’Automotive Parts Manufacturers’ Association (APMA), les droits de douane ont fait perdre 12 000 emplois dans le secteur automobile canadien depuis 2019. Pas parce que les ventes ont chuté, non, les Canadiens achètent toujours des pickups. Mais parce que les usines locales, moins compétitives, ferment. Et que les concessionnaires, eux, doivent manger la différence entre le prix américain et le prix canadien. Traduction : moins de marges, moins d’investissements.
Ottawa joue avec le feu, et les Canadiens trinquent
Pourquoi Ottawa ne baisse pas les tarifs ? Parce que Trump menace encore. Parce que les syndicats canadiens veulent protéger leurs emplois… même si c’est au prix de ceux des autres. Parce que personne n’a intérêt à casser la dynamique : les États-Unis gardent leurs barrières sur les produits laitiers, le Canada garde les siennes sur les voitures.
Le paradoxe : ces tarifs visaient théoriquement à protéger l’industrie automobile canadienne. Résultat ? Les usines de General Motors à Oshawa (Ontario) ont réduit leur production de 30 % depuis 2020. Pourquoi ? Parce que les pièces américaines sont trop chères à importer. Et que les pièces canadiennes, elles, ne trouvent plus de débouchés aux États-Unis.
La vraie victime ? Le consommateur. Vous voulez une Ford Explorer ? Comptez +18 % par rapport au prix US. Une Jeep Grand Cherokee ? +22 %. Même les SUV compacts, comme la Honda CR-V, voient leur prix gonflé de 8 à 12 % à cause des droits sur les composants en acier.
Et le pire ? Personne ne vous prévient. Les concessionnaires affichent le prix