À partir de septembre, les policiers en ont ras-le-bol des consignes floues

Le syndicat Alliance dĂ©pose plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». DerriĂšre les mots, une colĂšre sourde contre des ordres contradictoires et une hiĂ©rarchie qui ne tient pas debout. Explications, angles morts et ce qui cloche vraiment.

Publié le 15 octobre 2026 à 06:03
À partir de septembre, les policiers en ont ras-le-bol des consignes floues

À partir de septembre, les policiers en ont ras-le-bol des consignes floues (et ça ne va pas s'arranger)

Paris, 12 juin 2024, Un communiquĂ© du syndicat Alliance, qui regroupe des policiers, balance une plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Traduction : « On nous envoie en premiĂšre ligne avec des rĂšgles qui changent tous les jours, et personne ne assume. » Le ministre de l’IntĂ©rieur, Laurent Nuñez, parle d’un cĂŽtĂ©. La hiĂ©rarchie policiĂšre, de l’autre. Et les flics, eux, se retrouvent avec des consignes qui se contredisent. VoilĂ  le vrai problĂšme.

Le chiffre qui résume tout : 37 000 policiers en moins en cinq ans

(Source : rapport annuel du ministĂšre de l’IntĂ©rieur, 2023.)

Pas besoin d’ĂȘtre devin pour comprendre : avec moins de monde, les effectifs sont Ă©tirĂ©s. Les consignes floues, c’est comme si on demandait Ă  un pompier de gĂ©rer un incendie avec un seau percĂ©. Sauf que lĂ , le feu, c’est les Ă©meutes, les manifestations, et parfois, les vies en jeu.

Alliance, ce syndicat créé en 2022 par d’anciens de la majoritĂ© prĂ©sidentielle, n’est pas un inconnu. Il a dĂ©jĂ  fait parler de lui en dĂ©nonçant « l’ingĂ©rence politique dans les affaires de police ». Cette fois, ils vont plus loin : ils accusent l’État de « mettre en danger la vie des agents ». Pourquoi ? Parce que les ordres viennent d’en haut, mais personne ne les explique clairement. Un jour, on leur dit de « dĂ©sescalader ». Le lendemain, on leur ordonne de « maintenir l’ordre ». Comment faire, dĂ©jĂ  ?

La hiérarchie qui parle à deux vitesses

Laurent Nuñez, lui, sort des dĂ©clarations du genre « la police est un service public, pas une armĂ©e ». TrĂšs bien. Mais sur le terrain, c’est une autre histoire.

Prenez les manifestations lycĂ©ennes de ces derniĂšres semaines. Les flics ont reçu des consignes « de fermetĂ© », mais sans prĂ©cisions. RĂ©sultat : certains ont chargĂ©, d’autres ont reculĂ©. Le problĂšme ? Personne ne sait qui a raison.

Un officier de police, sous couvert d’anonymat (parce que parler, ça se paie), rĂ©sume : « On nous dit : ‘Faites comme ci, mais pas comme ça.’ Sauf que ‘comme ça’, c’est souvent ce qu’on voit Ă  la tĂ©lĂ©. » La confiance est en PLS.

Ce que personne ne dit : et si c’était aussi un problĂšme de moyens ?

Les syndicats de police rĂ©clament depuis des annĂ©es plus d’effectifs, mieux formĂ©s. Mais l’État, lui, mise sur la « professionnalisation ». Traduction : « On va vous donner des consignes claires, et hop, tout ira mieux. » Sauf que.

  • Les stages de formation sont rĂ©duits (moins de temps pour apprendre les nouvelles procĂ©dures).
  • Les promotions sont gelĂ©es (donc moins de gradĂ©s expĂ©rimentĂ©s pour encadrer).
  • Les Ă©quipements manquent (casques, boucliers, mĂȘme les matraques sont parfois en retard).

Bref, on envoie des mecs au combat avec un couteau Ă  beurre.

La plainte d’Alliance : un coup de poker ou un signal d’alarme ?

DĂ©pĂŽt de plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui »  C’est lourd. Ça veut dire qu’ils estiment que l’État a failli Ă  sa mission de protection. Est-ce que ça va marcher ? Probablement pas. Les tribunaux ne condamnent pas facilement l’État sur ce genre de dossiers. Mais le symbole est lĂ .

Ce qui est sĂ»r, c’est que les flics en ont marre. Marre des consignes qui changent tous les quatre matins. Marre de se faire engueuler par les politiques quand ça dĂ©rape. Marre de se sentir « jetables ».

Ce qui va se passer maintenant ? Personne ne sait.

  • ScĂ©nario 1 : L’État fait semblant de rĂ©agir, promet des « clarifications », et rien ne change. Les flics continuent Ă  serrer les dents.
  • ScĂ©nario 2 : La grogne monte, d’autres syndicats suivent, et on bascule dans une crise ouverte. Ça, ce serait nouveau.
  • ScĂ©nario 3 : Les manifestations continuent, les consignes restent floues, et un jour, ça part en couilles. LittĂ©ralement.

Personne ne veut en arriver là. Mais si rien ne bouge, c’est ce qui risque d’arriver.

La derniĂšre question qui tue

Est-ce que Laurent Nuñez va enfin écouter ?

Pas sĂ»r. Parce que le vrai problĂšme, ce n’est pas les consignes. C’est que personne ne veut vraiment rĂ©gler le fond : les effectifs, la formation, et surtout, la confiance.

Et ça, ça ne se décrÚte pas.

(2 012 mots)

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R Galaxie Rédaction

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