Jana Partners veut vendre Six Flags, un parc d'attractions en crise

Le fonds activiste Jana Partners pousse Six Flags à se vendre, un signe que les parcs d’attractions américains peinent à résister à la pression des coûts et aux nouvelles habitudes de consommation. Voici pourquoi cette vente serait un aveu d’échec, et ce que ça révèle sur l’industrie.

Publié le 23 septembre 2026 à 16:03
Jana Partners veut vendre Six Flags, un parc d'attractions en crise

Six Flags, c’est ce genre d’entreprise où on croit encore au rêve américain : des montagnes russes, des cris, des manèges qui tournent depuis les années 60. Sauf que depuis 2023, les chiffres ne mentent pas. Le parc a perdu 12 % de fréquentation en trois ans, selon les données de la Tea Leaves Consulting. Et maintenant, Jana Partners, ce fonds activiste qui adore les coups de massue, veut que le groupe se vende. Pas pour moderniser, pas pour innover, non, pour tout plaquer. Ça sent le désengagement. Ou pire, la panique.

Pourtant, Six Flags n’est pas un petit joueur. C’est un géant, avec 26 parcs aux États-Unis, du Maine à la Californie. Mais les actionnaires activistes, eux, ne regardent pas les paysages. Ils regardent les comptes. Et là, ça coince. La dette pèse 1,8 milliard de dollars, les marges s’effritent, et les investisseurs commencent à se demander si le modèle n’est plus viable. Jana Partners, qui détient 7 % du capital, a envoyé un signal clair : « On ne veut plus attendre. Vendez, ou on force la main. »

Le problème, c’est que personne ne veut racheter Six Flags.

Pas parce que c’est une mauvaise affaire, non, parce que le marché des parcs d’attractions est en pleine mutation. Les familles dépensent moins pour les loisirs, les expériences virtuelles montent en puissance, et les coûts énergétiques explosent. Résultat : les parcs traditionnels sont coincés entre un public qui vieillit et une génération qui préfère TikTok à Twister.

Et puis, il y a ce détail qui agace Jana Partners : la direction de Six Flags refuse de vendre. Le PDG, Jim Reid, parle de « plan à long terme ». Traduction : « On va continuer comme avant, et vous, vous allez voir. » Sauf que les actionnaires activistes, eux, n’aiment pas les plans à long terme. Ils aiment les résultats. Et là, il n’y en a pas.

Ce qui se joue derrière, c’est une guerre de nerfs.

Jana Partners n’est pas là par altruisme. Ils veulent faire monter le cours de l’action en créant de l’urgence. S’ils parviennent à forcer une vente, ils pourront revendre leurs parts avec une plus-value. C’est leur jeu. Mais pour Six Flags, ça pourrait être la fin d’une ère. Les parcs qui résistent sont ceux qui misent sur l’expérience premium, pas ceux qui gardent leurs manèges des années 80.

Et puis, il y a cette question qui dérange : pourquoi personne ne parle de moderniser, au lieu de vendre ?

Les parcs Disneyland et Universal, eux, ils ont compris. Ils misent sur les franchises, les attractions interactives, les partenariats avec Netflix ou Marvel. Six Flags, lui, reste accroché à son modèle du XXe siècle. C’est ça, le vrai problème.

Le chiffre qui claque, c’est celui-ci : 35 %.

C’est la baisse de valeur de Six Flags depuis 2020, selon Bloomberg. Et ça, même les actionnaires les plus optimistes ne peuvent plus l’ignorer. Jana Partners a raison sur un point : si on ne fait rien, ça va empirer.

Sauf que vendre, ce n’est pas une solution. C’est un aveu. Un aveu que l’industrie des parcs d’attractions a perdu son âme. Et que personne n’a encore trouvé comment la retrouver.

Pourtant, il y a des alternatives.

Certains parcs en Europe, comme Efteling aux Pays-Bas, ont réussi à se réinventer en misant sur le storytelling et les attractions durables. Aux États-Unis, Cedar Point a boosté ses revenus en ajoutant des hôtels et des événements privés. Six Flags, lui, reste bloqué dans le passé.

Le vrai défi, ce n’est pas de vendre. C’est de se demander pourquoi personne n’a encore osé bousculer le statu quo.

Jana Partners a raison de taper sur la table. Mais sa solution, vendre, n’est qu’un pis-aller. Le vrai combat, c’est celui de l’innovation. Et là, Six Flags n’a même pas commencé à se battre.

Alors, qui va payer le prix ?

Pas les actionnaires, eux, ils se débrouilleront. Pas les managers, eux, ils auront leur parachute doré. Non, ce seront les employés, les fournisseurs, et surtout… les visiteurs.

Parce qu’un parc qui se vend, c’est un parc qui ferme. Et quand Six Flags disparaîtra, ce ne sera pas seulement une marque qui s’efface. Ce sera un symbole qui tombe.

Celui d’une Amérique qui refuse de voir que le divertissement, lui aussi, doit évoluer.

Et ça, personne ne veut en parler. Sauf Jana Partners. Parce qu’eux, ils ne croient qu’en une chose : les chiffres.

Et les chiffres, pour Six Flags, ils sont sans appel.

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R Galaxie Rédaction

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