Saint-Gobain chute de 12 % en un an, son MACD s’effondre

Le MACD de Saint-Gobain est en zone rouge, son RSI frôle les 70. Pourtant, l’industrie du verre mise sur la transition écologique. Pourquoi les cours ignorent-ils les fondamentaux ?

Publié le 14 septembre 2026 à 20:08
Saint-Gobain chute de 12 % en un an, son MACD s’effondre

Le verre qui ne monte plus, malgré la loi climat

Le 14 septembre 2026, à 8h02, Boursorama publiait un signal clair : le MACD de Saint-Gobain est négatif et en dessous de sa ligne de signal. Traduction : la tendance baissière s’accélère. Pourtant, personne ne semble s’en soucier. Pourquoi ? Parce que l’industrie du verre, c’est le BTP, c’est l’isolation, c’est la transition écologique. En théorie. En pratique, les cours disent autre chose.

Saint-Gobain, c’est le géant français qui pèse 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires (derniers chiffres 2025, rapport annuel). Un mastodonte. Un acteur clé de la rénovation énergétique des bâtiments. Sauf que son action, elle, ne rénove pas grand-chose. En un an, elle a perdu 12 %. En cinq ans, 25 %. Les investisseurs se grattent la tête : comment un secteur en croissance peut-il avoir des cours en berne ?

Réponse possible : parce que les marchés ne croient plus aux promesses. Parce que la transition écologique, c’est du long terme, et les actionnaires, eux, veulent du court terme. Parce que le RSI est à 72 (survente, donc), mais que personne ne parie sur un rebond. Juste sur la chute.

Le RSI à 72, et après ?

Le RSI, c’est l’indicateur qui mesure la vitesse des mouvements de prix. À 72 sur 100, c’est du survendu pur. Normalement, ça devrait faire rebondir le titre. Sauf que non. Pourquoi ? Parce que le MACD, lui, est en mode bearish crossover : la ligne MACD vient de croiser sa ligne de signal par le bas. C’est le signe d’une pression vendeuse forte. Les algorithmes de trading automatiques ont déjà vendu. Les humains aussi.

Et puis il y a le détail qui cloche : Saint-Gobain a annoncé en juin 2026 un plan de réduction de coûts de 300 millions d’euros. Objectif : compenser la baisse des marges sur le verre plat (celui des fenêtres, des miroirs, des écrans). Problème : les coûts énergétiques, eux, ne baissent pas. Le gaz, le pétrole, l’électricité… tout remonte. Résultat : les bénéfices trimestriels reculent. Pas de +10 %, pas de +5 %. Moins 2 % sur un an.

L’erreur des bulls : croire aux subventions

Les optimistes (il y en a encore) misent sur le plan RE2020, la réglementation européenne qui impose des normes de performance énergétique aux bâtiments neufs. Logique : plus de normes = plus de verre = plus de demande pour Saint-Gobain. Sauf que…

  1. Les délais sont longs. Une maison neuve met 2 ans à être construite. Une rénovation, 3 ans. Les effets du RE2020 ne se verront pas avant 2028. Trop tard pour les actionnaires impatients.

  2. Les subventions ne tombent pas du ciel. En France, le dispositif MaPrimeRénov’ a été réduit de 40 % en 2025. En Allemagne, les aides pour l’isolation sont gelées depuis 2024. Résultat : moins de rénovations = moins de verre.

  3. La Chine inondé le marché. Saint-Gobain a perdu 15 % de parts de marché en Asie depuis 2023. Pourquoi ? Parce que les verriers chinois vendent à perte pour écouler leur production. Et parce que les gouvernements locaux subventionnent leurs usines. Bref, la guerre des prix est perdue d’avance.

Le vrai risque : la dette cachée

Personne n’en parle. Pourtant, c’est le point noir sous la carapace de Saint-Gobain : sa dette nette a atteint 12,3 milliards d’euros en 2025 (contre 9,8 milliards en 2022). Une hausse de 25 % en trois ans. D’où vient cet argent ?

  • Les rachats d’entreprises : Saint-Gobain a acheté SolarGlass (spécialiste du verre solaire) pour 1,8 milliard en 2024. Mauvaise idée. Le marché du solaire s’effondre depuis 2025 (-30 % de demande).
  • Les investissements industriels : les usines de verre, ça coûte cher. Très cher. Et les rendements ? Ils mettent 5 à 7 ans à se matérialiser.

Le problème, c’est que les actionnaires veulent des dividendes maintenant. Pas dans 5 ans. Résultat : la direction de Saint-Gobain est coincée. Elle doit soit augmenter la dette pour financer la transition écologique (et mécontenter les agences de notation), soit réduire les investissements (et rater le coche sur le RE2020).

Ce que les cours disent vraiment

Le MACD négatif, c’est le marché qui dit : « On ne croit plus à vos histoires de transition écologique. Montrez-nous des bénéfices, pas des promesses. »

Le RSI à 72, c’est le marché qui dit : « On est prêt à acheter si les cours chutent encore. Mais pas question de parier sur un rebond. »

La dette à 12,3 milliards, c’est le marché qui dit : « Vous avez assez joué avec l’argent des autres. Maintenant, c’est à vous de payer. »

Saint-Gobain n’est pas en faillite. Pas encore. Mais les cours, eux, ont déjà fait leur choix. Et ce choix, c’est la baisse.

Dernière question : jusqu’où iront-ils ?

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R Galaxie Rédaction

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