Québec réserve ses appels d’offres aux entreprises locales, mais à quel prix

La CAQ frappe fort en ciblant les tarifs douaniers pour protéger ses entreprises. Problème : les États-Unis viennent de riposter, et personne ne sait encore si le calcul va payer. Décryptage d’une manœuvre qui sent le piège à long terme.

Publié le 8 septembre 2026 à 16:02
Québec réserve ses appels d’offres aux entreprises locales, mais à quel prix

Le chiffre que Québec ne veut pas voir exploser en 2024

Le 1er juin, les tarifs douaniers canadiens sur les produits américains entrent en vigueur. Officiellement, c’est une riposte à la guerre commerciale de Donald Trump. Officieusement, c’est le début d’une bataille où Québec joue ses dernières cartes. Parce que la CAQ, elle, vient d’annoncer une mesure qui part d’une bonne intention : réserver certains appels d’offres publics aux entreprises québécoises. Sauf que personne ne sait encore si ça va marcher. Ou si ça va empirer les choses.

Prenez l’exemple de Bombardier, qui vient de perdre un contrat de 1,2 milliard avec la SNCF en France. La raison ? Des tarifs douaniers américains qui ont rendu les trains canadiens trop chers. Maintenant, imaginez ça sur le marché québécois, où les entreprises locales se font concurrence avec des géants américains bien moins chers. La CAQ veut protéger ses usines, mais elle ignore un détail : les États-Unis ne vont pas se laisser faire.

La riposte américaine arrive, et Québec n’a pas de plan B

Les tarifs douaniers canadiens ciblent surtout l’acier, l’aluminium et les produits agricoles. Problème : les États-Unis ont déjà riposté en taxant le bois d’œuvre, le sirop d’érable et même… les camions de livraison. Résultat ? Les transporteurs québécois voient leurs coûts exploser. Et la CAQ, au lieu de négocier, décide de fermer encore plus le marché.

Pourtant, il y a un hic. Les entreprises québécoises ne sont pas toutes prêtes. Prenez le secteur de la construction : les matériaux coûtent déjà 20 % plus cher qu’avant la pandémie. Maintenant, ajoutez des tarifs douaniers supplémentaires sur l’acier importé, et les promoteurs vont devoir choisir entre construire moins… ou construire plus cher. Personne ne sait encore qui va payer la note.

Ce que personne ne dit sur les appels d’offres réservés

La CAQ justifie sa mesure en disant qu’elle veut soutenir l’emploi local. Sauf que les appels d’offres publics réservés, ça a déjà été testé. En 2018, le gouvernement Legault avait tenté quelque chose de similaire pour les contrats de nettoyage dans les hôpitaux. Résultat ? Les prix ont grimpé de 15 %, et les entreprises locales, moins compétitives, ont dû licencier pour rattraper le coup.

Aujourd’hui, la CAQ mise sur les tarifs douaniers pour protéger ses industries. Mais les tarifs, ça se répercute. Si une entreprise québécoise ne peut plus importer des machines à prix compétitifs, elle va soit fermera, soit augmenter ses tarifs. Et à la fin, c’est le consommateur qui trinque.

Le vrai jeu : qui va gagner, qui va perdre ?

Derrière cette mesure, il y a une question simple : Québec veut-il vraiment protéger ses entreprises… ou juste gagner du temps ?

Les États-Unis ne vont pas lâcher l’acier et l’aluminium. La Chine, elle, continue de déverser ses produits à bas prix sur le marché nord-américain. Et les entreprises québécoises, coincées entre deux feux, n’ont pas les moyens de se battre sur tous les fronts.

La CAQ parle de souveraineté économique. En réalité, elle joue avec des allumettes dans une poudrière. Parce que si les tarifs douaniers font monter les prix, les Québécois vont finir par voter avec leurs portefeuilles. Et là, ce ne seront plus les entreprises américaines qui seront visées… mais le gouvernement.

La dernière carte que Québec n’a pas encore sortie

Il reste une option : négocier. Pas avec les États-Unis seulement, mais avec tout le monde. Parce que si Québec continue sur cette voie, elle va se retrouver isolée. Les États-Unis vont riposter encore plus fort. La Chine va profiter du vide. Et les entreprises québécoises, déjà fragilisées, vont s’effondrer les unes après les autres.

La CAQ a choisi son camp. Maintenant, il faut voir si les Québécois sont prêts à payer le prix.

Le vrai risque ? Ce n’est pas la guerre commerciale qui va tout régler. C’est la prochaine élection.

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R Galaxie Rédaction

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