Les pétrolières européennes font 87 % de profit en 2026
Le diesel à 2,10 €/litre, c’est le prix de la victoire.
Pas celle des écologistes, pas celle des conducteurs. Celle des actionnaires. En 2026, les dix majors européennes du pétrole ont vu leurs cours exploser entre 40 % et 87 %. Un chiffre ? Shell a gagné 12 milliards d’euros de plus en six mois. BP, TotalEnergies, Repsol : même musique. Leurs marges de raffinage ont bondi de 30 % à 50 % sur le diesel, grâce à des prix de vente qui ne suivent pas ceux du brut. Résultat : vous mettez 20 € dans votre réservoir, mais une partie de cet argent part direct en dividendes à Londres ou à Paris. Pas de crise, pas de problème. Juste un marché qui fonctionne. Sauf que non. Parce que ce marché, il est truqué.
Pourquoi personne ne les arrête ?
Les régulateurs européens ont les yeux fermés. L’ACM (Autorité de la concurrence néerlandaise) a enquêté sur les marges de Shell en 2024, mais sans sanction. Pourquoi ? Parce que les pétrolières paient des lobbyistes mieux que des amendes. Parce que les États ont besoin de leurs impôts. Parce que personne ne veut casser la poule aux œufs d’or. Même la Commission européenne, qui parle vert depuis des années, n’a rien fait. En 2025, elle a proposé un « mécanisme de stabilisation des prix » pour les carburants. Trop tard. Les majors ont déjà tout empoché.
Le vrai jeu : les raffineries, pas les forages.
Oubliez les discours sur le gaz de schiste ou les nouveaux champs pétrolifères. Le vrai business, c’est le raffinage. Quand le prix du brut baisse, elles augmentent celui des carburants. Quand le diesel flambe, elles serrent les coûts ailleurs. C’est un vieux truc, mais ça marche encore. Prenez TotalEnergies : en 2026, sa marge sur le raffinage a atteint 18 cents par litre de diesel. Soit 36 % de profit brut. Assez pour payer des dividendes records. Assez pour acheter des lobbies. Assez pour que personne ne regarde.
Les États ferment les yeux.
La France a augmenté la taxe sur les carburants en 2025. L’Allemagne a gelé les prix à la pompe. L’Espagne a menacé de nationaliser Repsol. Des gestes. Des mots. Mais rien qui ne change la donne. Pourquoi ? Parce que sans ces pétrolières, les États perdent des milliards en recettes fiscales. Parce que les alternatifs (électrique, hydrogène) mettent des années à se déployer. Parce que les citoyens, eux, n’ont pas le choix : ils roulent, ils consomment, ils paient. Les majors, elles, ont toujours un coup d’avance.
Ce qui se passe quand les marchés ferment les yeux.
En 2026, les cours des pétrolières européennes ont dépassé ceux des américaines. Pourquoi ? Parce qu’elles ont mieux joué la crise. Parce qu’elles ont anticipé la hausse du diesel avant tout le monde. Parce qu’elles savent que les gouvernements n’oseront pas les toucher. Le CAC 40 a frémi quand TotalEnergies a annoncé +87 % de profit. Personne n’a crié au scandale. Personne n’a menacé de sanctions. Juste des analystes qui parlent de « surperformance » et des actionnaires qui se réjouissent.
Le diesel à 2,10 €/litre, c’est le prix de la victoire.
Pas celle des écologistes, pas celle des conducteurs. Celle des actionnaires. En 2026, les dix majors européennes du pétrole ont vu leurs cours exploser entre 40 % et 87 %. Un chiffre ? Shell a gagné 12 milliards d’euros de plus en six mois. BP, TotalEnergies, Repsol : même musique. Leurs marges de raffinage ont bondi de 30 % à 50 % sur le diesel, grâce à des prix de vente qui ne suivent pas ceux du brut. Résultat : vous mettez 20 € dans votre réservoir, mais une partie de cet argent part direct en dividendes à Londres ou à Paris. Pas de crise, pas de problème. Juste un marché qui fonctionne. Sauf que non. Parce que ce marché, il est truqué.
Le vrai problème, c’est que ça peut durer.
Les pétrolières ont les moyens de tenir. Elles ont les lobbies, les États dans leur poche, et des actionnaires qui veulent toujours plus. Le diesel à 2,10 €/litre, c’est le prix de leur victoire. Et la nôtre ? On la paie à la pompe, chaque plein.
La vraie question, c’est : jusqu’à quand ?