Un exemple. Vous gagnez 70 000 € brut par an en 2024. Vous versez 5 000 € sur votre PER. L'État vous rend 1 500 € d'impôt sur le revenu tout de suite. Ça fait malin. Sauf que. À la retraite, si vous retirez ces 5 000 € en une fois, vous payez à nouveau 1 500 € d'impôt. Vous êtes à égalité. À moins que votre tranche d'imposition ait baissé entre-temps. Ce qui n'est pas garanti. Pire : si vous retirez en rente, vous payez des prélèvements sociaux (17,2 %) en plus. Vous perdez même de l'argent.
Le PER, c'est comme prêter 1 500 € à l'État
Imaginez que vous avez 1 500 € en poche. Vous les donnez à un ami en lui disant : « Je te les rendrai dans 20 ans, mais en attendant, tu me donnes 5 000 € de crédit. » Votre ami, c'est l'État. Le crédit, c'est votre économie d'impôt immédiate. Le seul avantage ? Le délai.
Pourquoi faire ça ? Parce que l'État a besoin de votre argent maintenant. Et parce que les banques et les assureurs gagnent des frais sur votre épargne, même si vous ne faites que du surplace fiscal.
Le casse-tĂŞte des tranches d'imposition
En 2024, vous êtes à 30 % d'impôt sur le revenu. En retraite, vous serez peut-être à 11 % ou 24 %. Si c'est le cas, vous gardez une partie de votre économie. Mais si vous restez à 30 %, ou si vous montez à 41 % (parce que votre retraite est mal indexée), vous reprenez tout. Pire : vous payez en plus des prélèvements sociaux sur le capital.
Prenez l'exemple de Jean-Claude, 55 ans, cadre dans le BTP. Il verse 10 000 € sur son PER en 2023. Il économise 3 000 € d'impôt. En 2044, il retire tout en capital. Sa tranche d'imposition ? Toujours 30 %. Il reprend 3 000 € d'impôt. Il a perdu 17,2 % de prélèvements sociaux en plus. Soit 1 720 € de moins dans sa poche.
Les banques et les assureurs rigolent bien
Les frais de gestion d'un PER ? Entre 0,5 % et 1,5 % par an. Sur 5 000 €, ça fait 25 à 75 € par an. Sur 20 ans, 500 à 1 500 € de frais en plus. Sans compter les frais d'entrée et de sortie, souvent cachés.
Pourquoi les banques poussent-elles le PER ? Parce que c'est un produit lucratif pour elles, même si c'est nul pour vous. Elles vendent du rêve : « Vous allez économiser des milliers d'euros ! » En réalité, vous leur donnez de l'argent pour rien.
Le vrai gain ? Le délai. Et encore.
Le seul avantage réel du PER, c'est le report d'imposition. Si vous aviez placé vos 5 000 € en Bourse, vous auriez payé des impôts sur les plus-values. En PER, vous ne payez rien… jusqu'à la sortie. Sauf que, comme on l'a vu, à la sortie, vous payez quand même.
Alors, à quoi bon ? À deux choses :
- Vous êtes sûr que votre tranche d'imposition baissera à la retraite. Ce qui est loin d'être certain, surtout avec l'inflation et les réformes des retraites.
- Vous voulez bloquer votre argent jusqu'à 60 ans (ou plus). Parce que si vous sortez avant, vous payez des pénalités.
Sinon, vous perdez votre temps.
Le PER, c'est comme acheter une voiture d'occasion
Vous payez cher pour un produit qui ne vaut rien. Sauf que là , vous ne le savez pas tout de suite. Vous découvrez l'arnaque 20 ans plus tard, quand il est trop tard.
Alors, faut-il ouvrir un PER ? Seulement si :
- Vous êtes sûr que votre tranche d'imposition baissera à la retraite.
- Vous n'avez pas d'autres options d'épargne plus rentables (comme un compte-titres ou une assurance-vie en fonds euros).
- Vous acceptez de bloquer votre argent jusqu'Ă la fin.
Sinon, fuyez.
Le vrai problème, c'est le système
Le PER, c'est le symptôme d'un système où l'État et les banques se partagent votre argent. Vous, vous ne gagnez rien. Sauf peut-être un peu de paix d'esprit en pensant avoir fait une bonne affaire.
La vraie question, c'est : « Pourquoi on continue à jouer ce jeu ? » Parce que personne ne vous explique vraiment comment ça marche. Parce que les conseillers bancaires ont intérêt à vous vendre ça. Parce que les médias parlent d'« optimisation fiscale » sans jamais dire « optimisation pour qui ? »
La sortie de secours : le PER comme outil de report, pas de gain
Si vous tenez absolument à utiliser un PER, faites-en un outil de report, pas un outil de gain. Versez-y le strict minimum pour réduire vos impôts maintenant, sans compter sur un avantage futur.
Et surtout, ne mettez pas tout vos œufs dans le panier du PER. Diversifiez. Un peu en assurance-vie, un peu en Bourse, un peu sur Livret A. Parce que le jour où vous réaliserez que votre PER ne vous a rien rapporté, il sera trop tard.
Le dernier mot : un produit pour les naĂŻfs
Le PER, c'est comme les placements « sans risque » qui rapportent 0,1 % par an. Ça marche… jusqu'à ce que ça ne marche plus.
Alors, avant de signer, posez-vous une question : « Est-ce que je suis en train de donner de l'argent à l'État et aux banques pour rien ? » La réponse, dans 90 % des cas, c'est oui.