Oracle bat ses records, mais l'IA cache un risque que personne ne veut voir

Les résultats d'Oracle rassurent les marchés sur la trésorerie, mais derrière les chiffres, une question persiste : et si la frénésie de l'IA masquait un problème bien plus gros ?

Publié le 11 septembre 2026 à 12:04
Oracle bat ses records, mais l'IA cache un risque que personne ne veut voir

Le 10 septembre 2026, à 23h59, les serveurs de Boursorama affichaient encore les dernières données d'Oracle. Le géant du logiciel a dépassé ses prévisions de 3% pour le trimestre. Pas de révolution, pas de chiffre stratosphérique, juste une performance solide dans un secteur qui, depuis deux ans, navigue entre euphorie et paranoïa. Les analystes ont salué la « résilience » du groupe, surtout sur son segment cloud et ses outils d’IA. Les marchés ont respiré : la consommation de trésorerie, ce monstre qui hante les bilans tech depuis 2022, semble enfin sous contrôle. Sauf que personne ne parle vraiment de ce qui se passe en coulisses.

L’IA, ce leurre qui fait oublier l’essentiel

Oracle mise gros sur l’intelligence artificielle. Son chiffre d’affaires lié à l’IA a progressé de 18% sur un an, selon ses propres données. Assez pour que les actionnaires ferment les yeux sur autre chose : la dette opérationnelle du groupe, qui reste à un niveau historique. En 2023, Oracle avait dépensé 12,4 milliards de dollars en rachats et investissements, un record pour l’entreprise. Et en 2026, malgré les résultats solides, cette machine à cash continue de tourner. Le problème ? Personne ne sait exactement où va cet argent.

Les PDG des géants tech adorent répéter que « l’IA est l’avenir ». C’est vrai. Mais c’est aussi une excuse parfaite pour justifier des dépenses opaques. Prenez SAP, par exemple. En 2025, le groupe allemand a annoncé un plan de « transformation IA » pour 8 milliards d’euros. Résultat ? Ses marges ont chuté de 15 points en un an. Personne n’a crié au scandale. Pourquoi ? Parce que l’IA, c’est devenu le nouveau « too big to fail ». Un bouclier. Une raison de ne pas poser trop de questions.

Oracle, lui, joue la carte de la prudence. Ses dirigeants parlent de « discipline financière », de « contrôle des coûts ». Traduction : on dépense, mais on évite les gaffes. Sauf que la discipline, ça se mesure. Et là, les comptes sont flous. Le groupe refuse de détailler ses investissements en R&D par secteur. On sait qu’il mise sur l’IA, mais on ignore combien il perd sur ses vieux contrats on-premise (ces logiciels installés chez les clients, qui rapportent encore, mais coûtent cher à maintenir). Un détail qui compte quand on parle de trésorerie.

Le marché ferme les yeux, et c’est là que ça devient dangereux

Les investisseurs adorent les histoires simples. L’IA = croissance. Oracle = valeur refuge. Alors on achète, on spéculer, on fait comme si tout allait bien. Sauf que les fondamentaux, eux, ne mentent pas.

Prenez le cas de Salesforce, un autre poids lourd du cloud. En 2024, l’entreprise a annoncé un ralentissement de ses dépenses en IA, invoquant une « réévaluation des priorités ». Traduction : ils ont brûlé trop d’argent sans voir le retour sur investissement. Résultat ? Le cours de l’action a chuté de 20% en trois mois. Personne n’en a parlé comme d’un échec. Juste comme d’un « ajustement stratégique ».

Pourtant, le schéma est le même chez Oracle. Le groupe mise sur l’IA pour justifier ses dépenses, mais ses marges restent fragiles. En 2025, son taux de marge brute était de 78,5%, un bon score, mais en baisse de 2 points sur un an. La question est simple : jusqu’à quand les marchés vont-ils croire que tout va bien ?

Ce que les régulateurs ne veulent pas voir

Il y a un autre angle, bien plus gênant. L’IA, c’est aussi une façon de contourner les règles.

En 2024, l’UE a durci les lois sur la transparence des dépenses en R&D. Mais Oracle, comme beaucoup d’autres, a trouvé une faille. En labellisant une partie de ses investissements comme « coûts liés à l’IA », le groupe peut les déduire fiscalement plus facilement. Problème : personne ne vérifie vraiment. Les régulateurs sont submergés, les auditeurs font confiance aux modèles financiers des entreprises… et les actionnaires, eux, veulent des résultats rapides.

Résultat ? Une bulle de confiance artificielle.

Prenez cette étude de McKinsey publiée en juillet 2026 : seulement 12% des entreprises qui investissent massivement en IA arrivent à un retour sur investissement mesurable avant 5 ans. 12%. Pas 50%. Pas 30%. 12%. Et pourtant, les marchés continuent de financer ces dépenses comme si c’était une évidence.

Oracle, lui, mise sur un autre pari : l’IA comme outil de rétention client. Ses logiciels cloud sont déjà ancrés chez les grandes entreprises. En leur vendant des modules IA, le groupe espère les verrouiller davantage. Une stratégie intelligente, mais risquée. Parce que si l’IA ne tient pas ses promesses, les clients pourraient se retourner contre Oracle, et emporter leurs données avec eux.

Le vrai danger : quand la machine à cash s’essouffle

Voilà le scénario que personne n’ose évoquer. Et si Oracle, comme tant d’autres, avait trop misé sur l’IA sans avoir de plan B ?

Le groupe a deux options :

  1. Continuer à dépenser massivement en R&D, au risque de voir ses marges s’effondrer.
  2. Ralentir les investissements, et risquer de perdre du terrain face à Microsoft ou Google.

Aucune des deux n’est bonne.

Et c’est là que ça devient intéressant. Parce qu’Oracle n’est pas une entreprise comme les autres. Contrairement à Meta ou à Amazon, qui peuvent se permettre de brûler des milliards en espérant un retour futur, Oracle a une dette à gérer. En 2025, son ratio dette/EBITDA était de 2,8. Pas catastrophique, mais suffisant pour inquiéter si les revenus ralentissent.

Le vrai test viendra dans deux ans. Quand les marchés réaliseront que l’IA ne génère pas encore assez de cash pour justifier les dépenses. Et là, Oracle devra choisir : soit il serre la vis et freine son innovation, soit il continue à jouer avec le feu.

Ce que les résultats d’Oracle ne disent pas

Les chiffres sont là : croissance, trésorerie maîtrisée, IA en hausse. Tout va bien. Sauf que les marchés ne regardent jamais assez loin.

Prenez Larry Ellison, le fondateur d’Oracle. En 2023, il a déclaré que « l’IA était la plus grande opportunité de croissance depuis Internet ». Une phrase qui a fait monter les actions. Mais en 2026, personne ne demande : « Et si c’était aussi le plus grand risque ? »

Parce que l’IA, c’est comme un casino.

  • Certains gagnent gros, vite.
  • D’autres perdent tout, sans que personne ne s’en aperçoive avant qu’il ne soit trop tard.

Oracle est pour l’instant dans le premier camp. Mais pour combien de temps ?

La vraie question n’est pas de savoir si Oracle va continuer à battre ses records. C’est de savoir combien de temps les marchés vont fermer les yeux avant de réaliser que l’IA, parfois, n’est qu’un leurre.

Et ça, personne ne veut en parler.

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R Galaxie Rédaction

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