L'or remonte à 4 348 dollars, mais les banques centrales gardent le silence

Le métal jaune rebondit après une chute brutale, mais les réserves mondiales stagnent. Pourquoi personne ne parle des stocks de la Chine ?

Publié le 12 septembre 2026 à 16:09
L'or remonte à 4 348 dollars, mais les banques centrales gardent le silence

Pourquoi l’or monte alors que personne n’achète ?

Ce matin, le prix a grimpé parce que le dollar s’est affaibli. Oui, c’est aussi simple que ça. La Fed a encore serré les taux en août, et les marchés anticipent une baisse… mais pas tout de suite. Résultat : l’or, qui n’est pas un actif en dollars, profite de la faiblesse de la monnaie américaine. Problème : cette reprise est artificielle. Elle ne repose sur aucun achat massif, aucune panique sur les marchés obligataires, aucune crise géopolitique nouvelle. Juste un ajustement technique.

Pourtant, les cours restent 15 % en dessous de leur pic de 2024 (4 980 dollars en mars). Personne ne s’en émeut. Pourquoi ? Parce que les banques centrales, qui avaient accumulé des tonnes d’or en 2022-2023, ont ralenti leurs achats. La Russie continue d’acheter, mais discrètement. La Chine ? Elle n’achète plus depuis six mois. Et personne ne veut en parler.

En 2023, le World Gold Council (WGC) publiait un rapport : « Les réserves mondiales d’or pourraient atteindre 200 000 tonnes d’ici 2030 si la demande des banques centrales reste forte. » Aujourd’hui, ce scénario est en train de s’effondrer. Les banques centrales achètent moins, les ETF or (comme ceux de BlackRock) se vident, et les mines ne suffisent pas à combler le vide. Le marché est à sec, mais les prix ne reflètent pas cette tension.

La Chine, ce trou noir des statistiques

Où est passée la Chine ? Officiellement, Pékin n’a pas acheté d’or depuis le premier trimestre 2024. Pourtant, en 2023, elle en a racheté 1 000 tonnes, soit l’équivalent de 50 milliards de dollars à l’époque. Personne ne sait ce qu’elle fait maintenant. Les rumeurs courent : stockages clandestins, achats via des sociétés écrans, ou simplement… plus rien.

Un détail : en juillet, les réserves officielles de la Chine ont été réévaluées à la hausse par la Banque populaire. Pourquoi ? Parce que Pékin a changé de méthode de comptage. Traduction : ils ont peut-être déplacé des stocks d’un bilan à un autre, sans les vendre. Mais sans achats nouveaux, le marché manque de carburant.

Pendant ce temps, les mines du monde entier galèrent. La production mondiale a chuté de 1 % en 2023, selon le USGS (Service géologique américain). Les coûts d’extraction explosent, les permis environnementaux se raréfient, et les investisseurs fuient. Résultat : l’offre ne suit pas la demande latente. Pourtant, les prix ne montent pas. Pourquoi ? Parce que les banques centrales ne crient pas leur appétit. Et sans elles, personne ne joue le jeu.

Les hedge funds, ces parias de l’or

Autre anomalie : les hedge funds ont massivement réduit leurs positions sur l’or depuis juin. Selon les données de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), leurs avoirs sont passés de 120 000 contrats en mars à moins de 60 000 aujourd’hui. Pourquoi ce désengagement ?

Deux raisons. D’abord, l’or ne rapporte rien en ce moment. Les taux élevés rendent les obligations plus attractives. Ensuite, les fonds parient sur une nouvelle chute du dollar, ce qui, normalement, devrait faire monter l’or. Sauf que non. Les marchés misent sur un atterrissage en douceur de l’inflation, pas sur un krach. Donc ils attendent.

Mais attention : si la Fed maintient ses taux trop longtemps, ou si une crise éclate (guerre en mer Rouge, défaut d’un État européen), les hedge funds pourraient revenir en masse. Et là, les prix pourraient s’envoler… ou s’effondrer. Personne ne sait.

Le vrai problème : l’or n’est plus un refuge, juste un actif spéculatif

En 2020, pendant le Covid, l’or a atteint 2 000 dollars l’once en quelques mois. Pourquoi ? Parce que les investisseurs fuyaient vers un actif « sûr ». Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. L’or n’est plus un refuge, c’est un pari.

Les banques centrales détiennent 30 % des réserves mondiales d’or. Les ETF en possèdent 10 %. Le reste ? Des bijoutiers, des joailliers, et des particuliers qui spéculent. Pas de demande structurelle.

Et si la Chine décidait de vendre ? Personne n’en parle, mais c’est un risque. En 2015, Pékin avait réduit ses réserves de 500 tonnes en quelques mois, faisant chuter les cours. Aujourd’hui, avec des dettes internes à gérer et une économie ralentie, rien n’interdit à la Chine de liquider une partie de ses stocks.

Ce que cette reprise cache : une bulle prête à éclater

Ce rebond de 32 dollars, c’est du vent. L’or ne monte pas parce qu’on en veut, il monte parce que le dollar faiblit. Et cette faiblesse est temporaire. Si la Fed maintient ses taux, ou si les données économiques se dégradent, le dollar pourrait se reprendre, et l’or replonger.

Le vrai signal à surveiller ? Les achats des banques centrales. Si la Chine ou la Russie relancent leurs rachats, les cours pourraient enfin décoller. Sinon, on est dans une phase de latence.

Et ça, c’est dangereux. Parce que quand la demande revient, et elle reviendra, un jour, les prix pourraient dépasser 5 000 dollars en quelques semaines. Mais personne ne prépare ce scénario. Personne.

Alors aujourd’hui, à 4 348 dollars, l’or est à la croisée des chemins. Soit il redémarre, soit il s’effondre. Et les banques centrales, elles, regardent ailleurs.

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R Galaxie Rédaction

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