Le Géant Casino de Montpellier va disparaître pour de bon, mais personne ne le pleure vraiment
En septembre 2023, le dernier Géant Casino de Montpellier fermait ses portes. Deux ans après, le site reste un désert commercial, un trou dans le paysage du centre-ville. Pourtant, en novembre 2027, dix nouvelles enseignes devraient s’y installer : Action, Cultura, mais aussi des restaurants et des services. Une métamorphose annoncée comme un progrès, mais qui cache des réalités moins reluisantes.
Le projet s’appelle Odysseum 2.0. Officiellement, c’est une modernisation. En vrai, c’est une reconversion forcée. Le groupe Casino a vendu le bail en 2022, après des années de pertes. Aujourd’hui, c’est un promoteur immobilier, Lycam, qui reprend les rênes. Le contrat ? Dix ans de loyers garantis pour les enseignes, un budget de 30 millions d’euros (selon les estimations de la mairie, non vérifiées par un audit indépendant). Assez pour attirer des noms connus, mais pas assez pour en faire un lieu incontournable.
Pourquoi si longtemps ?
Trois ans entre la fermeture et la réouverture, c’est long. Même pour un projet complexe. Surtout quand on sait que d’autres centres commerciaux se reconvertissent en six mois, voire moins. À Montpellier, les délais s’expliquent par deux choses :
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Les négociations avec les locataires ont traîné. Action et Cultura, par exemple, ont mis du temps à accepter les conditions. Pas par caprice, mais parce que les loyers proposés étaient justes, pour ne pas dire serrés. Dans un marché immobilier tendu, les enseignes ont la main. Elles savent qu’elles peuvent attendre.
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La mairie a joué les arbitres. Officiellement, elle veut dynamiser le quartier. En réalité, elle a dû composer avec les riverains, les associations de commerçants et les écologistes. Résultat : des contraintes supplémentaires (parkings limités, horaires restreints pour les livraisons), qui ont ralenti le chantier.
Mais le vrai problème, c’est que personne ne croit vraiment à ce projet. Pas les commerçants voisins, qui craignent la concurrence. Pas les investisseurs, qui voient là un pari risqué. Et surtout, pas les Montpelliérains, qui préfèrent encore aller faire leurs courses à Mosson ou en ligne.
Les enseignes qui sauvent les apparences
Action, Cultura, Decathlon… Les noms annoncés sont ceux qu’on trouve partout. Rien qui ne sorte des sentiers battus. Pourtant, c’est exactement ce qu’il fallait pour rassurer les bailleurs et les futurs locataires.
Pourquoi ces enseignes et pas d’autres ?
- Action parce que c’est un groupe qui a l’habitude des reconversions. Ils savent négocier vite et bien.
- Cultura parce que c’est un nom qui fait rêver, même si les marges sont serrées.
- Les restaurants parce que sans eux, le lieu serait mort.
Mais au final, ce ne sont pas ces enseignes qui feront la différence. C’est l’expérience client. Et là, le projet Odysseum 2.0 a un gros handicap : il arrive trop tard.
Les Montpelliérains ont déjà leurs habitudes. Ils vont à Mosson pour le shopping, chez Lidl ou Aldi pour les prix bas, et en ligne pour le reste. Un nouveau centre commercial, même bien placé, ne changera pas ça du jour au lendemain.
Le vrai coût de la reconversion
30 millions d’euros. C’est le budget annoncé pour rénover le site. Assez pour des travaux de façade, des espaces modulables, peut-être même un peu de verdissement. Mais pas assez pour en faire un lieu vrai, avec une âme.
Qui paie ?
- Les locataires, bien sûr, avec des loyers élevés (même si on ne sait pas encore exactement combien).
- La mairie, qui a dû subventionner une partie des travaux (sans que le montant soit rendu public).
- Les anciens actionnaires de Casino, qui ont vendu le bail à perte et se sont tirés sans se soucier des conséquences.
Le pire, c’est que personne ne sait si ça marchera. Pas même les promoteurs. Ils misent sur l’effet de mode des galeries marchandes