Novartis s’enfonce, Roche résiste dans la bataille des brevets pharma

Entre 2024 et 2034, 150 médicaments majeurs perdent leur protection. Novartis, déjà fragilisé par deux échecs cliniques, risque l’asphyxie. Roche, lui, mise sur la chimie. Mais personne ne sortira indemne de cette vague. Voici pourquoi.

Publié le 2 octobre 2026 à 18:10
Novartis s’enfonce, Roche résiste dans la bataille des brevets pharma

Pourquoi Novartis est le dindon de la farce

Novartis a un problème : il n’a plus de pipeline. Pas de molécules en développement avancé. Juste des trous. En 2022, le laboratoire a dépensé 14 milliards de francs en R&D. Résultat ? Deux échecs cliniques en un an. Cosentyx, son blockbuster contre le psoriasis, perdra son brevet en 2025. Entyvio, autre pilier, suit en 2028. Sans relève, Novartis va devoir se contenter des génériques. Sauf que les génériques, ça ne paie pas les salaires des chercheurs. En 2023, les génériques ont rapporté 3,5 milliards à Novartis. 3,5 milliards sur 50. C’est tout.

Et puis il y a les actionnaires. Ils veulent des dividendes. Pas des promesses. Novartis a déjà réduit ses effectifs de 10 % depuis 2020. 12 000 emplois supprimés. Mais ça ne suffit pas. Parce que quand un brevet tombe, ce n’est pas qu’une molécule qui part. C’est un écosystème entier qui s’effondre : les partenariats, les licences, les espoirs. Roche, lui, a anticipé. Il a racheté Intermune en 2016 pour 11,8 milliards de dollars. Un coup de maître. Parce qu’Intermune détenait Ofev, un traitement contre la fibrose pulmonaire. Un marché de 4 milliards par an. En 2024, le brevet d’Ofev expire. Roche a déjà préparé son coup : il a lancé une version générique… qu’il vend lui-même.

La pharma, c’est comme la guerre. Ceux qui préparent la bataille gagnent. Ceux qui attendent perdent.

Roche joue les chimistes, Novartis les pantins

Roche a une arme secrète : la chimie. Pas la biotech, pas les anticorps monoclonaux. La molécule synthétique. Pourquoi ? Parce que les génériques copient mal la chimie. Un médicament chimique, c’est comme une recette de cuisine. Un anticorps monoclonal, c’est comme un être vivant.

Prenez Herceptin, le traitement contre le cancer du sein. Brevet expiré en 2019. Résultat ? Les génériques ont inondé le marché. Sauf que Roche a sorti Kanjinti, une version légèrement modifiée. Assez pour contourner les brevets des génériques. En 2023, Kanjinti représentait 1,2 milliard de dollars de ventes.

Novartis, lui, n’a pas cette option. Ses blockbusters sont des biotech. Copier un anticorps monoclonal, c’est comme recopier l’ADN humain à la main. Ça prend du temps. Ça coûte cher. Et ça marche rarement.

Le problème ? Les régulateurs ferment les yeux. La FDA et l’EMA autorisent les génériques biologiques même quand ils ne sont pas équivalents. Parce que les lobbies poussent. Parce que les patients veulent des médicaments pas chers. Sauf que quand un générique biologique ne marche pas, personne ne le dit.

Ce que personne ne veut admettre : la pharma va devenir un casino

En 2024, 30 % des médicaments les plus vendus vont perdre leur brevet. 30 %. C’est l’équivalent de 120 milliards de dollars qui disparaissent du marché. Sauf que ce n’est pas une perte. C’est un transfert.

Qui gagne ? Les génériques. Qui perd ? Les laboratoires.

Mais attention : les génériques ne vont pas sauver Novartis. Parce que les marges s’effondrent. En 2023, le prix moyen d’un générique était de 1,50 dollar par traitement. 1,50 dollar. Pour un médicament qui coûtait 500 dollars avant. La marge ? 0,30 dollar.

Alors où est le problème ?

  1. Les laboratoires doivent investir dans la R&D. Mais avec des marges à 30 %, personne ne le fera.
  2. Les génériques inondent le marché. Résultat ? Les prix baissent encore.
  3. Les actionnaires veulent des dividendes. Donc les labos couperont dans la R&D.

C’est un cercle vicieux. Et personne ne veut en parler.

Le vrai danger : quand la pharma oublie son métier

La pharma a un problème de fond. Elle a oublié pourquoi elle existe.

Avant, les labos cherchaient des médicaments. Aujourd’hui, ils cherchent des brevets.

Prenez Pfizer. En 2023, il a dépensé 10 milliards en R&D. Résultat ? Un seul médicament approuvé. Un seul.

Pourquoi ? Parce que les essais cliniques coûtent une fortune. Parce que les régulateurs sont de plus en plus stricts. Parce que les actionnaires veulent des résultats rapides.

Alors les labos font quoi ? Ils achètent des brevets.

En 2023, Roche a racheté une startup pour 3,5 milliards. Novartis a payé 4,3 milliards pour une molécule en phase 2.

C’est du capitalisme de casino.

Vous voulez un médicament ? Trouvez un labo prêt à parier sur une molécule.

La vraie question : et si personne ne voulait plus de médicaments chers ?

Imaginez un monde où les génériques dominent.

  • Les labos ferment leurs départements R&D.
  • Les prix des médicaments s’effondrent.
  • Les patients ont accès à des traitements… mais moins innovants.

C’est déjà en train d’arriver.

En 2023, seulement 10 % des médicaments en développement étaient des innovations majeures. 10 %. Le reste ? Des copies. Des améliorations marginales. De la poudre aux yeux.

Le vrai risque ?

Que la pharma devienne un secteur sans avenir.

Pas parce qu’elle n’a plus d’idées. Mais parce qu’elle a perdu le nord.

Elle ne cherche plus à guérir. Elle cherche à survivre.

Et dans ce jeu-là, Novartis est déjà en train de couler.

Roche, lui, nage encore. Mais pour combien de temps ?

R
R Galaxie Rédaction

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