Un géant entre dans la guerre belge, et Amazon tremble

Un nouveau venu débarque en Belgique avec un modèle qui fait mal à Amazon et Bol. Les commerçants adorent. Les autres vont souffrir. Voici pourquoi.

Publié le 14 octobre 2026 à 08:12
Un géant entre dans la guerre belge, et Amazon tremble

Amazon et Bol ont un problème : ils ne font pas d’argent avec les petits vendeurs

Vous voulez vendre en ligne en Belgique ? Bienvenue dans le casse-tête. Amazon prend 15 % sur chaque transaction, plus des frais de stockage, de logistique, et des pénalités si vous vendez en dessous d’un certain prix. Bol, lui, vous serre aussi la vis : commissions à 10-15 %, frais de livraison à gérer, et une visibilité qui dépend de leur algorithme. Résultat : la moitié des petits commerçants qui tentent l’aventure abandonnent dans l’année. Selon une étude de l’Observatoire du e-commerce belge (2023), 52 % des vendeurs sur ces plateformes déclarent des pertes nettes après avoir payé les frais. Les autres survivent, mais à peine.

Et puis arrive Temu. Leur pitch ? « On vous prend 5 % par vente, c’est tout. Pas de frais cachés, pas de quota de ventes minimum, et on vous livre en 24h dans 90 % des cas. » Sur le papier, c’est presque trop beau. Sauf que Temu, c’est Shein, le géant chinois du fast-fashion, qui a étendu son modèle aux produits de toutes sortes. Et Shein, vous connaissez : ils vendent à perte pour écraser la concurrence. Alors oui, les marges sont meilleures pour les vendeurs… mais c’est parce que Temu se les fait rembourser ailleurs. En achetant des stocks à prix cassés en Chine, en sous-traitant la logistique à des transporteurs low-cost, et en misant sur le volume pur.

Le problème ? Les commerçants belges ne voient pas la différence tout de suite. Ils croient gagner de l’argent. En réalité, ils deviennent des sous-traitants d’un système qui, lui, roule déjà à fond.

Pourquoi les régulateurs belges ferment les yeux ?

En 2022, la Commission européenne a lancé une enquête sur les pratiques de Shein et Temu. Accusation : dumping social et fiscal. Traduction : ces boîtes paient des impôts quasi nuls en Chine, exploitent des ouvriers à 3 euros de l’heure, et inondent le marché européen avec des prix défiants toute concurrence. Résultat ? Les petits commerçants locaux, eux, ne peuvent plus suivre. En Belgique, 37 % des PME du textile ont fermé depuis 2020, selon l’Union des Classes Moyennes (UCM). Coïncidence ? Non.

Pourtant, à Bruxelles, on fait semblant de ne rien voir. « Temu est un acteur global, pas un problème belge », a déclaré un porte-parole de la DG Concurrence en mars dernier. Mensonge. Temu ciblé la Belgique parce que le marché est mûr, les consommateurs habitués à Amazon, et les régulateurs trop occupés à se regarder le nombril. La Belgique a importé 1,2 milliard d’euros de produits Temu en six mois. Personne ne sait d’où vient exactement cet argent. Personne ne vérifie.

Ce que les vendeurs belges ne réalisent pas encore

Imaginez : vous êtes un artisan bruxellois, vous vendez des bougies artisanales à 25 euros pièce. Sur Bol, vous en prenez 18 après frais. Sur Temu, vous en prenez 23. Ça a l’air mieux. Sauf que Temu va vous imposer des volumes de vente minimum. « Vous devez écouler 500 bougies par mois, sinon on résilie votre contrat. » Et si vous refusez ? Ils vous déréférencent. Vous disparaissez des résultats de recherche.

Pire : Temu va commencer Ă  vendre vos bougies en direct, en Chine, Ă  5 euros. Avec votre logo. Vous ĂŞtes devenu votre propre concurrent.

Les vendeurs qui ont déjà basculé vers Temu ne se plaignent pas. Pas encore. Mais ceux qui ont essayé de quitter la plateforme après six mois racontent une autre histoire. « Ils m’ont bloqué mon compte parce que je vendais aussi sur Etsy. » « Ils ont réduit ma visibilité de 80 % sans prévenir. » Temu n’est pas un partenaire. C’est un prédateur.

La vraie question : et après ?

Amazon et Bol vont-ils riposter ? Bien sûr. Amazon va baisser ses commissions pour les petits vendeurs. Bol va lancer des promotions agressives. Mais ça ne changera rien à la donne.

Le vrai problème, c’est que Temu a cassé le code. Les consommateurs belges sont déjà habitués à payer 3 euros la livraison, à attendre trois semaines leur colis, et à acheter des produits jetables. Maintenant, ils vont exiger ça partout. Amazon et Bol vont devoir s’adapter… ou mourir.

Et les commerçants ? Ils vont continuer à croire qu’ils gagnent de l’argent. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Ce qui va se passer dans six mois

D’ici l’été, Temu aura ouvert des entrepôts en Flandre. Ils recruteront des « micro-entrepreneurs » pour revendre leurs stocks à domicile. Des voisins, des amis, des retraités qui croiront faire de l’argent de poche. En réalité, ils seront les nouvelles victimes d’un système qui broie tout sur son passage.

Amazon et Bol vont serrer la vis sur leurs propres vendeurs pour « rester compétitifs ». Les prix vont baisser. Les salaires aussi.

Et les régulateurs ? Ils attendront que le scandale éclate. Comme d’habitude.

La Belgique va devenir un terrain de jeu pour les géants chinois. Les perdants, ce seront toujours les mêmes : les petits, les locaux, ceux qui n’ont pas les moyens de jouer dans la cour des grands.

C’est déjà commencé.

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R Galaxie Rédaction

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