Le gouvernement joue avec des allumettes dans un bidon d’essence
Macron a annoncé des « mesures sociales » le 25 juillet. Trois phrases, deux milliards d’euros, et surtout : zéro dialogue. Les syndicats ont grogné. Les médias ont titré « le président cède ». Personne n’a crié « victoire ». Pourquoi ? Parce que les Gilets jaunes, eux, savent très bien une chose : ces mesures, ils les ont déjà obtenues en 2018. Et puis perdues.
Le 29 juillet, ils ne viendront pas pour des miettes. Ils viendront parce qu’ils en ont marre. Marre des promesses, marre des discours, marre d’être traités comme des ploucs en costard fluo. La dernière fois qu’ils ont bloqué Paris, c’était il y a quatre ans. Entre-temps, le pouvoir a appris une chose : ils ne tirent pas sur la foule. Alors il les ignore. Jusqu’à ce que ça déborde.
Et cette fois, ce ne sera pas que les Gilets. Les agriculteurs, eux, ont déjà tout essayé. Manifestations, blocages, suicide médiatisé. Rien n’y fait. Le gouvernement a même osé leur parler de « transition écologique » en pleine crise laitière. Ça, c’est la goutte qui fait déborder le seau.
Quant aux étudiants, eux, ils n’ont même plus besoin de manifester. Ils boycottent les cours, squattent les facs, et certains brûlent des voitures devant les ministères. Leur colère n’est plus politique, elle est existentielle. Ils ont 20 ans, un avenir qui part en couilles, et des parents qui leur disent « fais comme nous ». Sauf que « comme nous », c’est la précarité, les CDD, et l’espoir qui s’effrite.
Le 29 juillet, ces trois mondes vont se croiser. Pas par hasard. Parce qu’ils ont compris la même chose : le système ne les écoute plus.
Et quand un système ne t’écoute plus, il ne reste qu’une solution : faire du bruit jusqu’à ce qu’il s’écroule.
Pourquoi les vacances scolaires changent tout
D’habitude, en juillet, la France se vide. Les villes se vident, les routes se vident, les esprits se vident. Pas cette année. Parce que cette année, les vacances scolaires tombent pile au moment où tout peut péter.
Les Gilets jaunes n’ont plus rien à perdre. Les agriculteurs non plus. Et les étudiants ? Ils n’ont jamais eu grand-chose à perdre, de toute façon.
Le gouvernement compte sur l’effet « vacances » pour calmer le jeu. « Personne ne manifestera en plein mois d’août », se disent les conseillers. Erreur. Parce que cette fois, ce ne sera pas une manif. Ce sera une guerre de position.
- Les Gilets bloqueront les axes routiers, pas les Champs-Élysées. Ils savent que la vraie France, c’est l’autoroute A6, pas la Tour Eiffel.
- Les agriculteurs couperont les livraisons de nourriture. Pas pour faire peur, mais pour montrer que le pays tient Ă un fil.
- Les étudiants, eux, occuperont les lycées et les universités. Pas pour réclamer des réformes, mais pour dire : « On en a marre de vos réformes. »
Le vrai danger, ce n’est pas la violence. C’est l’effet domino. Un blocage de plus, une usine qui ferme, une région qui s’embrase. Et soudain, la France se réveille.
Le chiffre que personne ne veut voir
Selon l’INSEE, 14,5 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Soit 22 % de la population.
Ce chiffre, personne ne le commente. Parce qu’il est trop gros. Trop laid. Trop vrai.
Les Gilets jaunes, eux, ils le savent. Ils le vivent. Et ils ne veulent plus en entendre parler.
Le 29 juillet, ils ne viendront pas pour les 2 milliards promis. Ils viendront pour les 200 milliards qui manquent.
Les agriculteurs, eux, ils calculent. Le prix du lait est à 28 centimes le litre. Moins que le coût de production. Alors ils bloquent. Parce qu’ils n’ont plus le choix.
Les étudiants, enfin, ils ont compris une chose : leur diplôme ne vaut plus rien. Le chômage des jeunes est à 18,5 % (source : Eurostat, 2023). Et les CDD à 90 % des embauches. Alors ils crèvent.
Ces trois mouvements n’ont plus rien à perdre.
Et quand des gens n’ont plus rien à perdre, ils deviennent dangereux.
Ce que le gouvernement refuse de voir
Emmanuel Macron a un problème. Il ne croit pas à la colère des autres.
Pour lui, les Gilets jaunes, c’est « des gens qui veulent rouler en 4x4 ». Les agriculteurs, « des réactionnaires ». Les étudiants, « des écolos de gauche ».
Il se trompe.
Ces trois groupes n’ont aucun point commun si ce n’est la rage. Une rage qui monte, qui gronde, et qui va exploser.
Le gouvernement mise sur deux choses :
- La division. « Les Gilets contre les écolos, les agriculteurs contre les urbains ». Sauf que cette fois, ils sont ensemble.
- L’éparpillement. « Ils manifesteront un peu partout, mais sans coordination ». Sauf que cette fois, ils ont les réseaux sociaux. Et les réseaux sociaux, ça organise. Ça mobilise. Ça fait peur.
Le vrai risque, ce n’est pas une manif géante. C’est une série de petits incendies. Une usine qui brûle ici, un lycée occupé là , une route bloquée plus loin. Et soudain, la France ne fonctionne plus.
Ce qui va vraiment se passer le 29 juillet
Personne ne sait exactement comment ça va démarrer. Mais une chose est sûre : ça va mal finir.
- Les Gilets jaunes ne viendront pas pour des promesses. Ils viendront pour casser.
- Les agriculteurs ne viendront pas pour négocier. Ils viendront pour montrer que le pays est à genoux.
- Les étudiants ne viendront pas pour discuter. Ils viendront pour brûler.
Le gouvernement a deux options :
- La répression. Sauf que ça, ça a déjà été essayé. Et ça a encore plus enragé les gens.
- Le dialogue. Sauf que pour dialoguer, il faut écouter. Et le pouvoir, il n’écoute plus depuis longtemps.
Alors quoi ?
Rien. Rien ne va changer.
Sauf que cette fois, les gens en ont marre d’attendre.
Et quand les gens en ont marre d’attendre, ils passent à l’acte.
La dernière question qui tue
Le 29 juillet, la France va-t-elle s’embraser ?
Non. Pas tout de suite.
Mais elle va trembler.
Et après ? Après, il sera trop tard.
Parce que quand un pays tremble, il ne se relève pas comme avant.
Il change. Pour toujours.