La Malbaie teste un appareil qui pourrait réduire les erreurs d'asthme

L'hôpital de La Malbaie vient d'ajouter un appareil FeNO à son arsenal médical, financé par sa fondation. Un outil qui pourrait changer la donne pour les diagnostics d'asthme, mais pas sans limites. On fait le point sur ce qui change, ce qui reste flou, et pourquoi ça ne suffira pas à tout régler.

Publié le 15 octobre 2026 à 12:19
La Malbaie teste un appareil qui pourrait réduire les erreurs d'asthme

Un appareil qui mesure l’invisible

Le FeNO, c’est un petit boîtier qui analyse l’oxyde nitrique dans l’air expiré. Un marqueur de l’inflammation des voies respiratoires, souvent lié à l’asthme. « Avant, on se basait sur des symptômes, des tests de fonction pulmonaire, des hypothèses », explique le Dr Gagnon. « Maintenant, on a un chiffre. 50 ppb, c’est normal. Au-dessus de 50, ça commence à être suspect. »

Sauf que. Les chiffres, ça se discute. Une étude de l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine (2018) montre que le FeNO seul ne suffit pas à poser un diagnostic. « C’est un outil complémentaire, pas une baguette magique », précise une pneumologue de Montréal qui refuse de citer son nom. « Si un patient a un FeNO élevé mais pas de symptômes, est-ce de l’asthme ? Un reflux ? Une allergie ? On ne sait pas toujours. »

Pourtant, la Fondation Hôpital de La Malbaie a déboursé 12 000 $ pour cet appareil, sans compter la formation du personnel. « On ne va pas se mentir, c’est un investissement qui vise aussi à attirer des patients », reconnaît une responsable administrative sous couvert d’anonymat. « Les gens entendent ‘diagnostic plus précis’, et ça fait vendre. »

Mais est-ce que ça change vraiment les choses pour les patients ?

Pas forcément. « Un diagnostic d’asthme, ça se fait encore souvent à l’instinct », lance une infirmière en pneumologie qui travaille depuis 20 ans dans la région. « Un médecin voit un patient qui tousse, il a un antécédent d’allergie, il prescrit un inhalateur. Point. Le FeNO, ça peut confirmer, mais ça ne remplace pas l’expérience. »

Et puis, il y a le piège des faux négatifs. « Un patient peut avoir un FeNO normal mais souffrir d’asthme », rappelle une étude de l’European Respiratory Journal. « À l’inverse, un FeNO élevé peut correspondre à une bronchite chronique, pas à de l’asthme. » Donc oui, l’appareil aide. Non, il ne suffit pas.

Le vrai problème, c’est l’usage

Le FeNO est déjà utilisé dans plusieurs hôpitaux québécois, dont ceux de Québec et de Montréal. « Le problème, c’est que beaucoup de médecins ne l’utilisent pas comme ils devraient », dénonce une biologiste médicale qui a formé des dizaines de cliniciens. « Ils voient un chiffre, ils concluent. Sans prendre le temps d’écouter le patient. »

À La Malbaie, on assure que la formation sera rigoureuse. « On ne va pas se contenter de brancher l’appareil et dire ‘voilà’ », promet le Dr Gagnon. « Mais est-ce que tout le monde va s’y conformer ? » Il hausse les épaules. « Comme pour tout. »

Ce que ça change pour vous

Si vous avez des symptômes d’asthme et que vous consultez à La Malbaie, vous avez maintenant une chance de plus que votre diagnostic soit juste. « Mais attention : un FeNO normal ne signifie pas que vous n’avez pas d’asthme », insiste le pneumologue. « Et un FeNO élevé ne signifie pas que vous en avez forcément. »

Alors oui, c’est un progrès. Mais pas une révolution. « La médecine, ce n’est pas une science exacte », rappelle l’infirmière. « Même avec des machines, on reste des humains. »

Et après ?

La fondation a-t-elle prévu d’autres investissements dans des outils de diagnostic ? « Pas pour l’instant », répond-on évasivement. « On évalue les besoins au cas par cas. »

Le FeNO est un début. Mais si les médecins ne l’utilisent pas correctement, il ne servira à rien. « Le vrai défi, ce n’est pas la technologie, c’est la formation et la discipline », conclut le Dr Gagnon. « Et ça, ça ne coûte pas cher. »

La dernière question

Est-ce que cet appareil va réduire le nombre de diagnostics erronés ? Peut-être. Est-ce que ça va sauver des vies ? « Pas tout seul », répond une pneumologue sans hésiter. « Mais c’est un pas. »

Le reste, ça dépend de ceux qui s’en servent.

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R Galaxie Rédaction

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