Les aéroports marocains habillent leurs employés en bleu et blanc, mais ça cache une vraie bataille

L’ONDA change les tenues de ses équipes d’accueil, mais derrière le bleu et le blanc d’Airports of Morocco se joue une guerre silencieuse : celle des effectifs, des procédures et de l’image d’un pays qui mise sur son hub aérien. On vous explique pourquoi cette nouvelle tenue n’est pas qu’un détail vestimentaire.

Publié le 10 septembre 2026 à 18:02
Les aéroports marocains habillent leurs employés en bleu et blanc, mais ça cache une vraie bataille

Pourquoi l’ONDA a attendu 2026 pour changer les tenues ?

Pas par hasard. Le Maroc mise gros sur son secteur aérien. En 2023, les aéroports du pays ont accueilli 24 millions de passagers (source : ONDA), un chiffre en hausse constante. Mais derrière les chiffres, il y a un problème : la saturation. À Casablanca, les files d’attente aux contrôles de sécurité peuvent dépasser l’heure en haute saison. À Marrakech, les retards s’accumulent quand les vols low-cost explosent. Et l’ONDA, qui gère tout ça, a un choix : soit elle améliore vraiment l’expérience client, soit elle la simule.

La nouvelle tenue, c’est un peu de la simulation. Un coup de peinture sur un mur qui s’écaille. Les équipes d’accueil, désormais en bleu et blanc, arborent un logo plus visible, des badges plus pro, des sourires plus stratégiques. Mais est-ce que ça change quelque chose sur le terrain ? Pas vraiment. Sauf si vous croyez que des couleurs vont faire disparaître les retards ou les files d’attente.

Le vrai changement, c’est ailleurs.

Les effectifs, ce sujet que l’ONDA évite de mentionner

L’ONDA parle de « renforcement des effectifs ». En vrai, elle parle de 300 postes supplémentaires d’ici 2027, selon un document interne consulté par des sources proches du dossier. Mais 300 sur combien ? Les aéroports marocains emploient déjà plus de 12 000 personnes (chiffre ONDA 2023). 300 de plus, c’est une goutte d’eau dans un océan de passagers. Surtout quand on sait que, à l’aéroport de Rabat-Salé, les agents sont déjà en sous-effectif en période de pointe.

Alors oui, on embauche. Mais pas assez. Et surtout, pas là où ça compte. Les nouveaux postes créés sont souvent des CDD, des contrats précaires, des emplois saisonniers. Résultat ? Des équipes surbookées, du turnover, et une qualité d’accueil qui dépend trop du bon vouloir des managers locaux.

La tenue, c’est le visible. La précarité, c’est l’invisible.

Les procédures, ce deuxième front oublié

Changer les tenues, c’est bien. Mais si les procédures restent les mêmes, à quoi bon ? Prenez l’exemple des contrôles de sécurité. À Casablanca, les scanners sont souvent en panne. Les agents, sous pression, font passer les passagers plus vite, même si ça signifie des fouilles moins approfondies. La nouvelle tenue ne changera pas ça.

Pourtant, l’ONDA annonce une « révision des procédures ». Traduction : on va peut-être optimiser les flux, peut-être automatiser certains postes, peut-être former un peu mieux les agents. Mais rien de révolutionnaire. Rien qui ne bouge vraiment la donne.

Le problème, c’est que le Maroc joue à deux vitesses.

D’un côté, il y a les grands discours : « Aéroports 2030 », « hub africain », « excellence opérationnelle ». De l’autre, il y a la réalité : des aéroports qui craquent, des employés épuisés, et une image qui commence à se fissurer.

Ce que cette tenue révèle sur la stratégie marocaine

Le bleu et le blanc, c’est une couleur. Une marque. Une façon de dire : « Regardez-nous, nous sommes modernes, nous sommes pro, nous sommes Airports of Morocco. » Mais derrière, il y a une question qui dérange : le Maroc est-il prêt à payer le prix de son ambition ?

Parce qu’un hub aérien, ça ne se décrète pas. Ça se construit. Avec des investissements massifs, des infrastructures à la hauteur, et des employés qui ne sont pas juste des figurants en uniforme.

L’ONDA a choisi de montrer son visage bleu et blanc. Mais ce qu’elle ne montre pas, c’est le reste. Et ça, c’est le vrai défi.

La conclusion ?

Les tenues changeront. Les discours aussi. Mais si rien ne bouge sur les effectifs et les procédures, le Maroc risque de rester coincé entre deux mondes : celui des promesses, et celui de la réalité.

Et dans un aéroport, la réalité, c’est ce que vivent les passagers. Pas les couleurs d’un uniforme.

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R Galaxie Rédaction

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