Les 300 milliards de RePowerEU ont disparu dans le brouillard, et Bruxelles ne veut pas en parler

La Cour des comptes européenne vient de sonner l’alarme : le plan pharaonique de 300 milliards pour remplacer le gaz russe est un échec. Pourquoi personne ne veut en assumer la responsabilité ? Et surtout, que se passe-t-il quand les États membres ferment les yeux sur leurs propres promesses ?

Publié le 10 septembre 2026 à 20:03
Les 300 milliards de RePowerEU ont disparu dans le brouillard, et Bruxelles ne veut pas en parler

Le jour où l’Europe a perdu 300 milliards sans rien gagner en retour

En 2022, quand l’Europe a lancé RePowerEU avec 300 milliards d’euros pour se libérer du gaz russe, tout le monde a applaudi. Les chefs d’État, les commissaires, les lobbies des énergies vertes… Même les médias ont cru à la bonne nouvelle. Sauf que trois ans plus tard, la Cour des comptes européenne vient de publier son rapport. Et devinez quoi : une bonne partie de cet argent a été dépensée en vaines promesses, en projets fantômes, ou pire, en rien du tout.

300 milliards. C’est le montant affiché. Mais personne ne sait vraiment où ils sont passés. Pas même Bruxelles. Pas même les États membres qui ont signé le chèque. Juste des promesses, des rapports interminables, et des chiffres qui ne collent pas. La Cour des comptes, elle, a fait le ménage. Et son verdict est sans appel : « L’efficacité du plan est limitée. » Traduction : on a gaspillé des centaines de milliards sans rien changer à la dépendance européenne au gaz russe.

Pourtant, tout le monde savait dès le départ que c’était un pari risqué. Les délais étaient serrés, les technologies pas assez matures, et les États membres trop occupés à se disputer pour avancer. Mais personne n’a sonné l’alerte. Pas même quand les prix du gaz ont explosé, ni quand les centrales à charbon ont redémarré en catastrophe. Personne, sauf aujourd’hui, quand la Cour des comptes sort son rapport et que les médias s’emparent de l’histoire.

Pourquoi personne n’a réagi plus tôt ? Parce que personne ne voulait assumer l’échec. Les États membres ont préféré jouer les sourds, les commissaires européens ont continué à vanter les mérites du plan, et les lobbies ont gardé le silence. Résultat : on en est toujours au même point. L’Europe importe encore du gaz russe, même si c’est moins qu’avant. Et les 300 milliards ? Ils ont servi à financer des éoliennes qui ne tournent pas assez, des barrages qui ne produisent pas assez, et des usines à hydrogène qui ne verront jamais le jour.

L’Allemagne, ce pays qui mentait à tout le monde

Prenez l’Allemagne. Le pays qui avait juré de sortir du charbon et du gaz russe en un temps record. En 2022, Angela Merkel et Olaf Scholz parlaient de transition énergétique comme d’une évidence. Aujourd’hui ? L’Allemagne a rouvert ses centrales à charbon, elle importe encore du gaz russe via la Biélorussie, et elle continue de dépendre du nucléaire français. 30 milliards d’euros ont été promis pour accélérer la transition. Où sont-ils passés ? Personne ne sait.

La Cour des comptes européenne a pointé du doigt les retards dans les appels d’offres, les procédures administratives interminables, et surtout, le manque de coordination entre les États membres. Chaque pays a fait ce qu’il voulait, sans se soucier des autres. Résultat : des projets qui ne servent à rien, des milliards engloutis dans des études inutiles, et une Europe qui reste aussi dépendante qu’avant.

Et les énergies renouvelables dans tout ça ? On nous a vendu du rêve : « Avec RePowerEU, l’Europe sera indépendante d’ici 2027 ! » Sauf que les éoliennes ne produisent pas assez, les panneaux solaires mettent trop de temps à être installés, et les barrages hydroélectriques sont bloqués par des procédures administratives. En 2023, seulement 10% des objectifs de RePowerEU ont été atteints. Le reste ? Du vent.

Le vrai problème : personne ne veut assumer

Le plus drôle, c’est que tout le monde savait que ça ne marcherait pas. Dès 2022, des experts avertissaient que les délais étaient irréalistes, que les technologies n’étaient pas assez avancées, et que les États membres n’avaient aucune envie de se serrer la ceinture. Pourtant, personne n’a voulu écouter. Pourquoi ? Parce que personne ne voulait être celui qui dirait « ça ne marchera pas ».

Aujourd’hui, la Cour des comptes a enfin osé le dire. Mais est-ce que ça changera quelque chose ? Probablement pas. Les États membres vont continuer à se renier, Bruxelles va continuer à promettre, et les lobbies vont continuer à toucher leur commission. 300 milliards. Une somme astronomique. Et pour quoi ? Pour rien.

Ce que personne ne vous dit sur l’hydrogène vert

Il y a un détail qui saute aux yeux dans le rapport de la Cour des comptes : l’hydrogène vert. Tout le monde en parle comme de la solution miracle. Sauf que sur les 80 milliards d’euros prévus pour développer cette technologie, seulement 5% ont été débloqués. Pourquoi ? Parce que personne ne sait vraiment comment produire de l’hydrogène à grande échelle sans dépenser une fortune.

Les usines promises en Allemagne, en Espagne, en France… Elles ne verront jamais le jour. Les coûts sont trop élevés, les technologies pas assez matures, et les États membres ne veulent pas mettre la main au portefeuille. Résultat : on en reste aux promesses.

Et puis il y a le petit détail qui fait mal : la Chine. Pendant que l’Europe tergiverse, la Chine a déjà construit des centaines de gigawatts de capacités solaires et éoliennes. Elle domine le marché des batteries, elle contrôle 80% de la production mondiale de panneaux solaires, et elle est en train de devenir le leader de l’hydrogène vert. Pendant ce temps, l’Europe se regarde le nombril.

Et maintenant, on fait quoi ?

La question qui tue, c’est : est-ce que RePowerEU est mort ? Officiellement, non. Officieusement, oui. Parce que personne ne croit plus aux délais, personne ne croit plus aux chiffres, et personne ne croit plus aux promesses.

La Cour des comptes propose des solutions : plus de coordination entre les États, des appels d’offres plus rapides, des investissements ciblés. Mais est-ce que ça servira à quelque chose ? Probablement pas. Parce que le vrai problème, c’est politique. Les États membres ne veulent pas se serrer la ceinture, Bruxelles ne veut pas imposer de règles strictes, et les lobbies ne veulent pas perdre leurs privilèges.

300 milliards. Une somme qui aurait pu changer la donne. Une somme qui aurait pu faire de l’Europe un leader mondial des énergies propres. Une somme qui a servi à… rien.

Alors oui, la Cour des comptes a raison de sonner l’alarme. Mais est-ce que ça suffira ? Non. Parce que l’Europe, elle, a déjà tourné la page.

Et c’est ça, le vrai scandale.

R
R Galaxie Rédaction

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