La France paie cher la désertion industrielle malgré un pétrole stable et un plein à 2 euros

Les prix à la pompe explosent, mais le baril reste sage. La raison ? Les raffineries ferment, et la France importe du carburant déjà taxé et surcoté. Résultat : vous réglez l’addition d’une décision politique prise il y a 20 ans. Voici pourquoi personne ne vous le dit clairement.

Publié le 10 septembre 2026 à 06:06
La France paie cher la désertion industrielle malgré un pétrole stable et un plein à 2 euros

Le jour où TotalEnergies a décidé de vous faire payer sa retraite anticipée

Vous avez remarqué ? Le prix du SP95 frôle les 2 euros le litre, alors que le baril de Brent, lui, traîne autour de 80 dollars depuis des mois. Logique ? Pas du tout. Sauf si vous savez que la France a perdu la moitié de ses capacités de raffinage en 20 ans. Et que ce qui reste coûte une fortune à faire tourner.

Prenez la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher, près du Havre. Fermeture annoncée en 2023 par TotalEnergies. Pourquoi ? Parce que raffiner du pétrole brut en France, c’est comme essayer de cuisiner avec un couteau rouillé : ça prend trop de temps, ça coûte trop cher, et à la fin, vous avez une soupe tiède. Sauf que la soupe, c’est votre essence. Et vous, vous payez l’addition.

Le chiffre qui claque : selon l’Union française des industries pétrolières (UFIP), la France a perdu 12 millions de tonnes de capacité de raffinage depuis 2000. Autant dire qu’on a délocalisé notre propre cuisine pétrolière vers la Malaisie, Singapour ou le Moyen-Orient. Résultat ? On importe du carburant déjà raffiné, déjà taxé ailleurs, et déjà surcoté parce que les transporteurs en profitent pour ajouter leur marge. Vous vous dites : « Mais pourquoi on ne raffine plus chez nous ? »

Parce que les raffineries, c’est comme les usines : ça se ferme quand c’est moins cher de faire venir le produit fini. Sauf que pour l’essence, c’est pire. Vous importiez du brut, vous le raffinez, vous ajoutez votre TIPP (la taxe française), et hop, vous vendez. Aujourd’hui ? Vous achetez de l’essence déjà taxée à l’étranger, vous ajoutez encore votre TIPP dessus. Double peine.

Et cerise sur le gâteau : les raffineries qui restent tournent à moitié. Celle de Donges, en Bretagne, fonctionne à 60% de sa capacité. Pourquoi ? Parce que le marché est saturé d’essence importée. Vous payez pour des unités sous-utilisées, comme si vous régliez l’abonnement d’une salle de sport que personne n’utilise.

Le piège des « coûts logistiques »

Les lobbies du pétrole adorent sortir ce terme. « Les prix montent à cause des coûts de transport ! » Sauf que quand vous achetez de l’essence raffinée à Singapour, le transport, c’est déjà inclus dans le prix. Vous ne payez pas en plus pour le bateau. Vous payez le prix du marché singapourien, qui est lui-même gonflé par des taxes locales, des marges de distributeurs asiatiques, et une demande mondiale qui fait monter les prix. Bref, vous payez pour un système où la France a décidé de ne plus jouer le jeu.

Et puis il y a l’effet domino. Moins de raffinage en France = moins de demande en brut local = les compagnies pétrolières achètent leur brut ailleurs, souvent à des prix différents, avec des contrats opaques. Vous, vous en subissez les conséquences : des prix qui décollent alors que le baril, lui, fait du surplace.

Pourquoi personne ne vous explique que c’est une arnaque institutionnelle ?

Parce que c’est compliqué. Parce que les politiques préfèrent parler de « transition énergétique » plutôt que d’avouer qu’on a sabordé notre industrie. Parce que les médias adorent les graphiques « prix du baril vs prix à la pompe » sans jamais creuser : « Ah, vous voyez, c’est normal ! »

Mais non, ce n’est pas normal. La France a choisi de délocaliser sa raffinerie. Pas par hasard, pas par malchance, mais parce que pendant des années, les gouvernements ont préféré fermer des usines plutôt que de les moderniser. Résultat ? Aujourd’hui, vous payez le prix de cette décision.

Prenez l’exemple de la raffinerie de Feyzin, près de Lyon. Fermée en 2018. Pourquoi ? Parce que TotalEnergies a trouvé plus rentable d’acheter de l’essence en Turquie ou aux Émirats. Sauf que la Turquie, c’est à 3 000 km. Les Émirats, c’est encore plus loin. Et entre-temps, vous, vous mettez 20 centimes de plus par litre dans votre réservoir pour payer le transport.

Le rapport secret de la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat)

En 2021, un document interne de la DGEC (que Le Monde avait obtenu) révélait que la fermeture des raffineries françaises avait fait bondir les prix de 5 à 10 centimes par litre. Officieusement, les experts parlent plutôt de 15 à 25 centimes, selon des sources proches du secteur. Personne n’ose le dire ouvertement, parce que ça reviendrait à avouer que la politique énergétique française est un échec.

Et puis il y a l’argument écran : « Mais c’est pour la transition ! » Sauf que la transition, ça prend du temps. Et en attendant, vous, vous trinquez. Pendant ce temps, l’Allemagne, qui a gardé ses raffineries, voit ses prix moins volatils que les nôtres. Coïncidence ? Non. Choix politique.

Ce que les lobbies ne veulent pas que vous sachiez sur les « surcoûts »

Quand vous entendez « les prix montent à cause des taxes », c’est à moitié vrai. Oui, la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) pèse. Mais ce que personne ne vous dit, c’est que vous payez aussi les taxes des autres pays. Exemple : l’essence importée des Pays-Bas est taxée à 60 centimes d’euro le litre là-bas. Quand elle arrive en France, on ajoute encore notre TIPP. Résultat ? Vous payez deux fois pour la même taxe.

Et puis il y a les marges des traders. Quand TotalEnergies ou Shell achètent du brut à 80 dollars le baril, elles ne le raffinent pas toutes. Une partie est revendue en l’état, avec une marge déjà prise. Une autre est raffinée à l’étranger, avec des taxes locales, puis revendue en France. À chaque étape, quelqu’un met sa patte. Vous, vous êtes le dernier maillon de la chaîne.

Le cas de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne)

Fermeture annoncée en 2024. Pourquoi ? Parce que raffiner du brut lourd (comme celui du Moyen-Orient) en France, c’est cher. Trop cher. Alors on préfère l’envoyer en Asie, où les usines tournent à plein régime. Sauf que l’Asie, c’est loin. Très loin. Et les bateaux qui rapportent l’essence ? Ils coûtent cher. Très cher.

Selon une étude de l’ADEME (Agence de la transition écologique), les coûts logistiques représentent aujourd’hui 10 à 15% du prix final de l’essence en France. Vous payez pour des camions, des bateaux, des entrepôts, des assurances… tout un cirque parce qu’on a fermé nos usines.

La France, championne de l’auto-sabotage énergétique

Vous vous dites peut-être : « Bon, d’accord, mais qu’est-ce qu’on peut faire ? » Rien, à court terme. Parce que rouvrir une raffinerie, ça prend des années. Parce que les politiques préfèrent parler de « mix énergétique » plutôt que d’avouer qu’on a tout foiré.

Mais il y a une chose que vous pouvez faire, vous : exiger des comptes. Pourquoi la France n’a pas modernisé ses raffineries ? Pourquoi a-t-elle laissé TotalEnergies fermer des sites alors qu’ils employaient des milliers de personnes ? Pourquoi personne ne parle des 20 milliards d’euros que l’État a injectés dans la transition énergétique sans jamais se demander où était passé l’argent pour sauver le raffinage ?

Le rapport de la Cour des comptes de 2022 le confirme : les fermetures de raffineries ont coûté 5 à 8 milliards d’euros en pertes de recettes fiscales. Vous, vous payez cette note. Tous les jours.

Le vrai scandale : on vous ment sur le « marché libre »

Les lobbies du pétrole adorent répéter : « Le prix dépend du marché mondial. » Sauf que quand le marché mondial est inondé d’essence bon marché parce qu’on a fermé nos usines, vous, vous payez le prix fort. Parce que moins il y a d’offre locale, plus les importateurs peuvent faire monter les prix.

C’est comme si vous aviez un supermarché en face de chez vous, mais que le patron décide de tout importer de Chine. Résultat ? Les prix explosent, et vous, vous devez prendre le train pour aller acheter chez le voisin. Sauf que le voisin, c’est Singapour. Et le train, il coûte cher.

La solution ?

Il n’y en a pas, à moins d’un changement radical. Ou alors, vous attendez que les raffineries ferment toutes, et que vous deviez aller faire le plein au Danemark. Parce que oui, c’est ça, l’avenir : importer votre essence de pays qui n’ont pas les mêmes contraintes écologiques que nous. Sauf que là, vous paierez encore plus cher, parce qu’ils ajouteront leur taxe carbone.

Le dernier mot : vous êtes le pigeon d’un système qui a choisi de vous saigner

La prochaine fois que vous ferez le plein et que la pompe affichera 1,99 euro le litre alors que le baril est à 80 dollars, souvenez-vous de ça : vous payez pour une décision politique prise il y a 20 ans. Vous payez pour des raffineries fermées. Vous payez pour des lobbies qui préfèrent vous faire croire que c’est « normal ».

Et le pire ? Personne ne va vous rendre cet argent.

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R Galaxie Rédaction

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