75 000 CDI en moins, les usines françaises virent les jeunes
Un rapport de la Banque de France et HEC tombe comme un couperet : en 2025, 75 000 contrats en CDI ont disparu pour les moins de 25 ans. Pas une crise, pas une réforme, mais l’IA générative qui a décidé que les jeunes n’étaient plus assez utiles. Les entreprises préfèrent automatiser les tâches basiques, saisie, tri, première ligne de support, plutôt que d’embaucher des débutants. Résultat ? Un marché du travail qui se transforme en piège à rats.
L’IA ne remplace pas, elle évite
On nous vend l’IA comme une révolution. En réalité, c’est une machine à éliminer des postes. Pas les cadres, pas les experts, mais les jeunes, les précaires, ceux qui n’ont pas de réseau. Une étude de l’INSEE en 2024 montrait déjà que 42 % des PME françaises utilisaient des outils d’IA pour réduire leurs coûts de main-d’œuvre. Aujourd’hui, c’est officiel : les CDI pour les jeunes chutent.
Prenez Renault. L’usine de Sandouville, en Seine-Maritime, a supprimé 300 postes en 2023 grâce à des robots de logistique. Les jeunes en CDI ? Remplacés par des algorithmes. Même chose chez Decathlon, où les entrepôts automatisés ont fait disparaître des centaines de postes de préparateurs de commandes, souvent occupés par des jeunes en début de carrière.
Pourtant, personne ne crie au scandale. Les syndicats se taisent, les politiques parlent d’autre chose, et les DRH justifient : « L’IA, c’est plus efficace. » Efficace pour qui ? Pas pour les jeunes qui se retrouvent sans débouchés.
Le piège des stages et des CDD
Les entreprises ne virent pas seulement les CDI. Elles transforment les embauches en stages et en CDD. Un jeune sur trois en France signe aujourd’hui un contrat de moins de six mois, contre un sur cinq il y a cinq ans. L’IA ne crée pas d’emplois, elle les précarise.
Pire : les stages, censés être des tremplins, deviennent des pièges à diplômés. Une enquête de l’APEC en 2025 révélait que 68 % des stages en IA dans les grandes entreprises se terminaient par un refus d’embauche. « On a besoin de vos compétences, mais pas de vous », résume un ancien stagiaire de Capgemini.
Le problème ? Les jeunes n’ont plus les moyens de refuser. Avec un chômage record chez les moins de 30 ans (18,5 % en 2026), ils prennent ce qu’on leur donne. Même si c’est un CDD de trois mois.
L’État regarde ailleurs
Le gouvernement parle d’« écologie industrielle », de « transition numérique », mais personne ne mentionne l’exode des jeunes. Pourtant, les chiffres sont là : , 12 % d’embauches en CDI pour les moins de 25 ans depuis 2022. La Banque de France elle-même admet que « l’IA générative a un impact direct sur l’emploi des jeunes », mais sans proposer de solution.
Pourquoi ? Parce que l’IA arrange tout le monde. Les actionnaires voient leurs coûts baisser, les DRH évitent les conflits sociaux, et l’État peut se targuer d’innovation sans toucher aux vrais problèmes. Les jeunes, eux, paient la facture.
Ce qui se passe quand on supprime les postes d’entrée
Sans CDI, pas de carrière. Sans carrière, pas de retraite. L’IA ne se contente pas de remplacer des emplois, elle détruit des parcours.
Prenez Bpifrance, qui finance pourtant les PME. Leur dernier rapport souligne que les jeunes diplômés en informatique (un secteur où l’IA devrait créer des emplois) sont de plus en plus rejetés par les entreprises. « On a des profils surqualifiés pour des postes qu’on a supprimés », explique un responsable RH sous couvert d’anonymat.
Le résultat ? Une génération sacrifiée. Ceux qui arrivent sur le marché du travail aujourd’hui savent qu’ils auront du mal à trouver un CDI. Ceux qui en ont un le perdent au premier signe de crise. Et ceux qui résistent se font remplacer par une machine.
Et après ?
La France s’enfonce dans un modèle où l’emploi stable devient un privilège. L’IA ne crée pas de richesse, elle la concentre. Les actionnaires gagnent, les cadres aussi. Les jeunes, non.
La question n’est plus « Comment former aux nouvelles technologies ? », mais « Comment survivre dans un marché où les portes se ferment ? »
Pas de conclusion pompeuse. Juste un constat : l’IA ne sauvera personne. Sauf ceux qui la possèdent.