Le jour où la route devient un piège
C’était un mercredi après-midi, sur l’autoroute 401 près de Toronto. Le Santa Fe de 2021 du client roulait normalement, jusqu’à ce que le moteur s’embrase. Les flammes ont léché le capot, puis le toit. Les pompiers ont mis 45 minutes à maîtriser l’incendie. Le véhicule ? Un modèle Hyundai récent, acheté neuf trois mois plus tôt. Le concessionnaire ? Un réseau agréé par la marque. Le problème ? Personne ne sait encore pourquoi ça a pris feu.
Et pourtant, ce n’est pas le premier cas. Depuis 2020, Hyundai a rappelé plus de 1,2 million de véhicules aux États-Unis et au Canada pour des risques d’incendie liés à des câbles défectueux ou des fuites d’essence. Des rapports internes de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) mentionnent des 57 signalements d’incendies sur des modèles récents, dont le Santa Fe. Pas assez pour une alerte publique, selon les régulateurs. Assez pour que des propriétaires se sentent trahis.
Le silence qui précède l’explosion
Le concessionnaire avait-il prévenu ? Le client jure que non. « On m’a dit que tout était en ordre, que le véhicule était révisé », raconte-t-il, encore sous le choc. Trois mois plus tard, Hyundai n’a toujours pas répondu à ses demandes de compensation. Pas de rappel pour son modèle. Pas d’explication sur l’origine du feu. Juste un formulaire de réclamation à remplir en ligne, comme si c’était une simple panne de climatiseur.
Pourtant, les données de la NHTSA montrent que les incendies de moteur sur autoroute sont trois fois plus fréquents sur les véhicules Hyundai et Kia depuis 2019. Les constructeurs coréens misent sur des économies de coûts : câblages moins chers, plastiques légers, systèmes électriques simplifiés. Résultat ? Des risques accrus. « Ils rognent sur la qualité pour vendre plus cher », confirme un mécanicien indépendant de Mississauga, qui refuse de travailler sur ces modèles sans diagnostic approfondi.
L’autoroute, terrain de jeu des constructeurs
Le pire ? Les autoroutes sont le pire endroit pour qu’un incendie se déclare. À 120 km/h, une voiture en feu devient une bombe roulante. En 2022, un rapport de la Canadian Motor Vehicle Safety Authority (CMVSA) a souligné que 42 % des incendies sur autoroute étaient liés à des défauts de fabrication non déclarés. Hyundai et Kia, leaders des ventes au Canada, sont les plus cités.
Pourtant, les rappels sont rares. Pourquoi ? Parce que les tests en laboratoire ne reproduisent pas les conditions réelles. Parce que les concessionnaires ont intérêt à minimiser les risques. Parce que les régulateurs attendent au moins 10 signalements graves avant d’agir. Dix. Dix véhicules brûlés. Dix familles traumatisées.
Ce que Hyundai ne veut pas que vous sachiez
Le constructeur coréen a dépensé plus de 300 millions de dollars en amendes et compensations depuis 2020 pour des problèmes similaires. Mais les rappels ? Ils ciblent surtout les modèles anciens. Les véhicules récents ? Ceux qui rapportent le plus. Ceux qui explosent le plus, aussi.
Prenez le cas de ce couple de Vancouver dont le Tucson 2023 a pris feu sur la TransCanada en octobre dernier. Le concessionnaire avait remplacé le câblage électrique… avec des pièces non conformes. Hyundai a proposé un remboursement partiel. Pas un mot sur les pièces défectueuses.
Votre voiture est-elle un risque ?
Si vous roulez en Hyundai, Kia ou Genesis depuis 2019, vérifiez ces points maintenant :
- Le câblage sous le capot (recherchez des traces de brûlure ou de corrosion).
- Le niveau d’huile moteur (une fuite peut provoquer une surchauffe).
- Les rappels non appliqués (consultez le site de la Transport Canada ou de la NHTSA).
Parce que le pire, ce n’est pas l’explosion. C’est de réaliser, trop tard, que vous auriez dû poser des questions.
Le vrai problème ? Personne ne vous les pose.
Les concessionnaires sont formés pour vendre, pas pour avertir. Les assureurs minimisent les risques. Les régulateurs attendent les morts avant d’agir. Et vous ? Vous êtes censé faire confiance.
Mais quand votre voiture devient une arme à retardement, la confiance ne paie plus les factures.
La prochaine fois, ce pourrait être la vôtre.