2024 marquera le début des milliards perdus à cause des poissons

Ottawa impose des règles draconiennes pour sauver les poissons. Résultat : Hydro-Québec et les barragistes du Québec vont payer la note, en milliards. Mais personne ne parle vraiment des vrais perdants.

Publié le 15 octobre 2026 à 22:01
2024 marquera le début des milliards perdus à cause des poissons

Le gouvernement fédéral force la main sur les barrages, sans plan B

Hydro-Québec a reçu l’ordre : vos barrages tuent trop de poissons. 1,5 milliard de dollars, c’est le montant évoqué par des sources internes pour les premières mesures d’urgence. Pas une estimation, un ordre de grandeur. Et ça, c’est juste pour commencer. Le ministère fédéral des Pêches a sorti ses nouvelles règles en 2023, mais c’est cette année que les barragistes doivent s’exécuter. Problème : personne n’a calculé combien ça coûterait vraiment. Personne n’a non plus vérifié si ça marcherait. Juste une directive descendue d’en haut, avec des échéances serrées et un budget qui explose.

Pourquoi maintenant ? Parce que les groupes écologistes ont fait pression pendant des années, et que le gouvernement actuel a besoin d’afficher des gestes concrets sur l’environnement. Sauf que les poissons, eux, ne votent pas. Et les factures, si.

Les poissons, ces nouveaux otages des négociations politiques

Le saumon atlantique, l’omble de fontaine, l’esturgeon jaune… Ces espèces sont protégées, ou du moins, censées l’être. Sauf qu’entre les turbines des barrages et la pollution des rivières, leur survie ressemble à une partie de roulette russe. En 2022, une étude de l’Université Laval estimait que 30 % des poissons migrateurs mourraient dans les installations hydroélectriques du Québec. Un chiffre qui fait froid dans le dos, surtout quand on sait que ces barrages fournissent 99 % de l’électricité du Québec.

Ottawa a donc décidé d’agir. Mais comment ? En imposant des modifications techniques coûteuses : bypass de turbines, systèmes de déviation, filets de protection… Le tout sans étude d’impact globale. Juste des directives locales, appliquées à la va-vite. Résultat : les promoteurs de barrages, déjà sous pression financière, doivent maintenant choisir entre deux mauvaises options.

Soit ils investissent des sommes colossales pour se conformer aux nouvelles règles. Soit ils risquent des amendes encore plus lourdes si les poissons continuent de mourir. Personne ne gagne. Sauf peut-être les avocats spécialisés en droit environnemental, qui vont se frotter les mains.

Le vrai coût : ce que personne ne veut afficher

Parlons chiffres. 1,5 milliard, c’est déjà une somme astronomique. Mais ce n’est qu’une partie de l’iceberg. Hydro-Québec a déjà reporté des projets majeurs à cause du manque de fonds. Et maintenant, il faut trouver l’argent pour sauver des poissons dont personne ne mange. Ironie du sort : ces mêmes barrages, construits il y a des décennies, étaient censés être des modèles d’énergie propre. Aujourd’hui, ils deviennent un casse-tête juridique et financier.

Pire : les solutions proposées ne sont pas toujours efficaces. En 2020, le barrage de la Romaine, l’un des plus modernes du Québec, a vu 12 000 poissons mourir en une seule année malgré ses systèmes de protection. 12 000 poissons. Un chiffre qui donne le vertige quand on réalise que ces installations coûtent des centaines de millions à construire.

Alors oui, Ottawa a raison de vouloir protéger la faune aquatique. Mais à quel prix ? Quand les barrages deviennent des pièges à poissons et des gouffres financiers, où est la logique ? Personne ne pose vraiment la question.

Les barragistes, pris entre le marteau et l’enclume

Prenons l’exemple de Boréalis Énergie, un opérateur privé qui gère plusieurs barrages dans le nord du Québec. En 2023, la société a dû annuler un projet d’expansion à cause des nouvelles règles fédérales. Pourquoi ? Parce que les coûts de conformité dépassaient largement les bénéfices attendus. Résultat : des emplois en moins, des recettes fiscales en moins, et toujours autant de poissons qui meurent.

Pourtant, Boréalis n’est pas un cas isolé. Manicouagan, La Grande, Churchill… Tous ces barrages, symboles de la puissance hydroélectrique québécoise, sont désormais sous la loupe des écologistes et des régulateurs. Et tous doivent s’adapter, vite et cher.

Le problème ? Les solutions techniques existent, mais elles sont lentes à mettre en place et coûteuses. Par exemple, les passes à poissons, censées guider les saumons vers leur frayère, ont un taux de succès qui varie entre 30 % et 60 %. Autrement dit, même avec ces aménagements, la moitié des poissons continuent de mourir. Alors à quoi bon dépenser des milliards si le résultat est incertain ?

Et après ? Qui paiera la note ?

Voilà la vraie question. Hydro-Québec peut absorber une partie du choc, grâce à ses marges et à son monopole sur le marché de l’électricité. Mais les petits opérateurs, eux, n’ont pas cette marge de manœuvre. Boréalis, Innergex, Nalcor… Toutes ces entreprises vont devoir soit augmenter leurs tarifs, soit réduire leurs profits, soit faire faillite.

Et les contribuables ? Eux, ils paieront indirectement, via des taxes ou des subventions déguisées. Parce que quand une entreprise comme Hydro-Québec a des problèmes de trésorerie, c’est toujours le gouvernement qui sort son chéquier.

Alors où est l’intérêt général ? Protéger les poissons, oui. Mais au prix d’une économie locale en lambeaux et d’une facture énergétique qui va exploser ? Personne ne semble se poser la question.

La vraie bataille : l’argent contre la survie

Derrière ce conflit, il y a une guerre plus large. D’un côté, les écologistes qui veulent sauver les écosystèmes, de l’autre, une industrie qui doit survivre. Mais dans ce combat, les poissons ne sont pas les seuls à être en danger.

Les emplois, les communautés, les recettes fiscales… tout est en jeu. Et le gouvernement, lui, joue les arbitres sans jamais assumer les conséquences.

2024 sera l’année des choix. Soit on accepte de payer le prix fort pour sauver quelques espèces menacées. Soit on réalise que certaines batailles ne valent pas les milliards qu’elles coûtent.

Personne n’a encore tranché. Mais une chose est sûre : ce sont les contribuables qui finiront par régler l’addition.

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R Galaxie Rédaction

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