Pourquoi Harper ? Parce que les libéraux ont peur des chiffres réels
En 2024, le Canada a attiré 12,3 milliards de dollars en investissements directs étrangers (IDE), selon Statistique Canada. Un bon score ? Pas assez pour Trudeau. Pas assez pour rassurer les marchés, surtout quand on sait que la moitié de ces flux vont dans les énergies fossiles, un secteur que le gouvernement prétend vouloir phaser out. Harper, lui, ne cache pas son jeu : il a toujours misé sur le pétrole et le gaz. En 2025, il le rappellera. Et Carney, qui a passé sa carrière à vendre l’idée d’un Canada vert et stable, va devoir gérer la contradiction.
Ce sommet n’est pas un hasard. C’est un test. Un test pour voir si les investisseurs étrangers sont encore prêts à croire aux promesses climatiques du Canada quand, dans le même temps, le pays continue de subventionner l’industrie pétrolière à hauteur de 10 milliards par an (source : Canadian Taxpayers Federation, 2023). Harper ne viendra pas pour parler transition écologique. Il viendra pour dire : « Le vrai Canada, c’est celui qui paie ses factures avec du pétrole. » Et ça, personne ne l’a dit aussi clairement depuis des années.
Carney joue les arbitres, mais il a déjà perdu la partie
Mark Carney n’est pas un naïf. Il sait que Harper est un loup dans la bergerie libérale. Mais il sait aussi que les marchés adorent les clivages nets. Un ancien premier ministre conservateur qui critique ouvertement la politique climatique actuelle ? Ça fait du bruit. Ça attire les médias. Et surtout, ça force les investisseurs à choisir leur camp.
Le problème, c’est que Carney n’a plus les outils pour arbitrer. Quand il était gouverneur de la Banque d’Angleterre, il pouvait encore faire peur aux marchés avec des hausses de taux. Aujourd’hui, il préside un sommet. Un sommet qui ressemble de plus en plus à un cirque politique.
En 2023, le Conference Board of Canada publiait une étude : seulement 38 % des investisseurs étrangers considèrent encore le Canada comme un pays stable sur le long terme. La raison ? L’instabilité politique, les changements de cap constants, et cette impression que personne ne décide vraiment quoi que ce soit. Harper, lui, décide. Même si c’est pour dire des conneries.
Ce que personne ne dit : le sommet est déjà mort, mais personne ne l’avoue
Les organisateurs parlent d’« une nouvelle ère pour l’investissement canadien ». Les participants hochent la tête. Les médias reprennent les communiqués. Mais dans les coulisses, on rigole.
Pourquoi ? Parce que le vrai sommet, celui qui compte, se joue ailleurs. À Calgary, où les PDG des sables bitumineux se serrent la main avec des fonds souverains chinois. À Vancouver, où les tech américaines ouvrent des bureaux sans poser de questions sur les subventions vertes. À Montréal, où les hedge funds parient sur l’effondrement du dollar canadien d’ici 2026.
Le sommet de Carney, c’est du théâtre. Un théâtre utile pour donner l’impression que le gouvernement fait quelque chose, alors qu’en réalité, il navigue à vue. Harper le sait. Et c’est pour ça qu’il accepte de venir : parce que, pour une fois, il peut dire ce que tout le monde pense sans se faire engueuler.
La vraie question : et si les investisseurs s’en fichaient ?
En 2022, le Canada a perdu 18 milliards de dollars en IDE au profit des États-Unis, selon l’UNCTAD. Pourquoi ? Parce que les entreprises préfèrent les certitudes. Les certitudes fiscales. Les certitudes réglementaires. Les certitudes électorales.
Harper viendra parler de stabilité. Il aura raison. Mais il aura tort sur tout le reste.
Le sommet de Carney est un symptôme. Un symptôme d’un pays qui ne sait plus ce qu’il veut. Qui oscille entre le greenwashing et les subventions aux énergies sales. Qui fait semblant de croire que les discours peuvent remplacer les réformes.
Et Harper ? Il sera là pour rappeler une vérité simple : les marchés n’aiment pas les demi-mesures. Ils aiment les gagnants. Et les perdants.
En 2025, le Canada sera dans les deux catégories.
Ce que ça change (ou pas) pour vous
Si vous êtes un investisseur institutionnel, ce sommet ne changera rien. Vous savez déjà que le Canada est un pays à risque. Si vous êtes un petit épargnant, vous allez encore entendre parler de « l’attractivité du Canada » pendant trois jours, avant de réaliser que rien n’a bougé.
La seule différence, c’est que cette fois, Harper aura osé le dire. Et ça, c’est peut-être la seule chose utile qui sorte de ce sommet.
Parce que parfois, la vérité la plus gênante vient des gens qu’on n’attend pas.