Farciennes attend un nouveau coup de frein sur Google

Le projet Google à Farciennes bute sur l’eau, le bruit et les emplois. Olivier Delcourt, patron local, assume les retards et balance des chiffres qui dérangent. Voici ce qui cloche vraiment.

Publié le 26 septembre 2026 à 06:13
Farciennes attend un nouveau coup de frein sur Google

Farciennes attend un nouveau coup de frein sur Google

Le permis de construire du deuxième bâtiment de Google à Farciennes est refusé. Officiellement, c’est à cause de l’eau. Officieusement, c’est parce que personne ne veut assumer les conséquences. Olivier Delcourt, directeur des opérations chez Google en Belgique, a accepté de parler. Pas pour rassurer. Pour expliquer pourquoi le calendrier est en miettes, et ce que ça signifie pour les 500 emplois promis.

L’eau, d’abord. La Sambre, cette rivière qui traverse Farciennes comme un vieux fil usé, ne convient pas. Trop de métaux lourds, disent les autorités. Trop de risques, ajoutent les écologistes. Google, lui, dit : « On a des solutions, mais ça prend du temps. » Traduction : le calendrier du deuxième bâtiment, prévu pour 2025, glisse. Peut-être 2026. Peut-être jamais.

Le bruit, ensuite. Les riverains se plaignent depuis le début. Les machines de Google, ça gronde. Les camions, ça klaxonne. Les serveurs, ça chauffe. Delcourt reconnaît le problème. « On a des mesures, mais le bruit, ça ne se négocie pas. » Sauf que les mesures, justement, coûtent cher. Et que les riverains, eux, ne veulent pas payer.

Les emplois, enfin. Google promet 500 postes. Mais les formations ? Les salaires ? Les compétences ? Personne ne sait vraiment. « On forme sur place, mais il faut du temps », lâche Delcourt. Sauf que le temps, c’est précisément ce qui manque. À Farciennes, on attend. On espère. On se demande si Google ne joue pas avec les attentes.

Pourquoi l’eau de la Sambre est un casse-tête politique

La Sambre, c’est le symbole de Farciennes. Une rivière polluée, oui, mais qui fait vivre des pêcheurs, des industriels, et maintenant, Google. Le refus d’utiliser son eau, c’est un coup dur. Pas seulement pour le géant américain, mais pour la région entière.

« On a des alternatives, mais elles coûtent cher », admet Delcourt. Des forages ? Des camions-citernes ? « Tout ça, ça prend des mois d’autorisations. » Sauf que les mois, à Farciennes, ça se compte en années. Parce que les permis, ça traîne. Parce que les riverains, ça râle. Parce que les politiques, ça tergiverse.

Le chiffre qui fâche : selon l’Agence wallonne de l’air et du climat, les émissions de CO₂ liées aux transports de l’eau pourraient doubler si Google doit tout importer. « On a calculé, mais personne ne veut l’afficher », murmure un ingénieur du projet. Parce que ça fait mal.

Le bruit, ce problème que personne ne veut régler

Les riverains de Farciennes connaissent la musique. Depuis l’ouverture du premier bâtiment en 2022, les plaintes ont explosé. « On a des murs anti-bruit, des horaires de livraison adaptés », explique Delcourt. « Mais à 3h du matin, quand un camion démarre, ça ne change rien. »

Le problème, c’est que Google n’a pas le droit de construire un deuxième bâtiment sans prouver que le bruit sera maîtrisé. « On a des simulations, mais sur le terrain, c’est différent », concède un responsable. Sauf que les simulations, ça ne fait pas taire les riverains. Et les riverains, eux, ont des recours.

La question qui tue : si Google ne peut pas construire à Farciennes, où ira-t-il ? Bruxelles ? Anvers ? « On a d’autres options, mais aucune n’est idéale », balaye Delcourt. Traduction : la Wallonie perd son pari.

L’IA, ce leurre qui cache les vrais enjeux

Google parle d’intelligence artificielle. De data centers. De révolution numérique. « On va former des centaines de personnes à l’IA », promet Delcourt. Sauf que sur place, personne ne voit vraiment comment.

« Les emplois, ils seront surtout pour les techniciens et les logisticiens », précise-t-il. « Pas pour les chercheurs. » Autrement dit : des postes peu qualifiés, des salaires moyens, et une formation express. « On fait ce qu’on peut, mais à Farciennes, on ne s’attendait pas à ça », grogne un syndicaliste local.

Le vrai problème : Google a besoin de Farciennes. Mais Farciennes, elle, n’a pas besoin de Google. Pas comme ça. Pas avec ces conditions.

Ce que Delcourt ne dit pas (mais qu’on sait)

Olivier Delcourt assume les retards. « On a sous-estimé les délais administratifs », reconnaît-il. « Mais on va y arriver. »

Sauf que personne ne croit vraiment à cette version. Parce que les permis, ça traîne. Parce que l’eau, ça coûte cher. Parce que le bruit, ça ne se négocie pas. Et surtout, parce que Google a déjà un pied dans la porte. Et l’autre, il hésite.

La réalité : Farciennes attend. Les emplois tardent. L’eau pose problème. Et Google, lui, regarde ailleurs.

La dernière question : et si tout ça était une erreur ?

Google a choisi Farciennes pour son prix. Pas pour sa qualité. Les terrains étaient bon marché. Les subventions, attractives. Mais aujourd’hui, c’est le bordel.

« On aurait dû négocier plus tôt », avoue un proche du dossier. « Maintenant, c’est trop tard. »

Farciennes, elle, reste en plan. Avec une usine à moitié construite, des promesses en suspens, et une rivière qui refuse de coopérer.

La conclusion : Google a gagné la première manche. Mais la partie n’est pas terminée. Et à Farciennes, on commence à se demander si le jeu en valait vraiment la chandelle.

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R Galaxie Rédaction

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