Le marché du gaz joue avec le feu, et personne ne sonne l’alarme
Hier, le prix du gaz a grimpé de 0,5 % à 76,92 €/MWh à la clôture. Un détail. Ce qui compte, c’est ce qui se passe ailleurs : les contrats pour 2025, 2026, 2027 ont plongé. Jusqu’à -20 % sur certaines échéances. Les traders parient sur une chute durable. Problème : les stocks européens sont toujours sous pression, l’Allemagne a redémarré ses centrales à charbon, et personne ne semble s’en soucier.
Pourquoi ce décalage ? Parce que les marchés anticipent une offre qui va inonder l’Europe. Trop d’usines de GNL en construction aux États-Unis, trop de gaz russe qui pourrait revenir si les tensions géopolitiques se détendent. Sauf que les fondamentaux ne suivent pas. Les réserves européennes sont à 78 % de leur capacité, soit bien en dessous des 90 % habituels avant l’hiver. Et l’Allemagne, qui avait juré de fermer ses centrales à charbon, en a relancé trois en septembre. Preuve que le risque de pénurie n’a pas disparu.
Les traders misent sur l’abondance, l’Europe mise sur la survie
Les prix futurs du gaz s’effondrent parce que les investisseurs croient à une offre illimitée. Les États-Unis vont inonder le marché avec leur GNL : déjà 12 usines en construction, 15 autres prévues. La Russie pourrait aussi revenir si Biden perd les élections. Résultat : les contrats pour 2025 sont à 50 €/MWh, soit presque 30 % de moins qu’aujourd’hui.
Sauf que l’Europe n’est pas les États-Unis. Ici, les stocks sont bas, les interconnexions entre pays sont saturées, et la dépendance au gaz reste forte. L’Allemagne a bien relancé ses centrales à charbon, mais c’est une solution temporaire. Si l’hiver est rude, les prix pourraient repartir à la hausse. Pourtant, les marchés ne semblent pas s’en soucier.
Pourquoi ? Parce que les traders regardent les courbes, pas les tuyaux. Ils parient sur la baisse, alors que les fondamentaux sont toujours là. Et si l’hiver 2024-2025 est froid ? Les prix pourraient faire un bond, et les perdants seront les industriels européens, déjà fragilisés par l’inflation.
Le vrai problème : personne ne parle des stocks
Le vrai sujet, c’est que les stocks européens restent critiques. Selon les dernières données de l’ENTSOG, le réseau européen des gestionnaires de transport, les réserves sont à 78 % de leur capacité. C’est mieux qu’en 2022, mais loin des 90 % habituels avant l’hiver. Et si l’hiver est froid ? Les prix pourraient repartir à la hausse.
Pourtant, personne n’en parle. Les médias se concentrent sur les baisses des prix futurs, les traders misent sur la baisse, et les gouvernements ferment les yeux. Comme si le risque de pénurie avait disparu. Sauf que non.
Prenez l’Allemagne : elle a relancé trois centrales à charbon en septembre. Pourquoi ? Parce que le gaz est trop cher, et que les stocks sont trop bas. Preuve que le risque de pénurie n’a pas disparu. Pourtant, les marchés continuent de parier sur la baisse.
Ce que les prix futurs ignorent : la géopolitique
Les traders oublient un détail : la géopolitique. La guerre en Ukraine n’est pas terminée, les sanctions contre la Russie restent en place, et personne ne sait quand, ou si, le gaz russe reviendra sur le marché européen. Pourtant, les prix futurs supposent que tout va bien se passer.
Et puis, il y a le GNL américain. Oui, les États-Unis vont inonder le marché. Mais à quel prix ? Les usines de GNL américaines sont énergivores, et leur construction a un coût environnemental énorme. Sans compter que le transport du GNL coûte cher, et que les prix pourraient repartir à la hausse si la demande explose.
Pourtant, les marchés continuent de parier sur la baisse. Comme si la géopolitique n’existait pas.
Le piège des prix bas : les industriels européens en pâtissent
Les prix bas, c’est bien pour les consommateurs. Mais pour les industriels, c’est une catastrophe. Les usines européennes dépendent du gaz pour produire de l’électricité, de la chaleur, et des produits chimiques. Si les prix repartent à la hausse, elles seront en difficulté.
Déjà fragilisées par l’inflation, les entreprises européennes pourraient faire faillite si les prix du gaz repartent à la hausse. Pourtant, personne ne semble s’en soucier. Les marchés parient sur la baisse, les gouvernements ferment les yeux, et les médias se concentrent sur les chiffres.
Conclusion : un marché qui joue avec le feu
Les prix du gaz baissent, les traders misent sur la baisse, et personne ne semble s’inquiéter des stocks bas ou de la géopolitique. Pourtant, le risque de pénurie n’a pas disparu. Et si l’hiver 2024-2025 est froid, les prix pourraient repartir à la hausse.
L’Europe joue avec le feu, et personne ne sonne l’alarme.