Mercredi, la Fed va serrer la vis, et Trump va râler

La Réserve fédérale américaine pourrait relever ses taux d’intérêt mercredi, une décision qui divise Wall Street et embête Donald Trump. Mais derrière ce bras de fer, c’est l’économie réelle qui va trinquer. Voici pourquoi cette annonce va tout changer, ou presque.

Publié le 16 septembre 2026 à 20:04
Mercredi, la Fed va serrer la vis, et Trump va râler

Pourquoi la Fed joue avec le feu ?

La Fed a un problème : l’inflation ne veut pas baisser. Les taux à 5,25 % (le plus haut depuis 2007) n’ont pas suffi. Alors mercredi, Jerome Powell, le patron de la Fed, va probablement encore les monter, peut-être de 0,25 point. Officiellement, c’est pour « calmer les prix ». En vrai, c’est pour éviter que les marchés ne paniquent. Parce que si la Fed lâche prise, les obligations d’État s’effondrent, les banques se retrouvent à la ramasse, et c’est la crise. Sauf que cette fois, le piège est plus gros que d’habitude.

Le détail qui cloche : les taux élevés étouffent l’économie réelle. Les entreprises empruntent moins, les ménages dépensent moins, et les salaires stagnent. Résultat ? L’inflation ne baisse pas, mais la croissance non plus. La Fed est coincée entre deux feux : soit elle serre trop, et l’économie s’effondre ; soit elle lâche, et l’inflation repart. Bref, elle joue à pile ou face avec l’économie mondiale.

Et puis il y a Trump. Lui, il a compris une chose : si les taux montent, les emprunts immobiliers deviennent chers, les actions baissent, et les riches (ses électeurs, en gros) souffrent. Alors il râle. Beaucoup. « La Fed est folle, ils vont tuer l’économie ! » a-t-il tweeté la semaine dernière. Sauf que Trump a tort sur un point : la Fed n’a pas le choix. Si elle ne serre pas, c’est pire après.

Ce que les marchés ignorent (mais pas vous)

Wall Street kiffe les hausses de taux. Pourquoi ? Parce que ça veut dire que la Fed croit encore en une croissance solide. Les actions montent, les obligations aussi (enfin, celles à court terme). Les fonds spéculatifs se frottent les mains : « On va encore faire des sous ! » Sauf que les marchés oublient un truc : les taux élevés, ça ne marche que si tout le monde joue le jeu.

Prenez l’Europe. Là-bas, la BCE a aussi relevé ses taux, mais les prix continuent de grimper. Pourquoi ? Parce que l’énergie coûte cher, les salaires sont bloqués, et les entreprises ne veulent pas baisser leurs marges. Bref, la politique monétaire, ça ne suffit pas. Et aux États-Unis, c’est la même galère. La Fed peut serrer autant qu’elle veut, si l’inflation est structurelle (c’est-à-dire due à des déséquilibres de fond), les taux ne feront que retarder l’échéance.

Le chiffre qui fait mal : selon la Fed de Saint-Louis, il faudrait que les taux restent à 5,5 % jusqu’en 2025 pour que l’inflation redescende à 2 %. Autrement dit, la récession est inévitable. Et personne n’en parle.

Trump et la guerre des taux : un spectacle inutile

Donald Trump adore critiquer la Fed. « Powell est un désastre, il va ruiner le pays ! » Il a raison sur un point : la Fed est en train de serrer trop fort. Mais il a tort sur la solution. Parce que la vraie cause de l’inflation, c’est pas la Fed, c’est la demande.

Les Américains ont trop dépensé pendant le Covid, les entreprises ont trop profité de la crise pour augmenter leurs prix, et maintenant, tout le monde attend que les autres baissent les bras. Sauf que personne ne veut céder. Alors la Fed, elle, paie les pots cassés. Et Trump, lui, fait semblant de s’en soucier.

Le piège : si Trump gagne en 2024, il va probablement forcer la Fed à baisser les taux. Résultat ? L’inflation repartira à la hausse, et les marchés s’effondreront. S’il perd, la Fed continuera sa politique, et ce sera la récession. Dans les deux cas, c’est l’Amérique qui trinque.

Ce que ça veut dire pour vous (et pour votre portefeuille)

Si vous avez un prêt immobilier aux États-Unis, préparez-vous : les mensualités vont encore monter. Si vous épargnez, votre livret vous rapportera un peu plus, mais pas assez pour compenser l’inflation. Si vous investissez en actions, les marchés pourraient corriger à la baisse après l’annonce. Et si vous êtes un entrepreneur, attendez-vous à ce que les banques deviennent encore plus chiches.

Le vrai problème : personne ne sait combien de temps la Fed va tenir ce cap. Les signes de récession s’accumulent (chômage en hausse, immobilier qui stagne), mais Powell ne veut pas lâcher. Résultat ? On est dans une situation où tout le monde attend que l’autre cligne des yeux pour agir. Et en attendant, c’est l’économie mondiale qui paie.

La Fed a-t-elle encore les moyens de jouer ?

La réponse est non. Pas vraiment. Parce que les taux ne sont plus un outil magique. Ils ont servi pendant des décennies, mais aujourd’hui, avec une dette publique qui explose (34 000 milliards de dollars, soit 120 % du PIB), une inflation importée (pétrole, gaz, denrées), et une productivité en berne, la Fed est comme un boxeur vieillissant : elle peut encore donner des coups, mais elle sait qu’elle va se faire mettre KO.

Le scénario le plus probable : la Fed relève encore les taux une ou deux fois cette année, puis elle se rend compte que ça ne marche pas. Alors elle fera marche arrière, trop tard. Et ce sera la récession. Pas une petite, non : une de celles qui durent, qui font mal, et qui laissent des traces.

La dernière carte de la Fed : et si elle mentait ?

Voilà le truc : la Fed pourrait très bien annoncer une hausse des taux… pour ensuite ne pas la faire. Ou pour la faire à moitié. Parce que les marchés ne supportent plus les surprises.

En 2013, la Fed avait laissé entendre qu’elle allait réduire ses achats d’obligations (« taper tantrum »). Résultat : les marchés ont dégringolé. Aujourd’hui, c’est l’inverse : si la Fed ne fait pas ce qu’elle dit, c’est la panique garantie. Alors elle va probablement jouer la carte de la transparence, même si c’est faux.

Le paradoxe : plus la Fed communique, moins on lui fait confiance. Parce que tout le monde sait qu’elle ment. Alors mercredi, quand Powell sortira son communiqué, personne ne croira un mot de ce qu’il dira. Sauf les algorithmes, qui achèteront ou vendront en fonction des mots-clés. Et les humains, eux, ils paieront la note.

La conclusion qui dérange : cette histoire de taux, c’est du pipeau. La vraie bataille, c’est entre ceux qui veulent sauver les banques et ceux qui veulent sauver les ménages. La Fed est du côté des banques. Point. Alors mercredi, quand elle annoncera sa décision, souvenez-vous d’une chose : personne ne gagne. Sauf peut-être les hedge funds, qui, eux, savent très bien comment parier sur la chute.

La Fed va relever ses taux. Trump va râler. Les marchés vont respirer. Et après ? Après, ce sera à vous de payer.

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R Galaxie Rédaction

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