4,1 % d’inflation annuelle aux États-Unis, et la Fed reste en mode chasseur

Neuf mois après les premiers signes d’essoufflement, l’inflation américaine persiste à défier les prévisions. Pour le membre de la Fed Neel Kashkari, elle reste « trop élevée dans tous les domaines ». Ce que ça signifie pour les salaires, les marchés et la prochaine réunion de politique monétaire.

Publié le 21 septembre 2026 à 08:09
4,1 % d’inflation annuelle aux États-Unis, et la Fed reste en mode chasseur

Le 18 septembre 2026, à 16h12, heure de Washington.

La dernière note de la Fed tombe comme un couperet. Neel Kashkari, président de la Réserve fédérale de Minneapolis, a balayé d’un trait les espoirs d’un atterrissage en douceur : « L’inflation reste trop élevée dans tous les domaines de l’économie américaine. » Pas seulement dans l’alimentaire ou l’énergie, non. Partout. Même là où on ne regarde pas. Même là où les modèles prédisaient un retour à la normale.

C’est un aveu rare, presque brutal. Parce que depuis des mois, les chiffres officiels du gouvernement américain jouaient les funambules : une baisse ici, une hausse là, mais toujours assez pour justifier l’attente. Toujours assez pour que les marchés retiennent leur souffle. Toujours assez pour que les ménages, eux, continuent de serrer leur portefeuille.

Le chiffre qui cloche : 4,1 %.

Ce n’est pas le taux d’inflation annuel officiel, non, celui-là, la Fed le surveille comme un fauve. C’est le taux perçu par les Américains, selon une enquête récente du Federal Reserve Bank of New York. 4,1 %, c’est ce que les gens ressentent quand ils font leurs courses, quand ils remplissent leur réservoir, quand ils regardent le loyer affiché sur Leboncoin. Et ce chiffre-là, lui, ne baisse pas. Pire : il stagne.

Pourquoi ? Parce que l’inflation n’est pas un phénomène homogène. Elle se niche. Elle se cache. Elle profite des angles morts des statistiques.

L’exemple qui fâche : les services.

Vous vous dites : « Mais les prix à la consommation ont reculé de 0,3 % en août, non ? » Oui. Mais pas ceux des services. Pas ceux qui pèsent de plus en plus dans le budget des ménages. Les salons de coiffure, les abonnements Netflix, les frais de vétérinaire, les factures d’électricité, tout ça, ça monte. Et ça monte vite. Selon les dernières données du Bureau of Labor Statistics, les prix des services ont progressé de 3,8 % sur un an, un rythme bien supérieur à la moyenne globale.

Pourquoi ? Parce que les entreprises de services ont une marge de manœuvre que les fabricants n’ont plus. Elles augmentent leurs tarifs sans que les consommateurs bronchent. Elles savent que vous n’avez pas le choix. Et la Fed, elle, regarde surtout les prix des biens manufacturés, ceux qui baissent un peu. Elle passe à côté de la moitié de la réalité.

Ce que Kashkari ne dit pas, mais que tout le monde sait.

La Fed a baissé ses taux trois fois cette année. Trois fois. Pourtant, l’inflation des services, elle, continue de grimper. Pourquoi ? Parce que les hausses de taux mettent six à neuf mois à traverser l’économie. Six à neuf mois pour que les entreprises réduisent leurs prix. Six à neuf mois pour que les loyers baissent. Six à neuf mois pour que les salaires suivent.

Sauf que les loyers, eux, ne bougent pas. À New York, un appartement moyen coûte 22 % plus cher qu’en 2020, selon StreetEasy. À Austin, c’est +30 %. Les propriétaires n’ont aucune raison de baisser leurs prix : la demande est toujours là. Les entreprises de services non plus. Elles savent que vous n’irez pas ailleurs.

Le piège des salaires.

La Fed veut une inflation à 2 %. Les syndicats veulent des hausses de salaires à 4 %. Les deux ne peuvent pas coexister. Pas sans risque de spirale. Kashkari l’a compris. Dans son interview à Fox News, il a lâché une phrase qui résonne comme un avertissement : « Si les salaires continuent d’augmenter au rythme actuel, nous allons droit dans le mur. »

Le problème ? Les salaires doivent augmenter. Parce que les prix montent. Parce que les gens ne peuvent plus vivre avec 2 % d’inflation et 0 % de hausse des revenus. Sauf que si les salaires montent trop vite, l’inflation repart. Et la Fed est coincée.

La prochaine réunion, celle qui va tout changer.

Le 1er novembre, la Fed se réunit à nouveau. Les marchés misent sur une nouvelle baisse de 0,25 point de pourcentage. Kashkari, lui, n’en parle pas. Il se contente de répéter : « Nous devons rester vigilants. Très vigilants. »

Ce qu’il ne dit pas, c’est que la Fed pourrait arrêter de baisser les taux. Pire : elle pourrait les remonter. Juste un peu. Juste assez pour freiner les services. Juste assez pour casser la dynamique des salaires.

Les marchés n’y croient pas. Les ménages non plus. Mais Kashkari, lui, y croit. Parce qu’il a vu les chiffres. Parce qu’il a vu les services. Parce qu’il sait que l’inflation ne partira pas toute seule.

Ce que ça signifie pour vous.

Si vous êtes locataire, préparez-vous à serrer les dents. Les loyers ne baisseront pas. Si vous êtes salarié, négociez maintenant. Les hausses seront limitées. Si vous êtes épargnant, ne comptez pas sur des rendements miracles. Les taux pourraient stagner, ou même repartir à la hausse.

La Fed joue avec le feu. Kashkari le sait. Et vous aussi, maintenant.

## Le scénario que personne ne veut évoquer.

Il y a un détail qui échappe souvent dans les débats sur l’inflation : les dettes. Les ménages américains ont accumulé 17 000 milliards de dollars de dettes (cartes de crédit, prêts étudiants, crédits auto), selon la Federal Reserve. 17 000 milliards. Avec une inflation à 4 %, le coût réel de ces dettes explose.

Pour les banques, c’est une aubaine. Pour les ménages, c’est un piège. Parce que quand les taux montent, les mensualités aussi. Et quand les salaires stagnent, c’est la crise qui pointe.

Kashkari ne le dit pas. Mais c’est ça, le vrai risque. Pas l’inflation en soi. Mais l’inflation combined avec une dette qui pèse de plus en plus lourd. Une dette que les ménages ne pourront plus rembourser si les taux repartent à la hausse.

## La vraie question : et si la Fed se trompait ?

La Fed table sur un retour à 2 % d’ici fin 2027. Les économistes aussi. Les marchés aussi. Sauf que les services, eux, ne veulent pas baisser. Les loyers non plus. Les salaires encore moins.

Et si l’inflation ne voulait pas partir ? Et si le vrai problème n’était pas les biens manufacturés, mais cette économie des services qui résiste à tout ?

Kashkari a raison sur un point : l’inflation est bien « dans tous les domaines ». Sauf que personne ne veut le voir. Parce que ça remettrait en cause tout le récit officiel. Parce que ça obligerait la Fed à faire un choix impossible : soit elle casse les salaires, soit elle laisse filer l’inflation.

## Ce que les marchés ignorent encore.

Les actions montent. Les obligations aussi. Les gens achètent, achètent, achètent. Comme si tout allait bien. Comme si l’inflation n’était qu’un mauvais rêve.

Sauf que les services, eux, ne sont pas cotés en Bourse. Les loyers non plus. Les factures d’électricité encore moins. Et pourtant, c’est là que se joue la vraie bataille.

La Fed a les yeux rivés sur les prix à la pompe. Mais c’est dans les petits commerces, les cabinets médicaux, les agences immobilières que l’inflation fait rage. Et personne ne la voit.

## La conclusion qui dérange.

Kashkari a raison. L’inflation est partout. Sauf que personne ne veut le reconnaître. Parce que ça signifierait admettre que la politique monétaire actuelle est un échec. Que les baisses de taux n’y changeront rien. Que la seule solution, c’est peut-être… de ne plus baisser les taux.

Les marchés ne sont pas prêts à l’entendre. Les ménages non plus. Mais les chiffres, eux, ne mentent pas.

Et vous, vous êtes prêt à quoi ?

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R Galaxie Rédaction

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