Etihad abandonne l'A350 pour le 777 à Casablanca

Depuis juillet, Casablanca vole sur l’A350 d’Etihad. À partir d’octobre, ce sera le 777 qui prendra la place. Pourquoi ce revirement ? Une question de coûts, de flexibilité, et d’un marché africain qui ne se laisse pas facilement séduire. Décryptage d’un choix qui en dit long sur les priorités du groupe émirati.

Publié le 27 septembre 2026 à 10:07
Etihad abandonne l'A350 pour le 777 à Casablanca

Pourquoi Etihad préfère le Boeing au géant Airbus à Casablanca ?

Le 25 octobre prochain, l’A350-1000 d’Etihad disparaîtra des vols entre Abou Dhabi et Casablanca. Remplacé par un Boeing 777-300ER, déjà en service sur la ligne depuis 2018. Sur le papier, rien de bien nouveau. Sauf que l’A350, lui, n’était là que depuis juillet. Un aller-retour de moins de trois mois. Assez pour comprendre que le rêve Airbus ne collait pas avec la réalité du marché.

Etihad a dépensé des millions pour faire voler son A350 sur cette ligne. Un avion conçu pour le long-courrier, avec une capacité à 350 passagers. Problème : la demande entre Abou Dhabi et Casablanca ne justifie pas un tel monstre. Les chiffres ? Environ 1 500 passagers par semaine, selon les données de l’aéroport de Casablanca. Assez pour un 777, pas pour un A350. Alors pourquoi avoir insisté ?

Parce qu’Etihad voulait tester.

L’A350, c’est l’arme marketing d’Airbus. Un avion qui brille, qui fait rêver, qui permet de se démarquer. Etihad, lui, a besoin de visibilité. Surtout sur un marché africain où la concurrence se fait rude. Royal Air Maroc, Turkish Airlines, Qatar Airways… Tous jouent à fond la carte du prestige. Alors oui, l’A350, c’est un argument. Même si, en pratique, il ne sert à rien.

Sauf que les chiffres, eux, ne mentent pas. Et quand on voit qu’un avion coûte 300 millions d’euros et qu’il ne remplit pas la moitié de ses sièges, la question se pose : à quoi bon ?

Le 777, l’avion qui ne déçoit jamais

Le Boeing 777, lui, est un vieux routier. Fiable, économique, et surtout, adapté. Sur la ligne Abou Dhabi-Casablanca, il fait le job sans chichis. Pas besoin de le parer comme un bijou : il vole, il transporte, il rapporte. Etihad le sait. D’ailleurs, le groupe émirati en a commandé 50 autres, malgré les tensions géopolitiques avec Washington.

Pourtant, le choix du 777 n’est pas qu’une question de pragmatisme. C’est aussi une façon de rappeler qui tient les rênes. Airbus, malgré ses efforts, reste un partenaire européen. Et dans le jeu des alliances, les Émirats préfèrent souvent jouer avec les États-Unis. Le 777, c’est un peu comme un coup de pouce à Boeing, et une pique à l’Europe.

Mais le vrai sujet, c’est l’Afrique.

Casablanca, c’est la porte d’entrée vers le continent. Etihad mise gros sur ce marché. Sauf que les Africains, eux, ne sont pas dupes. Ils veulent des vols directs, des prix bas, et des horaires pratiques. Pas des avions de luxe qui coûtent une fortune à exploiter. L’A350, avec ses 30 tonnes de kérosène par heure, ne correspond pas à cette logique.

Alors oui, Etihad a perdu du temps avec l’A350. Mais au moins, ils ont compris vite. Et maintenant, ils passent à autre chose. Sans faire de bruit.

Ce que ça dit de la stratégie d’Etihad

Si Etihad avait vraiment cru en l’A350, il ne l’aurait pas abandonné aussi vite. Le fait qu’ils reviennent au 777, c’est la preuve qu’ils savent s’adapter. Même si ça fait mal à Airbus.

Le groupe émirati joue sur plusieurs tableaux : il garde son image de transporteur premium, mais il ne se prive pas de faire des économies là où ça compte. La ligne Casablanca-Abou Dhabi n’est pas un hub majeur. Alors pourquoi prendre des risques inutiles ?

Le vrai enjeu, c’est la crédibilité.

Si Etihad avait maintenu l’A350 malgré les mauvais chiffres, ça aurait envoyé un mauvais signal. Aux investisseurs, aux partenaires, et surtout, aux clients. Personne n’aime payer pour un service qui ne correspond pas à ses besoins. Alors autant avouer l’erreur et rebondir.

Sauf que cette fois, ce n’est pas une erreur. C’est un choix. Et ce choix, il en dit long sur la façon dont Etihad voit l’Afrique : un marché à conquérir, mais sans illusions.

Et Airbus dans tout ça ?

Airbus peut toujours vendre ses rêves. Mais sur le terrain, ce sont les chiffres qui parlent. Et là, le 777 a encore une fois gagné la partie. Pas parce qu’il est meilleur. Juste parce qu’il est plus malin.

Pour Etihad, le message est clair : quand un avion ne marche pas, on le remplace. Sans regret. Sans explication. Juste parce que c’est plus simple comme ça.

La prochaine fois, ce sera peut-être un autre avion. Ou peut-être pas.

Parce qu’au fond, peu importe le modèle. Ce qui compte, c’est de voler. Et de faire des profits.

Le détail qui en dit plus que tout

Saviez-vous qu’Etihad a aussi testé l’A380 sur certaines lignes ? Résultat : même échec. Trop grand, trop cher, trop peu rentable. Aujourd’hui, l’A380 est presque disparu de leur flotte. Preuve que les géants d’Airbus, même les plus beaux, ne suffisent pas. Parfois, il faut savoir se contenter de ce qui marche.

Et ça, Etihad l’a compris depuis longtemps.

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R Galaxie Rédaction

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