Dati en procès, Ghosn absent et son avocat en retard

Le premier jour du procès de Rachida Dati et Carlos Ghosn a été marqué par l’absence de ce dernier, bloqué par un recommandé parti trop tard. Une scène qui en dit long sur les dysfonctionnements d’un dossier déjà miné par les retards. Voici pourquoi cette absence change tout.

Publié le 17 septembre 2026 à 08:02
Dati en procès, Ghosn absent et son avocat en retard

Le tribunal correctionnel de Paris avait prévu une entrée en matière solennelle, mercredi matin. Pas de ça. Dès l’ouverture, l’audience a basculé dans le chaos administratif, comme si le procès lui-même avait été envoyé en recommandé avec accusé de réception perdu. Carlos Ghosn, l’homme qui a fait et défait des empires, n’était pas là. Pas par choix, non. Parce que son avocat, Me Jean-Baptiste Sauvage, a reçu trop tard l’autorisation de quitter la prison de Fleury-Mérogis où il purge une peine pour corruption. Résultat : Ghosn, lui, était coincé à l’aéroport de Tokyo, son vol annulé faute de papiers en règle. Un détail qui résume à lui seul l’absurdité d’un dossier où tout traîne depuis des années.

L’absent qui fait le procès

On aurait pu s’attendre à ce que le premier jour soit consacré aux déclarations d’ouverture, aux mises en contexte, aux grands discours sur la morale et l’industrie. Rien de tout ça. À la place, les juges ont passé une heure à débattre d’un simple renvoi d’audience. Pourquoi ? Parce que Ghosn n’était pas là. Et sans lui, pas de procès. Pas de confrontation. Pas de spectacle. Juste une salle d’audience qui attend, comme un client dans un fast-food où le cuisinier a oublié de passer la commande.

Me Sauvage, lui, a débarqué en sueur, avec trois heures de retard. Il a expliqué, justifié, promettant que Ghosn serait là la prochaine fois. Les juges ont grogné, noté, et reporté. Un scénario qui sent le déjà-vu. Parce que c’est comme ça que ça marche, dans ces affaires-là : tout est retard, tout est report, tout est attente. Même l’État, qui traîne des pieds depuis des années pour juger Ghosn, semble avoir oublié qu’il était pressé.

Le procès qui n’en est pas un (encore)

Ce mercredi, Rachida Dati était présente, elle. Assise à côté de son avocat, elle a écouté, hoché la tête, parfois souri. Elle, au moins, elle est là. Pas comme Ghosn, qui semble toujours en train de fuir, même quand il est déjà derrière les barreaux. Les juges ont quand même commencé à lire les charges : corruption, trafic d’influence, enrichissement illicite. Des mots lourds, des sommes astronomiques, on parle de millions, de contrats douteux, de pots-de-vin qui auraient transité par des sociétés écrans.

Mais sans Ghosn, impossible de creuser. Impossible de savoir si Dati ment, si elle a été manipulée, ou si elle a joué le jeu jusqu’au bout. Pour l’instant, on n’a que des accusations, pas de confrontation. Et c’est ça, le vrai problème : ce procès ressemble à une partie de cache-cache où personne ne veut vraiment jouer.

Pourquoi Ghosn n’est jamais là quand il le faut

Son absence n’est pas une surprise. Depuis son arrestation en 2019, Ghosn a toujours trouvé un moyen de compliquer les choses. D’abord, il a disparu du Japon, puis il a traîné des pieds pour rentrer en France, puis il a fait appel, contre-appel, et maintenant, il est bloqué par un papier administratif. Ça, c’est sa marque de fabrique : transformer un procès en cirque.

Mais cette fois, ce n’est pas qu’une question de malchance. C’est systémique. Les avocats de Ghosn savent qu’un procès en France, c’est long. Très long. Alors ils traînent, ils attendent, ils usent l’adversaire. Et ça marche. Parce que Rachida Dati, elle, elle est là. Elle, elle doit répondre aujourd’hui. Pas demain. Pas dans trois mois. Maintenant.

Ce que cette absence révèle sur le dossier

L’absence de Ghosn, ce n’est pas qu’un détail logistique. C’est un symbole. Un symbole de l’impunité relative des puissants. Ghosn, c’est l’homme qui a sauvé Renault, qui a fait fortune, qui a joué avec les États comme avec des pions. Et aujourd’hui, on le juge pour des choses qu’il a faites il y a des années. Mais lui, il est toujours un pas devant.

Pendant ce temps, Dati, elle, elle est coincée. Elle doit assumer. Elle doit répondre. Et si elle ment, elle ment devant tout le monde. Pas lui. Lui, il est ailleurs. Toujours.

Le vrai procès commence quand Ghosn sera là

Les juges ont reporté l’audience au 17 octobre. Donc on attend. Encore. Comme d’habitude. Mais cette fois, il y a une question qui plane : est-ce que Ghosn viendra ? Est-ce qu’il sera enfin là, assez longtemps pour que le procès avance ?

Parce que pour l’instant, on n’a pas de procès. On a une mascarade. Une série de reports, de justifications, de retards. Et ça, ce n’est pas la justice. C’est la loi du plus fort.

La justice à la vitesse Renault

Il y a un chiffre qui résume tout : 5 ans. Cinq ans que Ghosn est incarcéré, cinq ans que son procès traîne, cinq ans que la justice française semble avoir oublié comment fonctionnait une procédure normale. À ce rythme-là, quand est-ce que ce sera fini ?

Quand est-ce que les juges vont enfin dire : « Assez. Assez de reports. Assez de fuites. Assez de recommandés partis trop tard. » ?

Parce que pour l’instant, ce procès, il ressemble à une voiture Renault des années 90 : trop lent, trop bruyant, et toujours en panne.

Et si, finalement, la vraie question n’était pas de savoir si Dati est coupable… mais si Ghosn sera jamais jugé ?

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R Galaxie Rédaction

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