Le promoteur promet des emplois, les riverains voient un monstre qui va bouffer leur eau et leur ciel à Saint-Laurent-des-Bâtons
En Dordogne, à deux pas de Périgueux, Gauriaguet Peujard veut construire un data center géant. Pas un petit truc, non : un complexe de 100 000 serveurs, capable d’avaler l’équivalent de la consommation électrique d’une ville de 50 000 habitants. Soit environ 500 GWh par an. Pour vous donner une idée, ça représente 200 millions de kilos de CO₂ émis chaque année, l’équivalent de 130 000 voitures en circulation permanente.
Le pire ? Personne n’a vraiment demandé l’avis des gens du coin. Les mairies concernées ont signé des conventions sans consulter leurs administrés. Les associations environnementales, elles, se battent contre un dossier qui traîne depuis des années, avec des promesses jamais tenues sur la transparence.
Et puis il y a ce détail : le projet a été lancé en 2022, mais les études d’impact environnemental sont toujours en cours. En 2024. Oui, vous avez bien lu.
L’eau, ce point noir que tout le monde ignore
Gauriaguet Peujard mise sur l’hydroélectricité pour alimenter son data center. Sauf que le département de la Dordogne, c’est aussi des nappes phréatiques fragiles, des rivières qui se tarissent l’été, et des agriculteurs qui commencent à manquer d’eau.
Le promoteur parle d’un « circuit fermé » pour refroidir ses serveurs. Sauf que personne ne peut garantir à 100 % qu’il n’y aura pas de fuites. Et si jamais ça arrive ? Qui paiera ? Les riverains, bien sûr.
Pire : les promesses de création d’emplois locaux sont souvent des leurres. Les data centers, c’est du high-tech, mais les postes créés sont rarement pour les gens du coin. On parle de 50 emplois « qualifiés » sur le site. 50. Pour une usine qui va consommer l’équivalent de la moitié de Périgueux en électricité.
Pourquoi les élus ferment les yeux ?
La Dordogne, c’est un département rural, avec des communes qui rêvent d’attirer des investisseurs. Résultat : les maires signent des conventions sans toujours comprendre les enjeux. Certains ont même reçu des promesses de subventions européennes pour « moderniser » leur territoire.
Mais qui va payer la note à long terme ? Les data centers, ça coûte cher en énergie, en eau, et en maintenance. Et quand les marchés s’effondrent, comme en 2008 ou en 2022, qui va assurer la pérennité du projet ?
Les riverains, eux, n’ont pas voix au chapitre. Les réunions d’information ? Organisées en urgence, le soir, quand les gens sont fatigués. Les documents techniques ? En anglais, ou si complexes qu’ils ressemblent à du charabia juridique.
Ce que dit la loi, et ce qu’on fait vraiment
Officiellement, un projet comme celui-là doit passer par une enquête publique. Sauf que dans les faits, les dossiers sont souvent biaisés. Les rapports d’impact environnemental sont rédigés par des cabinets proches des promoteurs. Les associations qui veulent contester se heurtent à des délais impossibles.
Prenez l’exemple de l’étude d’impact sur les ressources en eau : elle a été commandée en 2023, mais les résultats ne sont toujours pas publics. Pourquoi ? Parce que le promoteur a « besoin de temps pour les analyser ». Traduction : on ne veut pas que les gens voient ce qu’il y a dedans.
Et puis il y a l’argument du « développement économique ». Toujours le même. Comme si un data center qui pompe des millions de kWh et qui ne crée que quelques emplois qualifiés était une bonne affaire pour une région.
Comment on peut encore arrêter ce projet ?
La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas trop tard. Les recours juridiques existent, mais ils demandent du temps, de l’argent, et des alliés. La pétition que vous trouverez en bas de cet article est un premier pas. Elle va obliger les élus à répondre : pourquoi ce projet doit-il continuer alors que personne ne l’a vraiment voulu ?
Les associations locales, comme les Amis de la Terre Dordogne, se battent depuis des années. Mais elles ont besoin de soutien. Pas de promesses en l’air, pas de discours sur l’innovation. Juste des gens qui disent : « Assez. »
Le vrai problème, c’est qu’on recommence partout
Saint-Laurent-des-Bâtons n’est pas un cas isolé. En France, les data centers se multiplient comme des champignons après la pluie. En Bretagne, en Auvergne, près de Lyon… Partout, les mêmes promesses, les mêmes mensonges.
Le pire ? Les États européens ferment les yeux. Parce que les data centers, ça rapporte. Ça attire les géants du numérique, ça fait monter les chiffres du PIB. Mais à quel prix ?
Celui des paysages gâchés. Celui de l’eau qui manque. Celui des emplois qui partent ailleurs.
Alors oui, ce projet en Dordogne, il faut l’arrêter. Pas pour les écologistes, pas pour les anti-progrès. Pour les gens qui vivent là-bas, et qui n’ont rien demandé.
Signer la pétition : [lien vers la pétition] (à remplacer par l’URL réelle).
Contacter les élus : [liste des contacts des maires et conseillers régionaux concernés].
Relayer l’info : parce que personne ne parle de ce projet. Personne, sauf ceux qui y gagnent quelque chose.