Le 12 mars, à 8h du matin, la maison de la fille de Martine s’est retrouvée plongée dans le noir. Pas un coup de vent, pas une panne générale, non : un simple changement de fournisseur d’électricité. Cinq jours sans lumière, sans frigo, sans chauffage. Et personne pour expliquer clairement pourquoi. Juste des excuses, des délais, des relances. Le pire ? Ça arrive encore en 2024.
Le fournisseur qui fait semblant de s’en foutre
La fille de Martine a suivi les consignes à la lettre. Elle a appelé le nouveau fournisseur, elle a signé les papiers, elle a cru faire une économie. Résultat : son compteur a été coupé. Pendant cinq jours. Cinq jours à se battre avec des techniciens qui ne viennent pas, des factures provisoires qui explosent, et des promesses de rétablissement qui glissent comme des savons. Le fournisseur en question ? Un acteur connu pour ses tarifs bas et ses services… moyens.
Le problème ? Personne ne vérifie. Personne ne sanctionne. Personne ne dit : « Assez. » En 2023, selon la CREG (Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz), 1,2 million de plaintes ont été enregistrées pour des coupures ou des retards de mise en service. Un chiffre. Un vrai. Et pourtant, rien ne bouge.
Le système qui protège les mauvais fournisseurs
Pourquoi ça dure ? Parce que le marché de l’électricité est un casino. Les fournisseurs bas de gamme misent sur l’inertie des consommateurs. Ils savent que vous allez râler, mais que vous n’irez pas plus loin. Vous avez le choix ? Oui. Vous changez vraiment ? Rarement.
La CREG, censée réguler le secteur, se contente de publier des rapports. Des rapports. Pas des sanctions. Pas des amendes. Pas de noms. Juste des chiffres et des recommandations. Comme si le fait de savoir que 1,2 million de clients sont lésés suffisait à faire pression.
Et puis il y a les techniciens. Ceux qui arrivent « demain », ceux qui disent « on va voir », ceux qui disparaissent après une visite de 10 minutes. Leur employeur ? Souvent des sous-traitants. Leur motivation ? Zéro.
Ce que ça coûte vraiment à vos factures
Pendant cinq jours sans électricité, la fille de Martine a dû :
- Acheter des glaces pour garder ses médicaments au frais.
- Payer une facture provisoire à 150 euros pour « service non fourni ».
- Subir une surcharge de 20 euros par jour de retard.
- Et surtout : perdre son temps.
Le vrai coût ? Votre patience.
Parce que le système est conçu pour que vous capituliez. Vous appelez, vous attendez, vous renoncez. Et le fournisseur, lui, encaisse.
Pourquoi ça ne devrait plus arriver ?
Parce que c’est ridicule. Parce que c’est inacceptable. Parce que vous méritez mieux.
- Les fournisseurs devraient être notés. Comme un restaurant. Une étoile pour « service correct », zéro étoile pour « cinq jours sans électricité et des factures qui explosent ».
- Les sanctions devraient être immédiates. Une amende par jour de retard. Un remboursement automatique en cas de coupure injustifiée.
- Les techniciens devraient être responsables. Si un client reste sans courant plus de 24h, c’est une faute professionnelle. Point.
Le vrai scandale ? Ce n’est pas une exception. C’est la règle.
La prochaine fois, ça pourrait être vous
Vous pensez que ça n’arrivera pas ? Détrompez-vous. En 2023, 30 % des changements de fournisseur ont donné lieu à une coupure ou un retard. Trente pour cent. Un tiers.
Alors la prochaine fois que vous voyez une pub pour un fournisseur pas cher, demandez-vous : « Est-ce que je veux payer moins cher… ou est-ce que je veux être traité comme un numéro ? »
Parce que le choix, vous l’avez. Mais le système, lui, ne change pas.
Et ça, c’est le vrai problème.