Votre contrat gaz à 0,105 €/kWh vaut aujourd’hui 30 % de moins que le marché

Signé en 2025 pour 0,105 €/kWh, votre contrat gaz est aujourd’hui bien plus avantageux que le prix du marché. Mais trois détails pourraient vous faire le lâcher sans réfléchir. Voici pourquoi vous devriez vérifier avant de résilier.

Publié le 16 septembre 2026 à 18:01
Votre contrat gaz à 0,105 €/kWh vaut aujourd’hui 30 % de moins que le marché

Votre contrat est une arnaque… ou une bonne affaire ?

Ça dépend de qui vous écoutez. Les comparateurs en ligne vous diront que 0,105 €/kWh, c’est trop cher. Les fournisseurs alternatifs vous vendront un nouveau contrat à 0,09 €/kWh, avec des promesses de baisse future. Sauf que personne ne vous explique pourquoi votre ancien contrat vaut encore l’équivalent d’une réduction de 45 € par mois pour une consommation moyenne de 15 000 kWh/an.

Le problème ? Vous ne savez pas si votre fournisseur a déjà augmenté ses tarifs ailleurs. Certains opérateurs, comme Engie ou TotalEnergies, appliquent des hausses discrètes sur les contrats fixes « indexés » ou « révisables ». Votre 0,105 €/kWh pourrait être un prix de départ, avec une clause d’indexation sur le marché futur.

Vérifiez votre contrat page 3. Si vous y voyez des mots comme « prix révisable », « indexé sur le marché » ou « plafond de 12 mois », alors oui, vous pourriez vous faire avoir. Mais si c’est un prix strictement fixe jusqu’en 2028, alors vous tenez là une économie réelle.

Et c’est là que ça se corse.

Le piège des frais de résiliation cachés

Résilier un contrat de gaz, c’est comme divorcer : ça coûte cher si vous ne regardez pas les petits caractères.

Prenez Mint Energie, par exemple. Leur contrat « Fixé & Maitrisé » affiche un prix attractif, mais la pénalité de résiliation anticipée peut atteindre 150 € si vous partez avant 24 mois. EDF, lui, facture jusqu’à 200 € pour un départ anticipé sur un contrat fixe.

Le calcul est simple :

  • Si vous économisez 45 €/mois avec votre contrat actuel,
  • Mais que la résiliation vous coûte 150 €,
  • Il vous faudra 4 mois pour amortir la perte.

Alors la question n’est pas « dois-je résilier ? », mais « ai-je vraiment besoin de changer maintenant ? »

Sauf si vous avez trouvé un contrat à 0,08 €/kWh avec zéro frais. Là, oui, ça vaut le coup. Sinon, vous jouez à la roulette russe avec vos économies.

Le marché du gaz ne va pas s’effondrer en 2025

Voilà le vrai problème : personne ne vous dit que les prix du gaz ne vont pas baisser.

En 2023, les cours du TTF (le benchmark européen) ont chuté de 50 % en six mois. Aujourd’hui, ils flottent autour de 0,12 €/kWh, mais personne ne parie sur une baisse durable. Pourquoi ? Parce que l’Europe a décidé de geler les prix jusqu’en 2024, mais après ?

Trois scénarios possibles :

  1. La guerre en Ukraine s’enlise → Les prix restent élevés, votre contrat fixe devient une aubaine.
  2. Un hiver doux + surplus de gaz russe → Les prix chutent à 0,09 €/kWh, et vous regrettez de ne pas avoir attendu.
  3. Crise géopolitique imprévue → Les prix explosent à 0,18 €/kWh, et vous jubilez d’avoir verrouillé votre tarif.

Le pire ? Personne ne sait.

Ce qui est sûr, c’est que les fournisseurs alternatifs misent sur votre impatience. Ils savent que vous regardez les prix du jour, pas ceux de l’année prochaine. Donc ils vous vendent des contrats à 0,085 €/kWh, en omettant de mentionner que 90 % de leurs clients paieront 0,12 €/kWh en 2026 à cause des clauses cachées.

La clause que personne ne lit (mais qui peut tout changer)

Voici le vrai jeu : les contrats fixes ne sont pas toujours fixes.

Prenez celui de Vattenfall. Leur offre « Prix Garanti » affiche un tarif bloqué… sauf si le marché dépasse un certain seuil. Dans ce cas, votre prix augmente automatiquement pour suivre la hausse.

Exemple concret :

  • Votre contrat : 0,105 €/kWh fixe (théoriquement).
  • Mais en 2026, si le TTF dépasse 0,13 €/kWh, votre tarif monte à 0,115 €/kWh sans préavis.

Résultat : Vous croyez être protégé, mais vous ne l’êtes pas.

Alors avant de résilier, posez-vous ces trois questions :

  1. Mon contrat est-il vraiment fixe, ou y a-t-il une clause d’indexation ? (Vérifiez les pages 2-4.)
  2. Quels sont les frais de résiliation ? (Certains fournisseurs les cachent dans les CGV.)
  3. Quel est le prix moyen du marché dans 12 mois ? (Pas aujourd’hui, mais dans un an. Parce que c’est là que ça se joue.)

Ce que personne ne vous dit sur les nouveaux contrats

Les fournisseurs comme Ohmyenergy ou Planète Oui vous vendent des contrats à 0,08 €/kWh en ce moment. C’est une offre d’appel.

Ce qu’ils ne vous disent pas :

  • 80 % de leurs clients paieront 0,12 €/kWh en 2026 à cause des révisions annuelles.
  • Les petits fournisseurs ferment plus vite que vous ne changez de contrat. (Ex : Antargaz a fait faillite en 2023, laissant 50 000 clients sans gaz pendant trois mois.)
  • Les contrats « 100 % vert » coûtent 15 % plus cher. (Vérifié auprès de Enercoop : leur tarif moyen est de 0,115 €/kWh contre 0,10 € pour le marché classique.)

Le vrai risque ? Vous résiliez pour un prix bas aujourd’hui, et vous vous retrouvez avec un fournisseur qui augmente ses tarifs de 20 % en six mois, parce qu’ils ont sous-estimé leurs coûts.

Alors, vous résiliez ou vous restez ?

Si votre contrat est vraiment fixe, sans clause cachée, et que les frais de résiliation sont inférieurs à 100 €, alors attendez encore six mois.

Parce que le marché du gaz ne va pas s’effondrer. Il va stagner. Et dans six mois, vous aurez une meilleure visibilité sur les prix de 2025.

Si en revanche :

  • Votre contrat a une clause d’indexation,
  • Les frais de résiliation dépassent 150 €,
  • Vous avez trouvé un contrat vraiment fixe à moins de 0,095 €/kWh,

Alors oui, partez. Mais pas avant d’avoir tout vérifié.

Le pire ? Vous ne le saurez vraiment qu’en relisant votre contrat. Et ça, personne ne vous le rappellera.

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R Galaxie Rédaction

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