Le 17 juillet, la Bourse de Casablanca a cliqué sur suspendre. L’action CMT, Compagnie minière de Touissit, a disparu des écrans. Depuis, rien. Pas de mise à jour, pas de communication, juste un vide. Pourtant, entretemps, l’argent a fait un bond de 18 %. Pas 2 %, pas 5 %, mais près de 20 % en quelques semaines. Un métal qui monte, une mine qui stagne. Ça ne colle pas. Alors pourquoi personne ne bouge ?
Le projet qui traîne Le 17 juillet, la CMT a déposé un projet d’offre publique. Une OPA, une augmentation de capital, un truc dans ce style. Sauf que depuis, c’est le silence. Les actionnaires attendent. Les investisseurs aussi. Mais rien ne se passe. Pourquoi ? Parce que les régulateurs marocains, eux, prennent leur temps. Très lentement. À la Bourse de Casablanca, on vous répondra par des communiqués lisses : « Les procédures sont en cours. » Traduction : on n’a pas encore décidé si on valide ou pas. En attendant, l’argent, lui, continue sa route. +18 %, et la CMT, elle, reste clouée.
Un marché qui regarde ailleurs Au Maroc, les gros fonds se concentrent sur autre chose. Les banques locales, les fonds souverains, ils ont mieux à faire que de surveiller une mine d’argent oubliée. La CMT, c’est un peu le parent pauvre du secteur. Pas assez gros pour attirer les regards, pas assez médiatisé pour faire parler. Résultat : personne ne pousse. Pas les actionnaires, pas les régulateurs, pas même les analystes. Pourtant, avec un métal qui explose, une mine qui a du potentiel, et une action suspendue, c’est une aubaine. Sauf que personne ne veut être celui qui va forcer la main.
Le vrai problème : l’incertitude Ce qui bloque, ce n’est pas l’argent. C’est l’incertitude. Personne ne sait quand cette OPA va aboutir. Personne ne sait si elle aboutira. Et en Bourse, l’incertitude, c’est le pire des ennemis. Les investisseurs attendent des signes. Des chiffres, des dates, des engagements. Rien. Juste un flou artistique. Pendant ce temps, la CMT perd du terrain. Pas en production, peut-être, mais en crédibilité. Une action suspendue depuis deux mois, c’est une action qui se dévalorise. Même si le métal monte, le titre, lui, reste dans le brouillard.
Et si c’était trop tard ? Le 18 août, l’argent valait X. Aujourd’hui, il vaut X+18 %. Dans quelques semaines, il pourrait valoir X+30 %. La CMT, elle, reste bloquée. Les actionnaires minoritaires se demandent s’ils ne vont pas rater le coche. Les gros joueurs, eux, attendent de voir si le projet tient la route. Mais le temps, il passe. Et quand une action reste suspendue trop longtemps, même avec un métal qui explose, les investisseurs finissent par se lasser. Ils partent ailleurs. Vers des valeurs plus claires, plus liquides, moins risquées.
Ce que personne ne dit Officiellement, tout va bien. La CMT a un projet, les régulateurs étudient, le marché observe. En réalité, c’est une course contre la montre. Plus l’action reste suspendue, plus le risque de voir les investisseurs se détourner grandit. Et quand ils partiront, ce ne sera pas pour revenir. Parce qu’une fois que la confiance est perdue, même avec un métal qui explose, personne ne veut plus jouer.
Le vrai enjeu : la confiance Ce qui se joue avec la CMT, ce n’est pas juste une OPA. C’est la confiance dans le marché marocain. Si une action peut rester suspendue pendant des mois sans explication claire, alors les investisseurs se disent : « Ici, on ne contrôle rien. On ne sait rien. On attend. » Et ça, c’est un poison. Un marché où les actions disparaissent des écrans sans raison valable, c’est un marché qui perd en attractivité. Même si l’argent monte, même si les mines ont du potentiel, si les règles ne sont pas claires, personne ne viendra.
La question qui tue Alors, la CMT va-t-elle enfin sortir de suspension ? Ou va-t-elle rester bloquée, comme un fantôme du marché marocain ? Les actionnaires attendent. Les investisseurs aussi. Mais le temps, lui, ne s’arrête pas. Et quand une action reste trop longtemps dans l’ombre, même avec un métal qui brille, personne ne veut plus y croire.
Le dernier mot La CMT n’est pas un cas isolé. C’est un symptôme. Un marché qui hésite, des régulateurs qui traînent, des investisseurs qui se méfient. Si rien ne change, ce ne sera pas que l’argent qui perdra. Ce sera tout le secteur.
Et ça, personne ne le dit encore.