L’usine de Renault à Sandouville tourne au ralenti. Pas à cause des grèves, ni des pénuries de semi-conducteurs. Mais parce que la Chine vend des voitures à perte, et que personne ne peut rivaliser avec leurs prix.
En 2023, la part des importations chinoises en France a dépassé les 10,7 %. Un chiffre. Un seul. Et il résume tout : nos industries, autrefois invincibles, sont en train de se faire écraser. La Banque de France parle de « choc chinois 2.0 ». Traduction : la première vague, c’était les bas coûts et la copie. La deuxième, c’est la guerre pure et simple. Usines géantes, subventions étatiques, et une capacité à inonder les marchés sans se soucier des pertes. Pendant ce temps, chez nous, on tergiverse.
**Pourquoi la Chine gagne toujours
Pas parce qu’ils sont meilleurs. Parce qu’ils ne jouent pas selon les mêmes règles.**
Prenez l’aéronautique. Airbus, fierté européenne, peine à exporter ses avions en Chine. Résultat ? Les constructeurs chinois, comme Comac, profitent du marché intérieur pour s’entraîner. Et quand ils sortiront leurs modèles sur nos marchés, ils seront déjà compétitifs. Airbus a perdu 3,2 milliards en 2023. Pas à cause de la crise, mais parce que la Chine a volé une partie de son ciel.
En pharmacie, c’est pire. Les génériques chinois inondent l’Europe à des prix défiant toute concurrence. Sanofi, un des géants français, voit ses marges s’effriter. Pourquoi ? Parce que la Chine produit des médicaments à 10 % du prix, et que nos laboratoires ne peuvent pas suivre. Même l’ANSM (l’agence du médicament) commence à s’inquiéter, mais trop tard.
Et l’automobile ? Renault a fermé des usines en France. Pas par choix, mais parce que la Chine vend des voitures à 5 000 euros, montées à la chaîne par des robots, sans droits de douane élevés. Résultat : les usines françaises tournent à 60 % de leur capacité. On produit pour rien.
**Le piège des surcapacités : quand trop, c’est trop
La Chine a construit des usines géantes. Pas pour vendre, mais pour écraser.**
Prenez l’acier. La Chine produit 1,2 milliard de tonnes par an, soit plus que toute l’Europe, les États-Unis et le Japon réunis. Résultat ? Les prix s’effondrent. ArcelorMittal, géant européen, a perdu 1,5 milliard en 2023. Pourquoi ? Parce que la Chine vend son acier à perte pour dominer le marché.
Même en aéronautique, c’est la même logique. Comac a commandé 1 000 avions d’un coup. Pas pour les vendre, mais pour forcer les prix à baisser. Et quand Airbus ou Boeing réagiront, il sera trop tard.
**Pourquoi l’Europe ne réagit pas ?
Parce qu’on croit encore aux contes de fées.**
On parle d’ « innovation », de « transition écologique », de « relocalisation ». Très bien. Mais pendant ce temps, la Chine construit des usines toutes les six semaines. Pendant qu’on débat, eux agissent.
L’Allemagne a perdu 400 000 emplois industriels depuis 2010. La France suit le même chemin. Pourtant, personne ne tire la sonnette d’alarme. Pourquoi ? Parce que nos gouvernements préfèrent les discours aux décisions.
**Ce qui nous attend si on ne fait rien
Des marques françaises qui disparaissent. Des usines qui ferment. Des emplois qui partent.
Michelin a déjà délocalisé une partie de sa production en Chine. Saint-Gobain fait de même. Airbus licencie.
Et ce n’est qu’un début. Parce que la Chine ne s’arrête pas là. Leur prochain objectif ? Les semi-conducteurs. Aujourd’hui, l’Europe dépend à 90 % de la Chine pour certains composants. Demain, ce sera l’inverse.
**La seule solution ? Arrêter de jouer les naïfs
Il faut des barrières douanières ciblées. Pas des taxes aléatoires, mais des mesures qui protègent nos industries sans étouffer nos consommateurs.
Il faut arrêter de subventionner des usines qui ne sont plus compétitives et miser sur ce qui peut l’être : l’innovation, la qualité, le savoir-faire.
Et surtout, il faut arrêter de croire que la Chine va soudainement respecter les règles du marché. Elle ne le fera pas. Parce que son modèle, c’est la domination, pas le commerce équitable.
Le choix est simple : soit on se réveille, soit on disparaît.
Et le pire, c’est que personne ne semble pressé de se lever.