Les femmes ignorent encore comment se palper les seins

Un atelier est organisé vendredi 16 octobre pour apprendre à détecter un cancer du sein. Mais la moitié des femmes ne le font pas. Pourquoi ? Parce que ça fait peur, parce que ça dérange, parce qu’on ne sait pas comment faire. Voici ce qu’il faut savoir avant d’y aller.

Publié le 15 octobre 2026 à 10:08
Les femmes ignorent encore comment se palper les seins

Le 16 octobre, à la maison des associations, rue de la Gare, un atelier d’autopalpation sera ouvert aux femmes. Pas besoin de s’inscrire, pas besoin de motivation particulière. Juste montrer que vous êtes là, et qu’on vous explique comment faire. Sauf que beaucoup ne viendront pas. Pas par indifférence, mais par peur. Ou par méconnaissance. Ou parce que ça semble trop simple pour être vrai : et si je me trompe ? Et si je trouve quelque chose ? Et si je fais mal à mes seins en les malaxant comme des pâtes à modeler ?

Le chiffre qui cloche Selon l’Institut National du Cancer, 80 % des cancers du sein sont détectés par les femmes elles-mêmes. Pourtant, une étude de Santé Publique France de 2022 révèle que seulement 50 % des femmes de 25 à 64 ans pratiquent régulièrement l’autopalpation. La moitié. Et parmi celles qui le font, beaucoup le font mal. Trop superficiellement, trop rarement, ou en évitant les zones sensibles. Résultat : des tumeurs détectées trop tard, des traitements plus lourds, des vies raccourcies.

Pourtant, l’atelier du 16 octobre n’est pas une première. Chaque année, des associations, des médecins, des infirmières répètent les mêmes gestes, les mêmes mots. Alors pourquoi ça ne marche pas mieux ? Parce que parler de cancer du sein, c’est comme parler de la mort. On sait que c’est grave, mais on préfère ne pas y penser. Sauf que ne pas y penser, ça tue.

Ce que personne ne vous dira à l’atelier À la maison des associations, on vous montrera comment passer les doigts sous les aisselles, comment appuyer fermement sous la clavicule, comment sentir les ganglions. On vous dira de le faire une fois par mois, sous la douche, quand la peau est détendue. Mais on ne vous dira pas que la plupart des femmes ont peur de ce qu’elles pourraient trouver. Ni que beaucoup abandonnent après le premier essai parce que ça leur a fait mal. Ni que certaines attendent des années avant d’en parler à un médecin, par honte ou par peur du jugement.

Et puis, il y a le côté pratique. Combien de femmes savent vraiment où et comment palper ? Combien osent appuyer assez fort pour sentir une anomalie ? Une étude du Journal of Clinical Oncology a montré que 30 % des femmes ne palpent même pas leurs seins correctement. Elles glissent les doigts sans pression, évitent les zones douloureuses, ou ne vérifient qu’un seul sein. Comme si l’autre était protégé par un sort.

Le vrai problème n’est pas le manque d’information On vous donnera des flyers, des schémas, des dates de dépistage. Mais le vrai problème, c’est la peur. La peur de toucher, la peur de trouver, la peur de ce que ça pourrait signifier. Et puis, il y a la question du temps. Dans une société où chaque minute compte, se palper les seins, c’est prendre cinq minutes pour soi. Cinq minutes qui semblent superflues quand on a mille autres choses à faire.

Pourtant, ces cinq minutes peuvent sauver votre vie. Ou du moins, vous donner une chance de la sauver plus tôt. Le cancer du sein, quand il est détecté tôt, a un taux de survie à cinq ans de 99 %. À un stade avancé, il tombe à 27 %. Cinq minutes par mois, c’est tout ce qui sépare ces deux chiffres.

Pourquoi cet atelier est une bonne idée (mais pas une solution miracle) L’atelier du 16 octobre a du mérite. Il existe. Il est gratuit. Il est accessible. Mais il ne suffira pas. Parce que le problème n’est pas l’accès à l’information, c’est le rapport au corps. Beaucoup de femmes ne se palpent pas parce qu’elles ne veulent pas se confronter à leur propre corps. Parce que les seins, c’est sensible. Parce que ça rappelle qu’on est une femme, avec des risques, avec des faiblesses.

Et puis, il y a la question de la confiance. Combien de femmes osent vraiment se palper devant des inconnus ? Même dans un atelier, même avec des professionnelles, certaines auront du mal à lever la main pour demander : « Mais là, je fais comment ? » ou « J’ai trouvé quelque chose, c’est normal ? »

Ce que vous devez faire avant d’y aller Si vous allez à l’atelier, ne venez pas les mains vides. Préparez-vous. Googlez « comment faire une autopalpation des seins » avant. Regardez une vidéo. Notez les étapes. Parce que le jour J, on ne vous forcera pas à toucher vos seins devant tout le monde. On vous expliquera, vous poserez des questions, et vous repartirez avec des conseils. Mais si vous ne vous êtes pas préparé·e, vous repartirez peut-être avec plus de doutes qu’avant.

Et surtout, ne vous attendez pas à ce que ça soit magique. L’autopalpation, ce n’est pas une garantie. C’est un outil. Un outil parmi d’autres. Mais c’est le seul que vous avez entre vos mains.

La dernière chose à savoir Le cancer du sein, ça ne touche pas que les femmes âgées. Ça touche les jeunes, les sportives, celles qui n’ont jamais fumé. Ça touche même celles qui se palpent « correctement ». Parce que parfois, le cancer se développe en quelques semaines. Parce que parfois, il est là sans qu’on l’ait vu.

Alors oui, allez à l’atelier. Mais ne comptez pas sur lui pour tout résoudre. Comptez sur vous. Parce que personne ne connaît votre corps mieux que vous.

Et si vous trouvez quelque chose, allez voir un médecin. Sans attendre. Sans hésiter. Même si ça vous fait peur.

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R Galaxie Rédaction

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