Pourquoi les Flamands résistent-ils ?
La réponse est simple : ils ont trouvé des solutions. Des solutions qui coûtent moins cher que la taxe. Des solutions qui contournent le système. Parce que 3 euros, pour un jeune qui dépense 20 euros par mois chez Shein, c’est une goutte d’eau. Alors ils commandent moins souvent. Ou ils regroupent leurs commandes. Ou ils utilisent des comptes amis pour éviter les frais. À Anvers, un vendeur de la rue Kloosternevel a vu ses clients diviser par deux leurs achats. Mais pas parce qu’ils ont compris l’enjeu écologique ou social. Parce que 3 euros, c’est cher pour trois paires de chaussettes. Point.
Et puis il y a ceux qui ne paient pas. Ceux qui mentent sur leur adresse. Ceux qui utilisent des numéros de téléphone étrangers pour éviter les frais de douane. Le gouvernement belge a beau envoyer des lettres d’avertissement, ça ne change rien. Parce que pour beaucoup, la taxe, c’est une formalité. Un détail. Une broutille.
Ce que la Wallonie et Bruxelles font de mieux
À Bruxelles, les gens achètent moins. Pourquoi ? Parce que la ville est petite. Parce que les gens se connaissent. Parce que la pression sociale est plus forte. À Bruxelles, on parle. On se dit : « Tu achètes encore chez Shein ? Mais t’as vu le prix maintenant ? » Et ça marche. En Wallonie, c’est un peu la même chose. Les villes comme Charleroi ou Mons, où le pouvoir d’achat est déjà serré, ont vu leurs habitants réduire leurs dépenses. Pas parce qu’ils sont écolos. Parce qu’ils n’ont pas le choix.
Mais en Flandre, c’est différent. Là-bas, on a l’habitude de tout acheter en ligne. On a l’habitude de tout comparer. On a l’habitude de tout optimiser. Alors 3 euros, ce n’est rien. Un détail. Une variable dans l’équation.
Le vrai problème : la Chine ne lâche rien
Pendant ce temps, Shein et Temu continuent de déverser des stocks. Des stocks à prix cassés. Des stocks qui arrivent en Belgique en 48 heures. Des stocks qui font oublier la taxe. Parce que 3 euros, c’est le prix d’un café. Mais quand vous avez une réduction de 70 % sur un pull, vous oubliez tout. Même la taxe. Même l’éthique. Même la qualité.
Le gouvernement belge a cru que 3 euros suffiraient. Qu’une petite taxe suffirait à faire changer les habitudes. Mais non. Parce que la vraie bataille, ce n’est pas contre les consommateurs. C’est contre les plateformes. Contre les livraisons ultra-rapides. Contre les prix qui écrasent tout. Contre un système qui a été conçu pour que personne ne résiste.
Et si la taxe ne suffisait pas ?
Alors on en met une autre. Une plus grosse. Une qui fait mal. Une qui oblige à réfléchir. Parce que 3 euros, c’est une blague. Une blague qui coûte cher à la Belgique. Une blague qui coûte cher à l’environnement. Une blague qui coûte cher aux travailleurs chinois exploités.
Le Grand Baromètre le prouve : la taxe marche. Mais elle ne marche pas assez. Et tant qu’on ne touchera pas aux vraies raisons, les prix, la rapidité, l’offre infinie, les Belges continueront d’acheter chez Shein et Temu. Peu importe le coût.
La vraie question, c’est : jusqu’où ira-t-on ?
Parce que si 3 euros ne suffisent pas, alors quoi ? 5 euros ? 10 ? Une interdiction pure et simple ? Personne n’en parle. Personne ne veut affronter le vrai débat. Parce que c’est plus facile de taxer un colis que de s’attaquer à un géant comme Shein. Plus facile de fermer les yeux que de regarder la réalité en face.
Alors on attend. On attend que la taxe monte. On attend que les gens se lassent. On attend que quelque chose, n’importe quoi, change.
Mais en attendant, les achats continuent. Et la Belgique paie.