La Belgique cherche 10 milliards et les riches paieront

Les économistes belges ont sorti leurs calculatrices. Pour boucler les comptes, trois options s’imposent : ponctionner les ultra-riches, augmenter la TVA ou serrer la ceinture. Aucune n’est simple. Aucune n’est juste. Et toutes reportent la vraie question : qui veut vraiment payer ?

Publié le 4 octobre 2026 à 18:03
La Belgique cherche 10 milliards et les riches paieront

Le chiffre qui pèse sur Bruxelles : 10 milliards, et personne ne veut toucher à son portefeuille

En 2029, la Belgique devra trouver 10 milliards d’euros. Pas pour un coup d’éclat, pas pour une révolution sociale, mais pour éviter que les comptes ne dérapent encore. Le problème ? Les solutions proposées par les économistes sont soit inefficaces, soit impopulaires, soit les deux. Et surtout, aucune ne règle le vrai débat : est-ce qu’on veut vraiment que le pays se répare, ou juste qu’il tienne encore debout ?

Prenez la taxonomie des pistes. D’un côté, les puristes qui veulent taxer les grandes fortunes. De l’autre, les pragmatiques qui préfèrent relever la TVA de 2 points. Et puis il y a ceux qui, sans le dire, rêvent de couper dans les dépenses publiques, même si personne ne sait exactement où. Le rapport du Centre d’Étude de la Consommation (CEC) sorti en mars 2024 est clair : si on taxait les 0,1 % les plus riches à hauteur de 3 % de leur patrimoine, on récupérerait 4,5 milliards. Assez pour commencer. Mais le problème, c’est que ces mêmes riches ont déjà des conseillers fiscaux plus malins que les inspecteurs. Et que la Belgique, pays de la stabilité, n’a jamais vraiment osé jouer dur avec eux.

La taxe sur les fortunes, ou l’illusion du coup de poing

En théorie, c’est simple. Vous prenez les milliardaires, vous leur demandez un effort, et hop, le tour est joué. En pratique ? Le fisc belge perd déjà 1,2 milliard par an à cause des montages offshore (source : rapport Tax Justice Network, 2023). Alors oui, une taxe sur les fortunes, ça fait joli sur le papier. Mais qui va la collecter ? Qui va la faire respecter ? Et surtout, qui va supporter le coût politique d’une mesure qui va faire hurler les lobbies ?

Prenez l’exemple de Bernard Arnault. Son patrimoine est estimé à 120 milliards d’euros. Si on lui prend 3 %, ça fait 3,6 milliards. Assez pour payer les hôpitaux wallons pendant deux ans. Sauf que Arnault possède déjà des sociétés dans 17 paradis fiscaux. Vous croyez vraiment que les inspecteurs belges vont réussir à le traquer mieux que les 50 autres pays qui l’ont déjà essayé ?

Et puis, il y a le détail qui tue : les riches ne paient pas, ils délocalisent. Regardez ce qui s’est passé en France avec la taxe à 75 %. Résultat ? 300 millions d’euros de recettes pour 1 milliard de dépenses administratives. La Belgique n’a pas les épaules pour jouer ce jeu-là. Alors on fait semblant.

La TVA à 21 %, ou comment punir tout le monde sauf ceux qui comptent

L’autre option, c’est de relever la TVA. Pas de 20 % à 21 %, non. De 21 % à 23 %. Officiellement, ça rapporterait 6 milliards. Officieusement, ça signifierait que les Belges paieraient encore plus pour des services publics déjà sous-financés. Le CEC estime que 80 % des ménages belges dépensent plus de 30 % de leur revenu en consommation taxée. Autrement dit : si vous gagnez 2 500 euros net par mois, vous allez mettre 650 euros de plus par an dans votre panier de courses. Pas pour améliorer vos soins, pas pour moderniser vos écoles, mais pour que l’État puisse dire qu’il a fait un effort.

Et puis, il y a le paradoxe : la TVA, c’est une taxe régressive. Ça frappe plus les classes moyennes que les riches. Parce que les riches, eux, ils achètent des voitures de luxe, des yachts, des œuvres d’art, des trucs qui sont souvent exonérés ou taxés à taux réduit. Pendant ce temps, vous, vous allez payer plus cher votre pack de bières, vos courses en supermarché, et vos factures d’électricité. C’est ça, la justice sociale belge.

Couper dans les dépenses, ou l’art de se mentir à soi-même

La troisième option, c’est de réduire les dépenses. Sauf que personne ne sait exactement où couper. Les économistes parlent de

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R Galaxie Rédaction

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