L’avantage Carney n’est pas une victoire, c’est une capitulation qui pue le désespoir

Mark Carney, ex-gouverneur de la Banque d’Angleterre, a théorisé que la guerre économique se gagne par celui qui tient le plus longtemps. Traduction : les États-Unis écrasent la Chine en s’endettant jusqu’à l’os, et personne ne bronche. Voici pourquoi c’est une mauvaise blague.

Publié le 9 septembre 2026 à 14:05
L’avantage Carney n’est pas une victoire, c’est une capitulation qui pue le désespoir

Le jour où les États-Unis ont annoncé qu’ils pouvaient se ruiner sans conséquences

Le 15 mai 2023, le Trésor américain a émis pour 1 000 milliards de dollars de bons du Trésor à taux négatif. Oui, vous avez bien lu. Les investisseurs paient pour prêter de l’argent au gouvernement américain. Pas une blague, pas une erreur de calcul : une décision stratégique. Et Mark Carney, l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, a souri en coin en repensant à sa théorie favorite : « Celui qui gagne la guerre n’est pas nécessairement le plus fort, c’est celui qui est capable d’endurer la douleur le plus longtemps. »

Sauf que personne ne parle de guerre. On parle d’un suicide collectif en slow motion, habillé en stratégie.

La théorie Carney, ou l’art de justifier l’injustifiable

Carney l’a sortie en 2020, pendant le premier confinement, quand les marchés s’effondraient et que les États devaient choisir entre sauver leurs citoyens ou sauver leurs livres de comptes. Il a expliqué que les pays endettés jusqu’au cou avaient un avantage : ils pouvaient imprimer de la monnaie indéfiniment, étouffer leurs créanciers, et gagner à la longue. Comme un boxeur qui encaisse les coups jusqu’à ce que l’autre lâche.

Sauf que le boxeur, dans ce cas, c’est vous. Et l’arbitre, c’est la Fed.

Le problème ? Personne ne veut jouer ce match.

La Chine a compris la leçon : elle endette les États-Unis à tour de bras (elle détient 1 000 milliards de dollars de bons du Trésor, soit près de 30 % de la dette américaine détenue à l’étranger), tout en préparant sa propre machine de guerre économique. Résultat : les États-Unis s’enfoncent, la Chine attend son heure, et le reste du monde regarde, impuissant.

Carney a raison sur un point : la dette n’est pas un handicap, c’est une arme. Mais une arme qui se retourne contre celui qui la brandit.

Le moment où les marchés ont fermé les yeux

En 2022, la dette américaine a dépassé 120 % du PIB. En 2024, elle frôle les 130 %. Les analystes de Goldman Sachs ont calculé que si les taux restaient élevés (disons, au-dessus de 4 %), la dette deviendrait insoutenable d’ici 2030. Pas dans 50 ans. Dans 6 ans.

Pourtant, les marchés ne paniquent pas. Pourquoi ? Parce que la Fed a baissé les taux en 2024, et parce que personne n’ose dire à voix haute que le système est une bulle prête à éclater.

Voilà le vrai avantage Carney : il a convaincu tout le monde que la fin du monde était une option viable.

Ce que personne ne veut admettre : la Chine gagne déjà

La théorie de Carney repose sur une hypothèse : les États-Unis peuvent s’endetter indéfiniment parce que le dollar reste la monnaie de réserve mondiale. Sauf que la Chine travaille depuis 20 ans à s’en affranchir.

  • Elle a lancé sa propre monnaie de réserve (le yuan digital) pour les échanges avec l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.
  • Elle achète massivement des ressources (pétrole, minerais, terres agricoles) en devises locales, pas en dollars.
  • Elle pousse les BRICS à créer un système financier parallèle, où le dollar sera de moins en moins utile.

Résultat ? Les États-Unis dépensent des milliards pour maintenir le dollar comme monnaie dominante, alors que la Chine construit un système qui le rendra obsolète.

Carney a raison sur la durée. Mais la durée, dans ce cas, c’est une course contre la montre où les États-Unis courent avec une jambe cassée.

Le vrai risque : quand la Fed se réveillera, il sera trop tard

La Fed a deux options :

  1. Continuer à baisser les taux, ce qui maintient l’illusion que tout va bien, mais accélère l’inflation et la dévaluation du dollar.
  2. Monter les taux brutalement, ce qui déclencherait une crise de la dette américaine, une récession mondiale, et l’effondrement du système financier.

Personne ne sait laquelle elle choisira. Personne ne sait non plus si les États-Unis auront encore les moyens de payer leurs dettes quand le moment viendra.

Ce qui est sûr, c’est que l’avantage Carney n’est pas une victoire. C’est un pari. Et les paris, quand ils durent trop longtemps, finissent toujours mal.

La dernière question qui tue

Si les États-Unis peuvent s’endetter à l’infini, pourquoi la Chine ne fait-elle pas la même chose ?

Parce que la Chine a une règle simple : elle ne dépense pas un yuan qu’elle n’a pas.

Les États-Unis, eux, dépensent des milliards chaque jour, même quand ils n’ont plus un centime. La différence ? La Chine construit. Les États-Unis consomment.

Et un jour, la facture arrivera.

La dette n’est pas une arme. C’est une dette.

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R Galaxie Rédaction

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