La province transforme ses champs en usines à matières premières

En 2026, la province mise sur 683 zones de culture et 107 installations d’export pour booster ses produits agricoles. Mais derrière les chiffres, une stratégie qui divise et des questions qui restent sans réponse. Qui en profite vraiment ?

Publié le 28 septembre 2026 à 14:09
La province transforme ses champs en usines à matières premières

L’export prime sur la souveraineté alimentaire

La province mise gros sur l’export. En 2026, 42 % des récoltes issues des zones concentrées étaient destinées à l’extérieur du pays, selon les douanes. Pourquoi ? Parce que les marchés étrangers paient plus cher les matières premières brutes que les produits transformés localement. Le problème ? Cette stratégie affaiblit la capacité de la province à se nourrir elle-même.

Prenez le cas du soja. La province en produit des tonnes pour l’alimentation animale, mais 90 % de cette production est exportée vers la Chine et l’Inde. Résultat : les éleveurs locaux dépendent de plus en plus des importations, à des prix souvent plus élevés que ceux pratiqués sur les marchés locaux. Une aberration économique, mais personne ne semble s’en soucier.

Et puis, il y a la question des semences. Les zones concentrées reposent souvent sur des hybrides brevetés, vendus par des multinationales comme Monsanto ou Bayer. Qui contrôle la biodiversité ? Qui décide ce qui peut ou ne peut pas être cultivé ? Les agriculteurs, ou les actionnaires des géants de l’agrochimie ?

Ce que les chiffres ne disent pas

Derrière les 28 400 hectares et les 683 zones, il y a une réalité moins glorieuse : la précarisation des petits producteurs. Ceux qui ne peuvent pas suivre le rythme des contrats imposés se retrouvent exclus du système. En 2024, 12 % des exploitations agricoles de la province ont disparu, selon la Commission de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Beaucoup ont été rachetées par des groupes industriels ou ont simplement fermé faute de rentabilité.

Et puis, il y a l’environnement. Les zones concentrées reposent sur des monocultures intensives, qui épuisent les sols et nécessitent des quantités croissantes d’engrais et de pesticides. Personne ne mesure vraiment l’impact à long terme, parce que les études indépendantes manquent de financement.

La vraie question : qui décide ?

La province vante son modèle comme une réussite économique. Les médias relaient les chiffres sans poser les bonnes questions. Mais qui a vraiment intérêt à cette concentration ?

  • Les transformateurs : ils ont accès à des matières premières bon marché et en quantité illimitée.
  • Les exportateurs : ils écoulent vers des marchés où les normes sont moins strictes.
  • Les actionnaires des coopératives : ils maximisent leurs marges sans risque.

Les agriculteurs ? Ils sont souvent les derniers de la chaîne. Les consommateurs ? Ils paient le prix fort pour des produits transformés importés, pendant que leurs propres champs produisent des matières premières à bas coût.

En 2026, la province compte 683 zones et 107 installations d’export. Derrière ces chiffres, il y a une stratégie économique, pas une révolution agricole. La question n’est pas de savoir si ça marche, mais pour qui ça marche vraiment.

Et surtout : jusqu’à quand les agriculteurs vont-ils accepter de jouer les fournisseurs sans voix d’un système qui les broie ?

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R Galaxie Rédaction

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