Zidane et Mancini ont vidé leurs équipes. Les autres ont choisi la guerre

La France et l’Italie ont misé sur le turnover massif. Résultat : des équipes en lambeaux et une question qui dérange. Comment les autres ont-ils géré leurs effectifs ? La réponse n’est pas celle qu’on croit.

Publié le 30 septembre 2026 à 22:11
Zidane et Mancini ont vidé leurs équipes. Les autres ont choisi la guerre

Le turnover, ça se paie. En sang et en résultats

Zidane l’a dit lui-même après la défaite contre l’Allemagne : « On a manqué de profondeur. » Traduction : on a vidé les placards, et il ne restait plus que des miettes. La France a aligné 23 joueurs à l’Euro. Vingt-trois. Pour six matchs. À titre de comparaison, la Belgique en 2018 en avait utilisé 18 sur toute la compétition. La Croatie, 17. Même l’Allemagne, championne en titre, n’en a pas utilisé plus de 20. La France, elle, a pulvérisé le record. Et le pire ? Ce n’est pas une exception. C’est devenu la norme. Mancini, lui, a poussé le raisonnement plus loin : « Je ne veux pas d’un joueur qui s’ennuie. » Traduction bis : « Je veux des joueurs qui crèvent à 28 ans. » Parce qu’un joueur qui ne s’ennuie pas, c’est un joueur qui joue. Beaucoup. Trop. Résultat : des effectifs en lambeaux, des joueurs usés avant 30 ans, et des équipes qui tiennent debout parce que le niveau général a chuté. Personne ne veut le dire, mais c’est ça, la vérité. Le turnover, ce n’est pas une stratégie. C’est une fuite en avant.

Pourquoi les autres pays résistent (un peu)

Alors oui, tout le monde fait pareil. Mais pas tout le monde assume. La Belgique, par exemple, a gardé ses piliers jusqu’au bout. De Bruyne, Lukaku, Hazard, ils ont tous joué presque tous les matchs. Résultat ? Une équipe solide, même si moins spectaculaire. La Croatie aussi a misé sur la continuité, avec Modrić et Kovačić comme socles. Et ça a marché : ils ont tenu le choc jusqu’en demi-finale. Même la Turquie, avec Montella, a joué la carte de la stabilité. Pas de turnover massif, pas de joueurs jetables. Juste des mecs qui connaissent leur rôle et qui le jouent jusqu’au bout. Le problème ? Ça ne fait pas vendre de billets. Une équipe qui tourne comme une toupie, ça fait des images. Une équipe qui tient, ça fait des résultats. Et les résultats, aujourd’hui, ça se paie en likes.

Le vrai coût du turnover : les joueurs brisés

Prenez Mbappé. En 2022, il a joué 14 matchs avec la France. En 2023 ? 17. Mais combien de ces matchs étaient complets ? Combien de fois a-t-il été aligné en début de match, sans rotation ? Très peu. Parce que Zidane préfère le faire tourner, le préserver, le « gérer ». Traduction : le casser à petit feu. Résultat ? Mbappé a 25 ans et il court comme un homme de 30. Pas par choix, mais par usure. Pareil pour Griezmann, qui a enchaîné les saisons à Barcelone et en équipe de France sans jamais avoir de repos. Ou Kante, qui a tenu jusqu’à 30 ans avant de s’effondrer. Le turnover, ce n’est pas qu’une question de stratégie. C’est une machine à broyer des talents.

Ce que les autres pays font sans le dire

Alors oui, tout le monde fait du turnover. Mais pas de la même façon. L’Allemagne, par exemple, a une rotation plus intelligente : elle garde ses piliers (Kroos, Müller, Havertz) et fait tourner autour. Résultat ? Une équipe qui tient la distance sans s’épuiser. La Belgique aussi a une approche plus pragmatique : De Bruyne et Lukaku sont des valeurs sûres, et on les fait jouer quand ils sont frais. Même le Portugal, avec Santos, a évité le piège du turnover systématique. Ronaldo, Bruno Fernandes, Bernardo Silva, ils sont là depuis des années, et ça marche. Parce que le turnover, ce n’est pas une question de quantité. C’est une question de qualité. Et de bon sens.

Le turnover, c’est fini. Ou presque

Alors pourquoi Zidane et Mancini continuent-ils ? Parce que personne ne leur dit stop. Parce que les médias adorent les histoires de jeunes talents prometteurs. Parce que les sponsors veulent des joueurs qui courent, même s’ils sont à bout. Et parce que, au fond, personne n’a vraiment envie de parler de l’autre option : celle où on garde ses joueurs, où on les préserve, où on gagne des matchs sans tout casser.

Le turnover, c’est le symptôme d’un football qui a perdu le nord. Un football où l’on préfère changer les joueurs plutôt que de changer les méthodes. Où l’on préfère brûler les talents plutôt que de les faire durer. Et le pire ? Personne ne semble vouloir en parler. Parce que ça fait mal. Parce que ça force à regarder la réalité en face.

La vraie question, personne ne la pose

Combien de temps encore avant que les fédérations réalisent que le turnover, ça ne marche plus ? Combien de temps avant que les joueurs refusent d’être des pions jetables ? Et surtout : combien de temps avant que les sélectionneurs arrêtent de mentir sur ce qu’ils font vraiment ? Parce que la vérité, c’est simple. Le turnover, ça ne fait pas gagner des matchs. Ça fait gagner des images. Et ça, ça ne dure pas.

La France et l’Italie ont choisi leur camp. Les autres pays aussi. Mais eux, au moins, ils ne le crient pas sur tous les toits.

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R Galaxie Rédaction

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