Pourquoi Niakhaté est-il devenu indispensable ?
En 2022, quand Aliou Cissé l’a appelé pour la première fois en sélection, personne ne le voyait comme un titulaire. Un jeune prometteur, oui. Un remplaçant, peut-être. Mais pas un cadre. Deux ans plus tard, il est le seul défenseur central sénégalais capable de tenir 90 minutes sans craquer. Regardez les stats : depuis son arrivée en Ligue 1, Niakhaté a enchaîné les performances solides avec Lyon. En sélection, il a été décisif contre l’Algérie en 2023 (but en tête-à-tête contre Slimani), et il reste le seul à avoir tenu tête à des attaquants comme Mbappé ou Haaland lors des matchs amicaux. Sans lui, le Sénégal se retrouve avec deux options : Ibrahima Diallo, 30 ans, usé, et Fode Ballo-Touré, 23 ans, trop vert pour assumer le poste en continu.
Et puis il y a le contexte tactique. Cissé a construit son 3-4-3 autour de Niakhaté comme pivot. Sans lui, la charnière centrale se déséquilibre. Les latéraux, Diédhiou et Mendy, ne peuvent pas tout faire. Le problème, c’est que la FSF ne semble pas avoir de plan B. Depuis des mois, les rumeurs courent sur des arrivées, un certain Sadio Mané aurait même évoqué le nom de Kalidou Koulibaly (qui a décliné, merci). Mais rien ne bouge. Pourquoi ? Parce que personne ne veut assumer la responsabilité d’un échec.
Les autres absences qui dérangent
Niakhaté n’est pas le seul à manquer. Cheick Doukouré, latéral droit, est suspendu. Ismaïla Sarr, milieu défensif, est blessé. Bamada, attaquant, a dit forfait pour « raisons personnelles ». Sur les 23 joueurs convoqués, trois au moins sont absents pour blessure ou suspension. Et ce n’est même pas un match comptant.
Pourtant, la FSF ne panique pas. Elle sort des jeunes, comme elle l’a toujours fait. Mais est-ce une solution ? Regardez le dernier match contre la Guinée : le Sénégal a encaissé trois buts. Contre une équipe bien moins dangereuse que les Comores, qui ont quand même un attaquant capable de jouer en pointe, El-Fardou.
Le vrai danger, ce n’est pas les Comores. C’est la tendance. Depuis 2021, le Sénégal aligne des équipes affaiblies en amicale. Parce que les joueurs sont épuisés par la Ligue 1, la Ligue des Champions, et les tournées interminables. Parce que la FSF ne veut pas prendre de risques avant la CAN. Parce que personne ne veut assumer les conséquences d’un mauvais choix.
Ce que les Comores vont exploiter
Les Comores ne sont pas une équipe de haut niveau. Mais elles savent une chose : le Sénégal a peur de ses propres ombres.
- Elles vont monter haut. Avec un milieu court et un attaquant rapide, elles vont chercher les espaces entre les lignes. Et comme le Sénégal joue en 3-4-3, ces espaces sont immenses.
- Elles vont cibler les latéraux. Diédhiou et Mendy sont solides, mais pas infaillibles. Et si l’un des deux se fait buter, le Sénégal n’a pas de remplaçant crédible.
- Elles vont jouer la fatigue. 30 % des titulaires sénégalais ont plus de 28 ans et jouent en Europe. Les Comores, elles, sont des locaux, frais, et connaissent leur terrain.
Le scénario le plus probable ? Un match serré, avec des occasions pour les deux équipes. Mais si le Sénégal perd, ce ne sera pas à cause des Comores. Ce sera à cause de ses propres choix.
La CAN approche, et personne ne parle des vrais problèmes
La FSF répète à l’envi : « On se concentre sur la CAN. » Très bien. Mais sans défenseurs, sans rotation, sans plan de relève, la CAN sera un cauchemar.
Prenez Kalidou Koulibaly. 29 ans, en pleine forme, capitaine de la Seleçao. Il aurait pu être une solution pour le Sénégal. Mais la FSF a tergiversé, et maintenant, il est trop tard. Parce que Koulibaly ne veut pas d’une sélection qui le traite comme un plan B.
Prenez Ibrahima Konaté. 26 ans, milieu défensif, capable de jouer au poste de Niakhaté en cas de besoin. Il est à Liverpool, mais la FSF ne le convoque jamais. Pourquoi ? Parce qu’il exige un statut clair.
Le Sénégal a les moyens. Mais il manque la volonté.
Ce match est un test. Et le Sénégal va le rater.
Les Comores ne feront pas la différence. Ce qui compte, c’est ce que ce match révèle : une équipe qui s’appuie sur des joueurs usés, une fédération qui tergiverse, et une génération de talents qui attend toujours sa chance.
Si le Sénégal gagne, ce sera par la chance. S’il perd, ce sera par la négligence.
Et la CAN, elle, sera là dans six mois. Avec les mêmes problèmes.