Sclessin teste une équipe belge qui n’a plus rien à prouver

Les Diables Rouges alignent un onze qui ressemble à une équipe en reconstruction. Avec des choix surprenants, des absences claires et un milieu de terrain qui reste une zone d’ombre. La Ligue des Nations contre la Turquie n’est pas un match de prestige, mais une vitrine qui en dit long sur les priorités de Miremont.

Publié le 2 octobre 2026 à 18:02
Sclessin teste une équipe belge qui n’a plus rien à prouver

L’équipe qui n’a plus peur de rien (sauf des erreurs de jeunesse)

Ce vendredi à Sclessin, les Diables Rouges jouent un match sans enjeu réel. Contre la Turquie, en Ligue des Nations, avec un onze qui ressemble à une équipe en phase de test. Pas de pression, pas de public, juste une occasion de voir ce que Miremont a vraiment en mains. Et ça, c’est déjà une première réponse.

Le gardien reste une énigme.

Thibaut Courtois est titulaire, comme souvent. Mais depuis son retour, il n’a pas encore retrouvé son niveau. Contre la Turquie, ça ne changera rien : l’équipe belge compte sur sa capacité à éviter les gaffes, pas sur des arrêts spectaculaires. Pourtant, si les jeunes gardiens comme Koen Casteels ou Simon Mignolet doivent encore prouver leur classe, Courtois non plus n’a pas convaincu en sélection. Un détail qui en dit long sur l’état d’esprit de l’équipe.

La défense : deux options, un seul vrai choix.

Dylan Bronn et Leander Dendoncker forment le duo central. Bronn, solide mais limité techniquement. Dendoncker, plus complet, mais irrégulier. À leurs côtés, les latéraux : Thomas Meunier et Youri Tielemans (oui, Tielemans latéral droit, parce que Miremont ne sait toujours pas quoi faire de lui). Sur le papier, ça tient. Dans la réalité, la Belgique n’a pas de vrai pivot défensif. Aucune autorité dans les duels. Contre une Turquie physique, ça pourrait poser problème.

Le milieu : l’endroit où tout se joue (et où tout se casse).

Voici le vrai sujet. Le 4-3-3 de Miremont repose sur une charnière centrale fragile : Leander Dendoncker et Charles De Ketelaere. Deux joueurs en reconstruction, deux profils qui manquent de régularité. À leurs côtés, Kevin De Bruyne, toujours là, mais sans son partenaire habituel. Hans Vanaken est titulaire, mais il n’a pas le niveau pour compenser. Amadou Onana est absent, blessé. Jeremy Doku ? Non, il reste sur le banc. Miremont mise sur des jeunes comme Nico Williams ou Arnaud Ghys pour combler. Sauf que Williams n’a jamais joué ce rôle, et Ghys est encore trop brut.

L’attaque : deux options, zéro certitude.

Romelu Lukaku est titulaire, comme toujours. Mais il n’est plus le même. Contre la Turquie, il n’aura pas besoin de briller. À côté de lui, Jeremy Doku et Arnaud Ghys forment un duo explosif sur le papier. Sauf que Doku n’a pas encore prouvé qu’il pouvait jouer à ce niveau en sélection, et Ghys est un pur buteur, pas un créateur. Victor Bonatini reste sur le banc. Charles De Ketelaere doit jouer devant deux défenseurs. Wout Faes ? Non, il est blessé. Miremont a choisi de miser sur l’inconnu.

Pourquoi Miremont prend-il ces risques ?

Parce qu’il n’a plus rien à perdre. La Belgique a déjà qualifié pour la phase finale de la Ligue des Nations. Ce match contre la Turquie est une vitrine, pas un examen. Miremont teste des combinaisons, des jeunes, des profils atypiques. Il n’a pas besoin de gagner. Il a besoin de voir.

Le vrai problème ? Les Diables Rouges n’ont plus de plan B.

Contre la Turquie, Miremont aligne une équipe qui ressemble à une équipe en transition. Pas en déclin, pas en crise, mais en reconstruction. Le milieu est faible, l’attaque dépend de Lukaku, et la défense manque de hiérarchie. Pourtant, personne ne s’en émeut. Parce que la Belgique a déjà gagné.

Sauf que la vraie question n’est pas celle qu’on pose : « Qui va marquer ? » Mais « Qui va remplacer qui quand tout va mal ? »

La Turquie, c’est l’occasion de vérifier une chose : et si ça foirait ?

La Turquie n’est pas une équipe facile. Physique, organisée, avec des joueurs comme Cengiz Ünder ou Enes Ünal qui savent jouer collectif. Contre eux, les faiblesses belges seront exposées : un milieu à la dérive, une attaque qui dépend d’un seul homme, une défense qui compense par la vitesse plutôt que par l’intelligence.

Si la Belgique perd, Miremont ne s’en souciera pas. Si elle gagne, ce sera par défaut. Si le match est nul, personne n’en parlera. Parce que la vraie partie se joue ailleurs : dans les choix pour l’Euro 2024.

Ce que ce match révèle (et ce qu’il cache)

  1. La Belgique n’a plus de pression. Elle a déjà son billet pour la phase finale. Miremont peut se permettre de prendre des risques. Il le fait.

  2. Le milieu reste un casse-tête. Personne ne semble avoir la solution. Pas De Bruyne sans partenaire, pas Vanaken comme remplaçant, pas Onana disponible. Juste des jeunes qui doivent grandir, et des vétérans qui ne sont plus ceux d’avant.

  3. L’attaque est un problème politique. Lukaku est titulaire, mais il n’est plus le moteur. Doku et Ghys sont prometteurs, mais pas encore prêts. Bonatini est sur le banc. Faes est blessé. Miremont n’a pas tranché.

  4. La défense tient… mais ne domine pas. Bronn et Dendoncker forment un duo correct, mais pas impressionnant. Les latéraux sont solides, mais pas décisifs. Personne ne fait la différence.

Le vrai enjeu de ce match ? Ce n’est pas la Turquie qui fait peur. C’est l’idée que la Belgique pourrait perdre sa place de favorite sans que personne ne s’en aperçoive.

La conclusion qui dérange

Les Diables Rouges jouent une équipe qui n’a plus rien à prouver. Parce qu’ils ont déjà tout gagné. Sauf une chose : la capacité à rebondir quand tout s’effondre.

Ce vendredi, à Sclessin, on ne verra pas ça. On verra juste une équipe qui teste, qui tâtonne, qui prend des risques sans conséquences. Jusqu’au jour où il n’y aura plus de match sans enjeu.

Et ce jour-là, la Belgique sera prête ?

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R Galaxie Rédaction

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