Zidane assume, mais pas tout
La Ligue des nations, c'était censé être une vitrine. Une occasion de montrer que l'équipe de France était de retour, malgré les blessures, malgré les doutes. Résultat : un nul contre l'Italie, une équipe qui a tenu bon en défense et qui a su profiter des erreurs des Bleus. Zidane a sorti ses cartes après le match, mais sans jouer toutes ses figures. Il a reconnu les problèmes, sans jamais les nommer vraiment. "On a manqué de réalisme", a-t-il lâché. Traduction : on a raté nos occasions, on a été mous, et on a laissé l'Italie respirer.
Pourtant, il y a un détail qui saute aux yeux. L'équipe de France a marqué son but sur une erreur de l'Italie, un corner mal défendu. Un but de Griezmann, oui, mais un but qui ne devrait pas exister. Les Bleus ont eu trois fois plus de tirs que leurs adversaires (18 contre 6, selon les stats de la LFP), mais zéro but de qualité. Zéro occasion nette. C'est ça, le vrai problème. Pas les blessures, pas le manque de temps de préparation, mais une équipe qui ne sait plus comment marquer.
Zidane a évoqué "un manque de fluidité", un terme technique pour dire : on a joué comme des vieux. Comme si les joueurs avaient peur de se faire dépasser, comme si le pressing italien les avait paralysés. Pourtant, l'Italie n'est pas une équipe de génie. Elle a tenu bon, oui, mais elle a aussi eu de la chance. Et les Bleus ? Ils ont eu des occasions, mais pas le mental pour les conclure. C'est ça, la vraie faille.
Et puis, il y a le silence sur Mbappé. Le sélectionneur a parlé de "respect du protocole médical", mais tout le monde sait que la décision était déjà prise avant le match. Mbappé, c'est le symbole. Sans lui, les Bleus sont moins dangereux. Avec lui, ils sont intouchables. Zidane joue avec le feu en l'excluant, alors que la France a besoin de son explosivité. C'est un pari risqué, et il a déjà perdu ce match.
Dembélé, l'otage entre PSG et Bleus
Le vrai casse-tête, c'est Dembélé. Le joueur du PSG, celui qui coûte une fortune et qui ne joue pas. Zidane a été vague : "Omar est un joueur important, mais il a besoin de temps pour s'adapter." Traduction : il est en colère, mais il ne peut pas le dire. Parce que Dembélé, c'est le problème du PSG autant que celui des Bleus.
Au PSG, on lui reproche son manque de régularité. En équipe de France, on lui reproche son manque de confiance. Il est tiraillé entre deux mondes. D'un côté, la pression du club, de l'autre, celle de la sélection. Résultat : il joue mal, il doute, et il devient une variable d'ajustement. Zidane a laissé entendre qu'il pourrait être titularisé contre l'Allemagne, mais personne n'y croit vraiment.
Pourquoi ? Parce que Dembélé, c'est l'arbre qui cache la forêt. Le vrai problème des Bleus, c'est qu'ils n'ont plus de numéro 10. Ni Mbappé, ni Griezmann, ni même Neymar (quand il était là) ne jouent ce rôle. Et sans un meneur, une équipe de football, même talentueuse, ne peut pas gagner.
Zidane l'a compris, mais il n'a pas les solutions. Il a tenté de recaser Kampling, mais le joueur de Nice a été une déception. Il a essayé de faire confiance à Pavard en attaque, mais le défenseur reste un profil trop limité. Bref, il est à court d'idées.
La Zizoumania, c'est fini
Il y a dix ans, Zidane était intouchable. Ses Bleus étaient une machine à gagner, et la France dominait l'Europe. Aujourd'hui, la Zizoumania, c'est du passé. Les joueurs ont changé, les attentes aussi. Et Zidane, lui, reste coincé entre deux époques.
Il a tenté de moderniser son jeu, avec des pressing haut et des transitions rapides. Mais sans Mbappé, ça ne marche pas. Sans un vrai numéro 10, ça ne marche pas non plus. Et sans Dembélé qui assume son rôle, ça ne marchera jamais.
Le match contre l'Italie était une occasion en or. Une équipe en transition, des joueurs qui veulent prouver quelque chose. Ils ont tout raté. Pas par manque de talent, mais par manque de cohérence. Zidane a essayé de sauver la mise avec des mots, mais les mots ne font pas gagner les matchs.
La Ligue des nations continue. Prochain match : l'Allemagne. Si les Bleus perdent, ce ne sera pas une surprise. Si ils gagnent, ce sera un miracle. Parce que pour l'instant, Zidane et ses Bleus sont à la dérive.
Et personne ne semble vouloir les sauver.