Zelensky et Trump parlent désescalade, mais Moscou ne bouge pas

Kiev et Washington veulent en finir avant l’hiver. Mais Poutine joue la montre, et les Ukrainiens savent que les promesses de paix ne valent rien sans les armes. Détails sur cette diplomatie à sens unique.

Publié le 23 septembre 2026 à 14:01
Zelensky et Trump parlent désescalade, mais Moscou ne bouge pas

L’hiver arrive, et Kiev veut gagner la guerre avant les premières neiges

Le 20 septembre, à New York, Volodymyr Zelensky a croisé Donald Trump. Pas pour un selfie, pas pour un discours. Juste une discussion, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Officiellement, ils ont parlé de « potentielles étapes de désescalade ». Officieusement ? Personne ne sait. Mais une chose est sûre : Zelensky a répété sa demande à Trump, comme il l’a fait avec Biden avant lui, avec Macron, avec Scholz, avec tous ceux qui ont une oreille à Washington ou à Bruxelles. « On veut que cette guerre s’arrête avant l’hiver. »

Pourquoi l’hiver ? Parce que les chars russes ont du mal à avancer dans la boue. Parce que les soldats ukrainiens, sans chauffage, sans vêtements adaptés, meurent plus vite quand le thermomètre chute. Parce que les stocks de munitions s’épuisent, et que personne ne sait si l’Occident tiendra ses promesses jusqu’en décembre. L’Ukraine a besoin d’une victoire rapide, ou au moins d’un cessez-le-feu qui lui laisse le temps de se réarmer.

Sauf que Poutine, lui, ne semble pas pressé. Moscou a relancé ses frappes sur les infrastructures critiques ces derniers jours. Les centrales électriques, les barrages, les hôpitaux. Pas pour négocier. Pour épuiser.

La diplomatie de Zelensky : un jeu de dupes ?

Zelensky a une méthode. Il court les capitales, il serre des mains, il fait des discours. Il explique que l’Ukraine n’est pas prête à céder un pouce de territoire, mais qu’elle est prête à discuter. Sauf que personne ne lui dit ce que la Russie est prête à céder.

En 2022, après la contre-offensive de Kharkiv, Zelensky avait proposé un échange : l’Ukraine gelait ses revendications territoriales en échange d’un retrait russe des régions occupées. Poutine avait ri. Aujourd’hui, il propose un « corridor humanitaire » pour évacuer les civils. Traduction : « On vous laisse fuir, mais on garde tout. »

Le problème, c’est que Zelensky n’a plus les cartes en main. Avant, il pouvait menacer de contre-attaquer. Aujourd’hui, il doit supplier pour des missiles.

Et puis il y a Trump. L’ancien président américain a toujours été clair : il veut la fin de la guerre, mais à ses conditions. Pas de victoire ukrainienne. Pas de défaite russe. Juste un statu quo qui arrange tout le monde… sauf Kiev.

Les États-Unis jouent les arbitres, mais sans le dire

Washington a un plan. Ou plutôt, trois plans, selon qui vous écoutez.

  1. Le plan officiel : l’Ukraine doit tenir, gagner, et pousser la Russie hors de ses frontières. Biden répète ça depuis un an.

  2. Le plan réel : l’Ukraine doit tenir, mais pas trop bien. Parce que si elle gagne, la Chine et la Russie se rapprochent encore plus. Et si elle perd, c’est encore pire. Donc on lui donne juste assez pour qu’elle ne s’effondre pas, mais pas assez pour qu’elle triomphe.

  3. Le plan Trump : la guerre doit s’arrêter, mais pas n’importe comment. L’Ukraine doit abandonner ses ambitions atlantistes, et la Russie doit garder ses gains. En échange, Trump promet… quoi ? Personne ne sait.

Le 19 septembre, le Pentagone a annoncé un nouveau train d’armes pour Kiev : obus, missiles, drones. Mais en même temps, le Congrès bloque les fonds.

C’est ça, la stratégie américaine : donner un peu, retarder beaucoup, et espérer que la fatigue fera le reste.

L’hiver approche, et personne ne veut en parler

Les Ukrainiens le savent. Les soldats sur le front le voient tous les jours. Les températures vont chuter, les routes vont devenir impraticables, et les renforts occidentaux vont se raréfier.

En 2022, après la bataille de Bakhmout, les deux camps avaient compris une chose : l’hiver, c’est l’arme secrète de la Russie.

Aujourd’hui, c’est la même chose. Sauf que cette fois, Kiev n’a pas de plan B. Pas de réserves de carburant, pas de stocks de nourriture, pas de plan pour évacuer les civils.

Et puis il y a cette question qui tue : si la guerre s’arrête avant l’hiver, qui aura gagné ?

  • Si c’est l’Ukraine, c’est parce que l’Occident aura enfin décidé de la soutenir à 100 %. Mais personne ne croit que ça arrivera.

  • Si c’est la Russie, c’est parce que Kiev aura capitulé. Ou parce que l’Occident aura lâché.

Dans les deux cas, l’hiver sera le juge.

Ce que personne ne dit : la Russie gagne déjà

Poutine ne veut pas négocier. Il veut gagner. Et il gagne, même s’il ne prend pas de nouvelles villes.

Comment ?

  • Économiquement : la Russie a contourné les sanctions. Elle vend son pétrole à la Chine, elle achète des armes en Corée du Nord, elle survit. L’Occident, lui, s’épuise.

  • Militairement : Moscou a usé l’Ukraine. Les pertes sont énormes, les réserves s’amincissent. Et l’Occident ne veut pas d’une guerre prolongée.

  • Politiquement : la Russie a divisé l’Europe. La Hongrie bloque les aides, l’Allemagne hésite, la France fait semblant d’être solidaire. Kiev est seul.

Le vrai combat, ce n’est plus sur le front. C’est dans les couloirs de Bruxelles et Washington.

Et là, l’Ukraine perd.

La dernière carte de Zelensky : faire peur à l’Occident

Zelensky a un dernier atout. Il peut faire croire que l’Ukraine va s’effondrer.

Déjà, il parle d’un « hiver difficile ». Déjà, il menace de réduire ses demandes territoriales pour « sauver des vies ». Déjà, il laisse entendre que sans renforts, Kiev pourrait être obligée de négocier… à n’importe quel prix.

Le but ? Forcer l’Occident à choisir : soit il soutient l’Ukraine à fond, soit il prépare sa défaite.

Sauf que personne ne veut choisir. Parce que personne ne veut assumer les conséquences.

L’hiver viendra. Et après ?

Si la guerre s’arrête avant décembre, ce sera parce que l’Ukraine aura cédé. Ou parce que l’Occident aura lâché.

Si elle continue, ce sera parce que personne n’aura le courage de dire « assez ».

Dans les deux cas, Poutine aura gagné son pari : faire durer la guerre jusqu’à ce que l’Occident se lasse.

Et puis il y aura l’hiver. Avec ses morts, ses ruines, et ses promesses non tenues.

C’est ça, la vraie bataille. Pas celle des chars. Celle des calculs.

Et personne ne veut en parler.

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R Galaxie Rédaction

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