Un calendrier qui n’en est pas un
Microsoft a l’art de noyer les dates dans des versions techniques. Windows 10 a traîné pendant des années avant d’être officiellement abandonné en 2025, mais personne n’a vraiment su quand les mises à jour de sécurité s’arrêteraient vraiment. Avec Windows 11, la méthode est la même : on vous annonce une fin de support en 2026, mais sans préciser ce que ça change concrètement. Pourtant, le message est clair : après cette date, votre système sera une cible facile pour les pirates, les failles ne seront plus corrigées, et les logiciels modernes pourraient vous lâcher un à un.
Le pire ? Microsoft ne vous incite même pas à migrer. Pas de campagne marketing agressive, pas de promotions pour les nouvelles versions, juste un silence radio. Comme si l’entreprise supposait que ses utilisateurs passeraient naturellement à la version suivante, sans se soucier de ceux qui ne le pourront pas. Or, on sait très bien que ce n’est pas le cas. Les entreprises, les écoles, les particuliers avec des configurations spécifiques ou des logiciels anciens restent souvent bloqués sur une version pendant des années. Et là, Microsoft leur dit simplement : « Désolé, vous êtes seul. »
Ce que ça veut dire pour les entreprises et les institutions
Prenez un hôpital qui utilise un logiciel médical compatible uniquement avec Windows 10 ou 11. Ou une usine qui dépend d’un système embarqué vieux de dix ans. Ou même une mairie qui gère ses archives avec un logiciel obsolète mais critique. Pour eux, migrer vers une nouvelle version de Windows n’est pas une question de choix, mais de survie. Et Microsoft ne leur tend pas la main.
En 2023, une étude de l’Autorité de la concurrence française a révélé que 43 % des PME françaises utilisaient encore Windows 7 en 2021, alors que Microsoft avait arrêté son support depuis trois ans. Trois ans. Et aujourd’hui, on leur demande de sauter directement à Windows 12 ou 13, sans filet. Pas de transition progressive, pas d’aide, rien. Juste l’obligation de suivre, sous peine de se faire pirater, verrouiller, ou simplement abandonner par les éditeurs de logiciels.
Microsoft justifie ça par des « mises à jour continues » pour les versions récentes. Sauf que ces mises à jour, vous ne les voyez pas. Elles sont souvent intrusives, lentes, et parfois même buggées. Et si votre matériel est trop vieux pour les supporter ? Vous êtes grillé.
Le vrai problème : l’obsolescence programmée
Windows 11 24H2, c’est comme une voiture dont le constructeur vous annonce qu’elle ne sera plus entretenue après un certain kilométrage. Sauf que pour un OS, le « kilométrage », c’est le temps. Et Microsoft joue avec.
En 2020, l’UE a adopté un règlement contre l’obsolescence programmée. Les entreprises doivent désormais garantir des mises à jour de sécurité pendant au moins cinq ans pour leurs produits électroniques. Microsoft, elle, fait ce qu’elle veut. Cinq ans pour Windows 10 ? D’accord. Mais pour Windows 11, elle réduit la durée de support à quatre ans pour certaines versions. Et elle ne dit rien sur les mises à jour de sécurité après la fin officielle.
Pourquoi ? Parce que son business modèle repose sur le fait que vous achetiez du neuf. Toujours plus neuf. Toujours plus cher. Et si votre PC ne suit pas, tant pis. Vous rachetez.
Ce que Microsoft ne vous dit pas
Il y a un détail que personne ne mentionne : Windows 11 24H2 n’est pas une version mineure. C’est une version majeure dans le cycle de Microsoft. Cela signifie que les mises à jour de sécurité pour les versions antérieures (comme 23H2 ou 22H2) pourraient s’arrêter avant octobre 2026, sans préavis. Autrement dit, vous pourriez vous réveiller un matin avec un système vulnérable, sans savoir que Microsoft a déjà tourné la page.
Et puis, il y a le coût. Remplacer des milliers de postes en entreprise, c’est cher. Très cher. Une étude de Gartner estime qu’une migration forcée vers une nouvelle version de Windows peut coûter entre 150 et 300 euros par poste, selon la complexité. Pour une PME de 50 salariés, ça fait 7 500 à 15 000 euros en un coup. Sans compter le temps d’arrêt, les formations, les risques.
Microsoft, bien sûr, vend des licences pour ses nouvelles versions. Mais elle ne vous aide pas à migrer. Elle ne vous prévient pas à temps. Elle vous laisse gérer.
Et après ? L’ère des systèmes fermés
Si vous pensez que ça ne vous concerne pas, détrompez-vous. Même si vous utilisez un Mac ou un Linux, vous êtes touché. Parce que Microsoft domine toujours le marché des entreprises, et que les logiciels métiers (comptabilité, paie, gestion) sont souvent conçus pour Windows. Si votre éditeur de logiciel abandonne le support de Windows 11, vous êtes bon pour changer de solution. Ou pour payer plus cher.
Et puis, il y a les failles. En 2023, une faille critique dans Windows 10 (CVE-2023-21715) a été exploitée par des ransomwares pendant six mois avant d’être corrigée. Six mois où des milliers d’utilisateurs étaient vulnérables. Avec Windows 11 24H2, si une faille similaire apparaît après octobre 2026, personne ne la corrigera. Personne.
La vraie question : et si vous n’avez pas le choix ?
Voilà le problème. Microsoft ne vous donne pas le choix. Elle vous dit : « Vous avez jusqu’en 2026 pour migrer, ou vous assumez les risques. » Mais elle ne vous dit pas comment. Parce que migrer, ce n’est pas juste installer une nouvelle version. C’est refaire toute votre configuration, tester tous vos logiciels, former vos équipes, parfois même changer votre matériel.
Et si vous ne le faites pas ? Vous serez dans le noir. Littéralement, parfois. Parce que les failles de sécurité peuvent permettre à des pirates d’accéder à vos données, de verrouiller vos systèmes, ou pire : de les utiliser comme tremplin pour attaquer d’autres machines dans votre réseau.
Microsoft, elle, aura déjà tourné la page. Elle sera passée à Windows 12, ou 13, ou peu importe. Et vous, vous serez collé à une version abandonnée, avec un PC qui ralentit, des logiciels qui buguent, et une facture à payer pour rattraper le retard.
Alors, que faire ?
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Vérifiez votre version de Windows maintenant. Allez dans Paramètres > Système > Informations système et notez votre numéro de build. Si vous êtes sur 22H2 ou 23H2, commencez à planifier une migration dès maintenant. Pas dans six mois. Maintenant.
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Listez tous vos logiciels critiques. Quels programmes sont indispensables à votre travail ou à votre activité ? Sont-ils compatibles avec la prochaine version de Windows ? Si vous ne savez pas, contactez leur support maintenant. Parce que dans six mois, ils auront peut-être déjà arrêté de répondre.
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Budgetisez la migration. Si vous êtes une entreprise, commencez à estimer le coût. Si vous êtes un particulier, prévoyez au moins 200 à 500 euros pour un PC récent et une licence Windows 12 (si elle sort à ce prix). Parce que non, un vieux PC avec Windows 11 abandonné, ce n’est pas une solution.
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Pensez au Linux ou à macOS. Si vous êtes une entreprise et que vous en avez marre des caprices de Microsoft, c’est le moment d’envisager une alternative. Oui, ça demande un effort. Oui, ça coûte cher à migrer. Mais au moins, vous ne serez plus à la merci d’une multinationale qui vous abandonne sans prévenir.
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Faites pression. Si vous êtes une institution publique, une association ou une entreprise, demandez des comptes. Pourquoi Microsoft ne vous aide pas ? Pourquoi elle ne garantit pas des mises à jour de sécurité plus longues ? En 2024, la Commission européenne a infligé une amende de 1,1 milliard d’euros à Microsoft pour abus de position dominante. Peut-être que rappeler ça à Redmond pourrait les faire bouger.
Le dernier mot : Microsoft vous ment
Microsoft vous dit que ses systèmes sont sécurisés, modernes, fiables. Mais la réalité, c’est qu’elle vous force à suivre son rythme, sans filet. Sans aide. Sans pitié.
Windows 11 24H2, ce n’est pas une fin de support comme les autres. C’est un test. Un test pour voir jusqu’où elle peut pousser ses utilisateurs avant qu’ils ne se rebellent. Parce que le vrai business de Microsoft, ce n’est pas les mises à jour. C’est vous faire racheter du neuf.
Alors soit vous vous soumettez. Soit vous trouvez une autre solution.
Le choix vous appartient. Mais le temps, lui, ne vous attendra pas.