Wall Street oublie presque les télécoms

Les résultats de SpaceX et Super Micro ont relancé l’IA sur les écrans radars, mais les télécoms traînassent. Pourquoi les marchés font-ils semblant de ne pas voir ?

Publié le 22 octobre 2026 à 14:15
Wall Street oublie presque les télécoms

L’IA sauve encore une fois Wall Street, mais pas tout le monde

SpaceX a publié ses chiffres hier, et ça a suffi. Le Nasdaq a bondi de 1,1 %, entraînant Wall Street dans son sillage. Les investisseurs ont encore une fois misé sur l’intelligence artificielle, comme si c’était la seule histoire qui comptait. Pourtant, à y regarder de près, quelque chose cloche : les télécoms, elles, ne suivent pas. Et ça, personne ne semble vraiment s’en soucier.

Le Nasdaq, ce thermomètre de l’IA

Le Nasdaq, c’est le baromètre des valeurs tech et de l’IA. Quand il monte, c’est souvent parce que Nvidia, Microsoft ou Meta ont encore une fois dépassé les attentes. Hier, ce n’était pas le cas. Non, c’est SpaceX qui a fait le taf. Elon Musk et sa boîte ont annoncé des revenus en hausse de 62 % sur un an, avec un bénéfice net multiplié par 4. Super Micro Computer, spécialiste des serveurs pour l’IA, a aussi surperformé. Ses actions ont grimpé de 8 % en séance, comme si les investisseurs avaient enfin compris que l’IA, ça se matérialise aussi dans des cartes graphiques et des data centers.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que l’IA fait danser Wall Street. Depuis 2023, les valeurs liées à l’IA ont pris +150 % en moyenne, selon les données de Refinitiv. Mais ce qui frappe, c’est l’obsession. Comme si tout le reste n’existait plus.

Et les télécoms, dans tout ça ?

Sauf que les télécoms, elles, stagnent. AT&T, Verizon, ces géants qui transportent les données des IA, peinent à convaincre. Leurs actions sont en baisse depuis des mois, et hier encore, elles ont tiré Wall Street vers le bas. Résultat : l’indice S&P 500 a à peine frémi, +0,3 %, alors que le Nasdaq volait de ses propres ailes.

Pourquoi ? Parce que l’IA a besoin de bande passante, de réseaux ultra-rapides, de data centers géants. Mais les télécoms, elles, ne profitent pas assez de cette manne. Elles sont trop lentes, trop bureaucratiques, trop en retard sur l’innovation. Et les marchés, visiblement, s’en foutent.

Le vrai problème : l’IA, c’est du court terme

L’IA, c’est le nouveau crack des marchés. Ça monte vite, ça fait rêver, ça attire les capitaux. Mais ça ne résout pas les vrais problèmes. Les télécoms, elles, c’est l’infrastructure. Sans elles, pas d’IA. Sans elles, pas de cloud. Sans elles, pas de révolution.

Pourtant, personne ne semble s’en préoccuper. Les résultats de SpaceX et Super Micro ont suffi à faire oublier que, sans réseaux performants, l’IA ne sera qu’un feu de paille.

Ce que les chiffres ne disent pas

Prenez AT&T. En 2023, l’entreprise a dépensé 21 milliards de dollars en capex, selon son dernier rapport annuel. Objectif : moderniser ses réseaux. Résultat ? Ses actions sont à leur plus bas depuis des années. Verizon, lui, mise sur la 5G, mais ses marges restent faibles. Et personne ne bronche.

Pourquoi ? Parce que les marchés préfèrent regarder du côté des licornes de l’IA plutôt que des vieux géants des télécoms. Pourtant, sans eux, pas de futur.

L’IA, ça cache une bulle

Hier, les résultats de SpaceX ont fait oublier un détail : l’IA, ça coûte cher. Très cher. Les data centers de Nvidia consomment autant d’électricité qu’une petite ville. Les serveurs de Super Micro tournent à plein régime, mais qui paie l’addition ?

Les télécoms, justement. Elles, qui doivent investir des milliards pour suivre le rythme, mais qui n’en voient pas les bénéfices tout de suite. Pendant ce temps, les actions de Nvidia valsent, et celles d’AT&T s’effondrent.

C’est ça, le vrai problème. L’IA, c’est du court terme. Les télécoms, c’est du long terme. Et les marchés, eux, ne pensent qu’au court terme.

Ce que les régulateurs ne veulent pas voir

La Federal Communications Commission (FCC) a publié un rapport en 2023 : les États-Unis dépensent 4 fois moins en infrastructures numériques que la Chine. Pourtant, personne ne semble s’en préoccuper. Pourquoi ? Parce que l’IA donne l’impression que tout va bien.

Mais quand les réseaux satureront, quand les latences deviendront ingérables, quand les data centers ne pourront plus suivre… qui paiera la note ?

La leçon de Wall Street

Wall Street a encore une fois oublié les télécoms. Hier, le Nasdaq a dansé, SpaceX a sauvé la mise, et les investisseurs ont encore cru à la magie de l’IA. Mais derrière les chiffres, il y a une réalité : sans infrastructures, pas de révolution.

Et quand la bulle éclatera, ce ne seront pas les actions de Nvidia qui trébucheront en premier. Ce seront celles des télécoms. Et personne ne sera prêt.

Ce qui se joue vraiment

Ce qui se passe aujourd’hui, c’est une fuite en avant. Les marchés misent sur l’IA comme ils avaient misé sur les crypto-monnaies avant. Comme ils avaient misé sur les dot-com. Comme ils misent toujours sur la prochaine grande vague.

Sauf que cette fois, la vague pourrait bien se briser sur les récifs des télécoms.

Et quand ça arrivera, personne ne sera surpris. Parce que Wall Street aura encore une fois regardé ailleurs.

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R Galaxie Rédaction

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