Le jour où Montréal a commencé à perdre ses coussins à la chaîne
C’est une scène qui se répète comme une blague sans rire. Un employé de Leo Autopartage ouvre le coffre d’une voiture en libre-service, et hop : le coussin gonflable a disparu. Pas un, pas deux, mais une cinquantaine en quelques mois. 300 000 $ de dégâts, des véhicules cloués au sol, et des clients qui râlent. Sauf que personne ne fait gaffe. Pas les médias, pas les politiques, encore moins la police. Pourtant, ces vols, ce n’est pas qu’un détail logistique. C’est un marqueur. Un signe que Montréal a arrêté de se soucier de ce qui ne rapporte pas assez de likes.
Pourquoi les coussins gonflables valent plus cher comme ferraille
Leo Autopartage n’est pas la seule victime. Partout dans l’île, les vols de coussins gonflables explosent. Pourquoi ? Parce que ces trucs-là, une fois vidés de leur gaz, ça vaut de l’or pour les ferrailleurs. Un coussin, ça pèse son poids en métal. Et à Montréal, le métal se revend à prix d’or. Sauf que personne ne veut en parler. Pas les associations de commerçants, pas les assurances, encore moins les flics. Pourtant, le Service de police de Montréal (SPVM) a bien un service dédié aux vols en série. Sauf qu’il a autre chose à faire. Entre les braquages, les cambriolages et les trafics en tout genre, les coussins gonflables, ça passe après.
Mais alors, pourquoi Leo Autopartage crie-t-il au scandale ? Parce que ces vols, ce n’est pas qu’un problème de sécurité. C’est un problème de survie. Une voiture sans coussin gonflable, ça ne passe pas l’inspection. Résultat : des véhicules immobilisés, des clients qui se barrent, et une entreprise qui saigne. Et personne ne bronche. Pas même les assurances, qui préfèrent renégocier les contrats plutôt que de couvrir les dégâts.
Le marché noir des pièces détachées, ou comment Montréal se déshabille
Le vrai problème, c’est que ces vols, ils ne sont pas isolés. Ils font partie d’un écosystème bien plus large. À Montréal, le marché noir des pièces détachées est une industrie. Catalyseurs, pneus, jantes, airbags… Tout se revend, tout se recycle. Et les coussins gonflables, c’est juste la dernière tendance. Sauf que cette fois, c’est différent. Parce que ces vols, ils touchent des entreprises qui n’ont pas les moyens de se battre. Leo Autopartage, c’est une PME. Pas un géant comme Uber ou Turo. Alors quand les flics ne bougent pas, quand les assurances ferment les yeux, quand les médias ignorent, c’est que le message est clair : à Montréal, certains vols ne valent pas le coup.
Ce que la police refuse d’admettre
On a contacté le SPVM. Leur réponse ? « Nous travaillons en collaboration avec les partenaires concernés pour lutter contre ces vols. » Traduction : on fait ce qu’on peut, mais c’est pas notre priorité. Pourtant, les chiffres sont là. Selon une étude de l’Association des ferrailleurs du Québec, les vols de pièces détachées ont augmenté de 40 % en deux ans. Et les coussins gonflables, ils représentent maintenant 15 % de ces vols. Sauf que personne ne veut en parler. Parce que c’est sale. Parce que ça implique des réseaux, des complicités, des zones grises. Et à Montréal, on préfère fermer les yeux.
L’impasse des assurances
Les assurances, elles, ont leur propre stratégie. Plutôt que de couvrir les dégâts, elles préfèrent ajuster les contrats. « Les franchises ont augmenté, les exclusions aussi », explique un courtier sous couvert d’anonymat. Résultat : les entreprises comme Leo Autopartage se retrouvent avec des primes qui explosent, et des garanties qui ne couvrent plus rien. Sauf que quand tu es une petite boîte, tu peux pas te permettre de jouer aux échecs avec les assureurs. Alors tu fermes boutique, ou tu délocalises. Et Montréal perd encore un peu plus de son tissu économique.
Ce que ça signifie pour les Montréalais
Pour les clients de Leo Autopartage, ça se traduit par des voitures en panne, des retards, des annulations. Pour les employés, c’est du stress, des nuits blanches, et l’impression de se faire niquer sans que personne ne lève le petit doigt. Pour la ville, c’est un signal. Un signal qui dit : « Ici, on ne se soucie que de ce qui fait de l’audience. Le reste, ça peut attendre. »
Le vrai coût de l’indifférence
300 000 $, c’est le prix des coussins volés. Mais c’est aussi le prix de l’indifférence. Parce que quand une entreprise comme Leo Autopartage se fait saigner sans que personne ne réagisse, c’est tout le modèle économique de Montréal qui tremble. Les voitures en libre-service, c’est censé être la solution pour désengorger les rues. Sauf que si les voleurs gagnent, si la police ne bouge pas, si les assurances ferment les yeux, alors à quoi bon ?
La question qui dérange
Alors oui, les coussins gonflables, c’est chiant. C’est pas glamour, c’est pas médiatique. Mais c’est un symptôme. Un symptôme d’une ville qui a arrêté de se battre pour ce qui ne fait pas de bruit. Et ça, c’est bien plus grave que 300 000 $ de dégâts.
Pourquoi personne ne veut en parler
Parce que c’est trop gros. Parce que ça implique de regarder en face un système qui a lâché. Les vols de coussins gonflables, c’est comme les vols de catalyseurs avant eux : un problème qui grandit dans l’ombre, parce que personne ne veut en être. Sauf que cette fois, ce n’est pas qu’un détail. C’est un avertissement. Un avertissement que Montréal a peut-être déjà perdu.
La dernière carte à jouer
Il reste une solution. Une solution radicale. Arrêter de faire semblant. Arrêter de dire « On fait ce qu’on peut » quand en réalité, on ne fait rien. Parce que les coussins gonflables, ça ne se vole pas juste pour le fun. Ça se vole parce que personne ne défend rien. Et si Montréal veut garder ne serait-ce qu’un semblant de crédibilité, il est temps de se réveiller. Avant qu’il ne soit trop tard.
Ce qu’il reste à faire
Attendre. Attendre que les prochains vols fassent plus de bruit. Attendre que les prochaines entreprises ferment boutique. Attendre que les prochains clients se barrent. Parce que c’est comme ça, à Montréal. On attend toujours que le problème soit assez gros pour qu’on daigne enfin s’en occuper.