Van Bommel n’a pas fini d’expérimenter, mais il doit choisir son camp maintenant
Le match contre l’Italie, c’était sa première vraie leçon. Pas celle qu’on croit.
Van Bommel a gagné. Bien sûr. Mais ce n’est pas ça qui compte. Ce qui compte, c’est ce qu’il a vu. Les failles, les opportunités, les joueurs qui tiennent, ceux qui lâchent, ceux qui surprennent. Quatre matchs en moins de deux semaines, c’est une pression. Surtout quand on sait que l’équipe n’est pas au top. Alors oui, il a pris des notes à Rome. Mais pas pour répéter. Pour décider.
Et à Bruxelles, la décision sera plus dure que sur la pelouse.
Le milieu, ce point de non-retour où Van Bommel joue avec le feu
On parle toujours des attaquants. Des absences. Des remplaçants. Mais le vrai combat, c’est au milieu. Là où les Diables Rouges ont toujours trimé.
Van Bommel a deux options. Soit il garde son duo de base, Denayer et Witsel, et il assume le risque. Soit il tente le tout pour le tout avec De Ketelaere en numéro 8, en espérant que le jeune ait digéré son baptême du feu.
Problème : De Ketelaere, c’est du talent pur, mais c’est aussi de l’inconnu. À Rome, il a marqué. Très bien. Mais il a aussi défendu comme un milieu de supermarché. Contre l’Italie, ça passe. Contre la Serbie ou la France, ça peut coûter cher.
Et puis il y a Lukaku. Le buteur, le leader, celui qui fait mal. Mais Lukaku, sans un milieu solide, c’est un couteau sans manche. Il court, il tape, il marque… jusqu’à ce qu’un défenseur lui tombe dessus. Et là, c’est la galère.
Van Bommel a le choix : soit il mise sur l’expérience, soit il prend le risque. Mais une chose est sûre, il ne peut plus reculer.
La défense, ce mur qui cache une fissure
On a vu la défense belge à Rome. Solide. Efficace. Tanguy Ndombélé en latéral gauche, Leander Dendoncker en pivot, Jason Denayer en relayeur. Un trio qui a tenu. Trop tenu, même.
Le problème ? C’est une équipe de transition. Pas une équipe de guerre.
À Bruxelles, Van Bommel devra peut-être casser cette ligne. Faire entrer Thorgan Hazard en pointe, ou Charles De Ketelaere en soutien. Mais ça veut dire affaiblir la défense. Et contre qui ? Contre la Croatie ? L’Espagne ?
Et puis il y a Mertens. Le capitaine, le vieux renard. À 33 ans, il tient encore. Mais jusqu’à quand ? Van Bommel ne peut plus ignorer la question. Soit il le fait jouer moins, soit il assume qu’il sera moins efficace.
L’attaque, ce leurre qui cache une vérité plus simple
Tout le monde regarde Lukaku. Normal. C’est lui qui marque. Mais derrière lui, il y a De Bruyne. Oui, celui qui a failli ne pas être sélectionné. Celui qui a presque tout raté à Rome.
Pourtant, c’est lui le vrai moteur. Pas Lukaku. De Bruyne, c’est l’intelligence collective. Celui qui voit les passes avant même qu’elles n’existent. Celui qui peut faire gagner un match en 30 secondes.
Van Bommel l’a compris. Il l’a gardé. Mais il doit maintenant l’utiliser. Pas en soutien, pas en milieu offensif. En vrai meneur. Celui qui dicte le tempo. Celui qui force les adversaires à se tromper.
Et ça, ça change tout.
Le vrai défi : faire tenir l’équipe jusqu’au bout
Van Bommel a une équipe qui peut gagner. Mais une équipe qui peut gagner, ce n’est pas une équipe qui gagne.
Le problème, c’est la fatigue. Les rotations. Les doutes. À Rome, les Belges ont tenu. À Bruxelles, ils devront dominer.
Et pour ça, il faut des certitudes. Denayer en défense, De Bruyne en attaque, Lukaku en pointe. Un trio qui a fait ses preuves. Mais aussi De Ketelaere en relais, pour éviter l’essoufflement.
Van Bommel a le choix : soit il joue la sécurité, soit il tente le tout pour le tout. Mais une chose est sûre, il ne peut plus tergiverser.
Le onze qui se dessine (et celui qui pourrait tout faire basculer)
Gardien : Mignolet (pas de débat).
Défense : Ndombélé (latéral gauche), Dendoncker (pivot), Alderweireld (capitaine défensif), T. Hazard (latéral droit, mais attention à la fatigue).
Milieu : Denayer (relayeur), Witsel (meneur), De Ketelaere (créateur). (Oui, Van Bommel prend le risque.)
Attaque : De Bruyne (meneur), Lukaku (pointe), Mertens (support). (Si Mertens lâche, on fait entrer Openda.)
Remplaçants clés : Verschaeren (pour Denayer), Batshuayi (pour Lukaku), De Sutter (pour De Bruyne).
Ce que Van Bommel ne peut plus ignorer
Les Belges ont une chance. Une vraie. Mais pour la saisir, il faut arrêter les expérimentations inutiles. Rome, c’était l’essai. Bruxelles, ce sera l’erreur… ou la confirmation.
Van Bommel a le choix. Soit il assume son onze. Soit il continue à jouer les équilibristes.
Et à Bruxelles, l’équilibre, ça ne suffit plus.
Dernier mot : si les Belges veulent aller loin, Van Bommel doit arrêter de tergiverser. Maintenant.